‹ Les diverses méthodes chimiques de précipitation des globulines: Leur valeur diagnostique dans les syphilis du névraxeChapitre 10 sur 14 · PR D · texte numérisé non relu

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mais l’ensemble des causes de la paralysie générale. La proportion des syphilitiques qu’il a rencontrés parmi Îes paralytiques généraux, bien que moins élevée que celle donnée par la plupart des auteurs est encore fort importante puisqu'elle est de 43 pour 174, soit 23 p. 100.

Nous ne ferons pas l’examen méthodique des causes véritables de la paralysie générale ; nous renvoyons pour cela au travail si complet de M. Mairet. Nous nous occuperons simplement du rôle que peut jouer la syphilis dans cette étiologie.

Les 40 malades de M. Mairet chez lesquels la syphilis fut trouvée, peuvent se répartir en deux groupes

Dans le premier, la syphilis est le seul facteur étiologique à invoquer.

Dans le second, elle s’associe à d’autres causes capables de déterminer à elles seules la paralysie générale progressive vraie.

Premier groupe :

Ce premier groupe est constitué par douze malades.

Chez six d’entre eux la syphilis existe seule sans autres

causes ; chez les Six autres elle est associée à d’autres causes qui n’ont aucun rôle pathogène dans l’étiologie de la paralysie générale. Si l’on étudie ces observations, on est bien obligé de conclure qu’à un moment donné de leur maladie, ces malades ont présenté le masque clinique de ja paralysie générale : mélange d’idées de grandeur et de persécution, affaissement des traits de la face, déviation de la langue, tremblements fibrillaires des muscles de la face, troubles dans l’articulation des mots, paralysie généralisée à l’ensemble des muscles de l’économie, qui va en s’accentuant.

Est-ce bien la syphilis qui doit être incriminée de ces

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Gifférents troubles ? L'étude ‘le l’évolution de la maladie et l’anatomie pathologique permettent de répondre par l’affirmative. On peut suivre en quelque sorte la marche envahissante de la syphilis qui se localise peu à peu du côté du cerveau. Les diverses manifestations que les malades ont présentées au début, céphalées nocturnes, douleurs, vertiges, attaques épileptiformes, ne sont pas autre chose que les manifestations ordinaires de 11 syphilis cérébrale, à tel point que la paralysie générale en apparaît comme la conclusion logique.

L’anatomie pathologique montre du côté du cerveau des lésions nettement syphilitiques ; noyaux d’induration avec point central jJaunâtre siégeant en des points similaires des deux hémisphères ; tout autour on constate une Zone de ramollissement, ou bien méningite fibreuse et infiltration gommeuse.

Une conclusion reste non douteuse : la syphilis en se localisant du côté du cerveau peut revêtir le masque de la paralysie générale. Mais est-ce là de la paralysie générale vraie ? L’étude de l’évolution de la maladie et l’anatomie pathologique nous permettent de répondre par fa négative.

Nous ne trouvons ici que des lésions de la syphilis et non pas des lésions de paralysie générale : l’inflammation chronique et diffuse des méninges et de la névroglie, l’altération des vaisseaux, la dégénérescence des ceilules manquent ici. ne

Du côté de l’évolution : Le début n’est pas celui de la paralysie générale progressive, c’est celui de la syphilis cérébrale. Une fois la maladie elle-même constituée, certains symptômes se rencontrent qui ne sont pas ceux de Ja paralysie générale : à côté des paralysies généralisées à l’ensemble des muscles de l’économie, nous trou-

L'EST EERS

vons des paralysies complètes limitées à un groupe musculaire. Un autre trouble qui n’existe pas dans la paralysie générale et qui ici fait rarement défaut, c’est l’atro- phie musculaire. La sensibilité et la nutrition sont aussi “y'us fortement atteintes que dans la paralysie générale.

__ Tous ces cas doivent donc être exclus de la paralysie générale et M. le professeur Mairet les désigne sous le nom de « paralysie généralisée syphilitique ».

