‹ Les diverses méthodes de traitement des sinusites maxillaires chroniques: étude critiqueChapitre 10 sur 36 · TENDANCES ACT ELLE · texte numérisé non relu

TENDANCES ACT ELLE

Actuellement, sous l'influence de Claoué et du plus orand nombre des spécialistes, se dessine pour ainsi dire une tendance régressive.

A côté de ceux qui, comme M. Garel, n’ont cessé de vanter les avantages d’un traitement conservateur se rangent de nombreux partisans.

Sans discuter les mérites du Caldwell-Luc, dans les cas graves et rebelles, on cherche à revenir aux méthodes rhinologiques pures toutes les fois qu'il est possible.

Claoué montre les avantages d’un drainage large

par voie nasale.

Mieux documentés sur l’étiologie et l'anatomie pathologique, on cherche avec Mahu et Lermoyez par le jaugeage du sinus, avec Sargnon par l’endoscopie directe et la radiographie, à faire le diagnoslic précis du genre d'affection et à doter chaque cas bien déterminé de l'opération la plus efficace et la moins compliquée. |

Dans les chapitres qui vont suivre, nous reprendrons précisément les points d’étiologie ou d’anatomie ainsi que les divers smplômes qui peuvent permettre d'établir une différenciation parmi les suppurations du sinus. Nous étudierons successivement, au point de vue de leur technique, les diverses opérations proposées el nous terminerons en nous demandant si l’une d'elles doit être nettement préférée aux autres, ou si, au contraire, parmi celles-ci, plusieurs restent en présence avec des avantages propres et des indications bien déterminées.

CEPAPHDRE TI

Etiologie et Pathogénie

La sinusite maxillaire peut, d’après G. Laurens, avoir une triple origine :

1° Dentigène, consécutive à une carie dentaire ou à un kyste paradentaire ;

2° Rhinogène, consécutive à une rhinite aiguë ;

3° Sinusogène, due à une infection descendante provenant de l’ethmoïde ou du sinus frontal.

Avec M. Lannois, nous pouvons adopter une autre classification :

1° Les sinusites d'origine nasale qui comprennent presque toutes les sinusiles aiguës. Au cours d’une maladie infectieuse, la grippe en particulier, la muqueuse sinusale est atteinte d'emblée avec ou sans participation de la muqueuse pituitaire (s. rhinogènes).

DFoavE

Nous ferons rentrer dans ce groupe les sinusites maxillaires consécutives à une infection d’une autre cavité annexe des fosses nasales (sinusogène de Laurens), puisque le passage de l’une à l’autre s'effectue par l'intermédiaire de la pituitaire, que cette dernière participe ou non à l’inflammation.

>° Les sinusites d’origine extra-nasale, parmi lesquelles

a) Les sinusiles d'origine dentaire (dentigènes) qui représentent la presque totalité des faits de ce groupe.

Connaissant les rapports de la cavité sinusale avec la deuxième prémolaire et les deux grosses molaires, on comprend aisément le retentissement sur elle des infections dentaires.

Mais de l'avis de M. Destot, avis basé sur de nonibreuses radiographies pratiquées lant à l'Ecole dentaire de Lyon que dans sa clientèle, les dents qui sont en rapport direct ou presque direct avec le sinus ne sont pas seules capables de causer des sinusites. (Observation n° 3.)

I n°y a pas lieu non plus dans un cas comme celui dont nous avons eu la radiographie sous les yeux, où une incisive latérale semble bien être la porte d’entrée de l'infection du sinus, de parler d’une anomalie dans le développement de ce dernier. L'origine embryonnaire différente de la dent en question et du sinus, aux dépens de deux bourgeons distincts, montre bien qu'il ne doit pas v avoir entre eux de communication.

EL CS Ven

En réalité, les dents qui tirent leur origine du bourgeon médian donneront le plus souvent des kystes qui viendront s'ouvrir et suppurer à l'extérieur dans la fosse canine. Ce n’est que très rarement que l’on verra l'infection gagner le sinus, mais le simple fait de Ia possibilité de cette propagation est intéressani en ce sens qu'il nous montre que la continuité n'est pas nécessaire et qu'on peut avoir une inflammation par simple contiguïté.

À plus forte raison, lorsque la porte d'entrée microbienne sera sur la deuxième prémolaire, la première ou la seconde molaire, n'y aura-t-il pas besoin pour avoir une sinusite que lextrémilé radiculaire de la dent en question fasse saillie dans la cavité centrale. Cette dernière condition ne fera qu'augmenter les chances d'infection.

La suppuration pourra aussi cheminer de proche en proche.

Quoi qu'il en soit, la sinusite sera due le plus souvent à un abcès alvéolaire ou dentaire, à une périostite consécutive à la carie dentaire, ou à la rupture dans le Sinus d’un kysie radiculaire à contenu purulent.

On a voulu incriminer également les soins donnés aux dents, avulsion, plombage et déplombage, caulérisations, etc...

L'avulsion ne semble pouvoir être qu'une cause occasionnelle favorisant la rupture d'un kyste préexistant.

Quant au plombage ou à une obturation quelconque,- ils ne pourraient produire ce résultat qu'en

transformant en cavité close une dent insuffisamment traitée.

L'emploi hors de propos des arsénieux, en pansement dans une carie du deuxième degré, pourrait également occasionner une suppuration du sinus par rétention de la pulpe nécrosée ; mais il paraît improbable que la lésion puisse atteindre ce degré de gravité, car la douleur et la fluxion qui ne tardent pas à se déclarer ramènent bien vite le malade vers son dentiste mal avisé.

b) Les sinusites d’origine traumatique, soit par infection directe de la muqueuse, soit par production d'un hématôme secondairement infecté (Hajek), seront bien plus rares.

c) La syphilis tertiaire, la tuberculose ou l’actinomycose du maxillaire ne seront que des causes exceptionnelles.

Longtemps les auteurs se sont opposé leurs statistiques pour attribuer à l’une ou l’autre des deux origines nasale ou extra-nasale, la majorité des affections du sinus maxillaire. à

Il semble actuellement, avec Luc et M. Lannois, que l’une et l’autre interviennent en proportions à peu près égales, mais tandis que les suppurations d'origine nasale seront plutôt des sinusites aiguës ou des empyèmes, celles qui proviennent des dents constitueront la grande majorité des sinusites chroniques, plus rebelles, et dont le traitement fera l’objet de notre étude.

Page 1