‹ Les diverses méthodes de traitement des sinusites maxillaires chroniques: étude critiqueChapitre 20 sur 36 · SR CR ST · texte numérisé non relu

SR CR ST

avec anesthésie locale reçoit, une heure auparavant, une injection de chlorhydrate de morphine d'au moins un centigramme, s’il s’agit d’un adulte, dose que je n'hésite pas à doubler si j'ai affaire à un sujet névropathe ou exceptionnellement anxieux et excitable. On voit alors les malades les plus impressionnables entrer bientôt dans un état de douce torpeur, tout en conservant toutefois une connaissance suffisante pour pouvoir accomplir certains actes qui leur sont demandés, tels que celui de se soulever pour souffler par le nez, cracher, etc... »

Le docteur Saint-Clair Thomson, de Londres ; le professeur Ceci, de Pise, et le professeur Siebenmann, de Bâle, considèrent aussi la morphine comme le plus précieux adjuvant de l’anesthésie locale.

Ces considérations générales étant vues, nous allons dire brièvement comment l’auteur conseille d'appliquer l’anesthésie locale à sa méthode de cure radicale de la sinusite maxillaire. Il en combine les divers modes : infiltration au-devant de la paroi antérieure de l’antre, application en surface dans la cavité antrale (en vue de curettage) et dans le méat inférieur pour la création de l’hiatus artificiel. « Ces divers moyens, ajoute-t-il, pourraient être avantageusement renforcés par l’infiltration du nerf maxillaire supérieur à sa sortie du trou grand rond. On sait, en effet, que c’est à ce niveau que le nerf fournit les deux ou trois rameaux dentaires postérieurs dont plusieurs filets donnent la sensibilité à la muqueuse

antrale, tandis que d’autres se distribuent au tissu spongieux de l'os. »

On aura donc à faire les manœuvres suivantes :

1° Infiltration avec la solution faible de novocaïne adrénalinée dans l’épaisseur de la muqueuse buccale suivant la ligne d’incision projetée ;

2° Infiltration avec la même solution sous la muqueuse, et surtout avec une longue aiguille vers le nerf sous-orbitaire ;

3° Après l’incision ou même avant, une autre injection sous le périoste, au contact de l’os. Un bon massage de la région favorisera la diffusion du liquide ;

4° Introduction d’une mèche de gaze imbibée de la solution de cocaïne adrénalisée au fond du méat inférieur.

On aura, d'autre part, préparé un certain nombre de mèches imbibées de la même solution en vue d'en bourrer la cavité antrale avant le curettage.

Si dix minutes après cette application la sensibilité intra-antrale persistait, on en aurait raison par un badigeonnage de la muqueuse pendant une minute avec le mélange de Bonain.

Luc appelle l'attention sur les facilités données par l’ischémie des deux faces de la paroi externe du méat inférieur pour la bonne réalisation de lhiatus artificiel.

L'absence de tout écoulement sanguin permet notamment de distinguer la face concave du cornet inférieur et de le respecter complètement.

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