Deuxième groupe Dans ce second groupe nous trouvons

1° Un certain nombre de cas qui rentrent dans le premier groupe et qui ne sont que des paraly sies généralisées syphilitiques ;

2° D’autres cas où il n’est nullement besoin de la syphilis pour expliquer l’évolution de la paralysie générale. AA

Chez tous on retrouve en effet l’alcoolisme associé à d’autres causes pathogènes, ou même tout seul. Et pou: mieux encore infirmer l'influence de la syphilis, la maladie semble elle-même se complaire à revêtir le cachet de la paralysie générale alcoolique. L'influence prépondérante, exclusive, de l’alcoolisme est démontrée non seulement par la physionomie clinique de la maladie, mais aussi par le succès ‘du traitement antialcoolique.

Cette étude un peu rapide nous aura montré du moins que si la syphilis peut déterminer une pseudo-paralysie générale, elle ne doit pas être considérée comme facteur étiologique de la paralysie générale vraie.

Quelle peut être, dès lors, l’importance des statistiques qui veulent faire de la réaction de Noguchi une excellente méthode de diagnostie de la syphilis nerveuse ; et où la paralysie générale occupe une place si importante

Nous pourrions faire des réserves analogues au sujet du tabes, dont la nature syphilitique n’est pas du tout démontrée, puisque certains auteurs également refusent à la syphilis toute participation à l’étiologie de cettemaladie. Il nous suffit pourtant d’avoir examiné le rôlede la syphilis dans la paralysie générale ; et nous nous contenterons de faire les mêmes réserves pour le tabes. Quelle que soit en effet l’étiologie de cette maladie, il serait hasardeux dans une discussion scientifique de fair entrer en ligne de compte sa nature syphilitique, alors que certains auteurs la nient complètement.

V. Discussion générale. — Ces restrictions faites, examinons la valeur clinique de la méthode.

Et tout d’abord faisons lui un reproche général. La

réaction de Noguchi permet de déceler dans le liquide céphalo-rachidien une dose anormale de globuline. Voilà qui est en*endu, et presque tous les auteurs sont d’accord là dessus. Mais il n’en est pas moins vrai qu’elle ne décèle qu’une partie des globulines contenues dans le liquide

Nous avons vu que la précipitation totale ne pouvait être obtenue que par une expérience de laboratoire assez délicate. L’essai à l’acide butyrique ne constitue en somme qu’une méthode d’à peu près. La technique n’en est pas ron plus très nettement fixée. Les auteurs qui l’ont employée n’ont pas donné de limites précises pour l temps au bout duquel la réaction devait être examinée. Les résaläits sont done variables suivant les auteurs. Un» outre remarque s'impose, Noguchi avait trouvé dans les cas de syphilis non nerveuse une faible réaction. MM. Euzière, Mestrezat et Roger ont toujours rencontré une réaction nettement négative. La méthode est donc passi. ble en elle-même de sérieuses critiques.

jai 0 & L 0 Q Examinons maintenant le point important, c’est-à-dire

la Valeur diagnostique de cette réaction dans les cas da srphilis nerveuse. Pour qu’elle fût définitivement établie, il faudrait deux choses

1° D'abord que la réaction fût positive et nettement positive dans tous les cas de syphilis nerveuse ; = 2° Qu'elle ne le fût que dans ces cas et point dans d’autres.

Voyons un peu s’il en est ainsi

1° La réaction est-elle positive dans tous les cas de syphilis nerveuse ? — Non, pas absolument. Et ici un cas est très intéressant et vraiment très instructif, c’est celui que nous trouvons dans la statistique de MM. Euzière, Mestrézat et Roger.

Il concerne un tabétique chez lequel la recherche elinique de la syphilis avait donné un résultat affirmatif. La -éaction de Noguchi est positive. Ce malade est soumis à des injections intrarachidiennes d’électro-mercurol. Quelque temps après (après deux injections) on refait la réaction de Noguchi et celle-ci se trouve nettement négative.

= Certes, un pareil fait ne peut enlever à la réaction toute sa valeur diagnostique. Mais il faut reconnaître cependant qu’il en atténue singulièrement la portée. Si cette réaction en effet, en admettant même que plus tard son action spécifique soit démontrée, est sujette chez le même individu à de pareilles évolutions, si elle est capable de se montrer positive à un moment, négative à un autre, on ne peut guère avoir en elle une bien grande confiance. On ne pourra même pas affirmer que son absence est une indication certaine de l'absence d’une syphilis nerveuse. Elle ne prouvera pas que le sujet n’est pas syphi-

SP DE hitique, mais simplement qu’il n’a pas de lésions nerveuses syphilitiques en activité. La voilà déjà, il me semble, d’une portée plus restreinte.

2° La réaction de Noguchi n'est-elle positive que dans les cas de syphilis nerveuse ? — Tà non plus on ne peut répondre par l’affirmative. Son auteur lui-même avait d’ailleurs déjà indiqué que dans les cas d’affections aigues des méninges la réaction était positive. La statistique

de Noguchi et Moore est même suffisamment éloquente

puisqu'elle note 34 cas de psychoses et 24 cas d’infections générales. Done, dans les cas d’affections aigues des méninges, la réaction ne peut donner aucune indication. En est-il du moins autrement dans les cas d’affection chronique ? Noguchi l’affirme.

Mais il faut reconnaître que ce n’est pas exact. Mott qui expérimenta l’un des premiers la réaction de Noguchi l’a trouvée positive dans toutes les démences, que cellesc1 fussent accompagnées de syphilis ou non. Baudouin et

Français ont également trouvé une proportion fort impor--

tante de réactions positives dans des cas de tuberculose chronique des méninges et du rachis, où la syphilis n'avait rien à voir. La statistique de MM. Euzière, Mestrezat et Roger est, elle aussi, fort éloquente à cet égard. Si nous éliminons deux cas, un de paraplégie pottique et un autre de selérose latérale amyotrophique où la réaction resta douteuse, nous trouvons dans les affections nerveuses chroniques examinées où la recherche clinique de la syphilis est négative

1° 2 cas de réaction négative, un concernant une para-

lysie infantile, un autre concernant une méningo-myéhlits améliorée ; 20 4 cas de réaction positive concernant respectivement

ET] y .

uhe méningo-myélite, un ancien mal de Pott très amelioré, une sclérose en plaque, une hémorragie méningée. Nous trouvons done ure proportion fort importante de

réactions positives dans les affections chroniques du sys-

tème nerveux ; 3 cas sur 7 examinés pour Baudouin et

Français, 4 sur 8 et même 6 sur 8 si on compte les deux réactions douteuses pour MM. Euzière, Mestrézat et Roger.

La réaction de Noguchi se trouve donc positive dans tous les cas de syphilis organique du système nerveux, à condition cependant que le processus soit en état d’activité ; positive aussi dans les inflammiations aiguës des méninges qu’elle qu’en soit l’origine ; positive dans beaucoup de méningintes chroniques, de démences et de lésions chroniques du système nerveux de nature non syphilitique.

MM. Euzière, Mestrézat et Roger pensent qu’elle n’est

pourtant pas complètement à rejeter, et qu’elle peut donner quelques indications.

1° D'abord lorsqu'elle est négative pour des liquides céphalo-rachidiens avec hyperalbuminose réelle, elle peut faire écarter le diagnostic de syphilis.

9 Lorsqu'elle est positive dans les cas d’albuminose normale ou peu élevée, sans être tout à fait concluante, elle est une indication en faveur de l’existence de la syphilis.

Examinons attentivement la statistique de MM. Euzière,

- Mestrèzat et Roger et schématisons en les résultats en

quelques tableaux.

Nous trouvons 23 cas avec un degré d’albuminose supé-

rieur à 0,40 par litre ;

RECHERCHE CLINIQUE DE LA SYPHILIS RÉACTIONS OBTENUES — POSITIVE | NÉGATIVE | DOUTEUSE

al

Réactions positives.

— négatives. .

douteuses .

“8 cas avec un degré d’albumine variant de 0,30 à 0,40 D ? 2 par litre ;

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