II. — Traitement médical
Le traitement médical consistera surtout en inhalations d'alcool mentholé, en pulvérisations, à l’aide d'un appareil spécial, d'huile mentholée. Les bains de nez el les grands lavages des fosses nasales ne pourront que diminuer les symptômes en empêchant la stagnation du pus dans leur cavité, et par le fait même la formation de croûtes et la rétention à l’intérieur du sinus.
Pour faciliter l'écoulement du pus hors de ce dernier, Jirmounsky (1) conseille des applications d'adrénaline au 1/1000.
Lermoyez et Auberlin (Annales des Maladies de l'Oreille, 1909) concluent, au contraire, après de nombreuses recherches, que l’adrénaline en applications nasales est un poison du cœur. Le médecin aura le droit de s’en servir pour une intervention, mais son emploi à titre de médicament habituel doit être interdit aux malades.
« L’adrénalisation nasale, disent-ils, ne sera inoffensive qu'à condition de demeurer un acte momentané ou passager toujours prudent. »
Parmi les médicaments antithermiques analgésiques, Jirmounskv conseille le bromhydrate de quinine, à la dose de o gramme 30.
Il conseille également de chauffer la paroi du sinus avec une forte lampe électrique de cinquante
(1) Journal Russe mensuel d'Oto-rhino-laryngologie, sept. 1906.
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bougies. M. le docteur Moreau, à Saint-Etienne, trouve qu'en enfermant la tête dans une caisse où sont allumées des lampes électriques, on arrive par la chaleur qui se dégage à calmer certaines douleurs céphaliques, dans la sinusite notamment, mais ce n'est là, dit-il, qu'un moyen d'attente et aucune amélioration de la lésion n’a été constatée par ce procédé.
Hempel (de Berlin) donne dans les sinusites maxillaires 2 gr. d’iodure de K par jour.
Il pense, par la sécrétion médicamenteuse ainsi - causée, fluidifier la sécrétion pathologique et en faciliter l'écoulement. Ce procédé est pour le moins discutable.
Il va sans dire que si l’on soupçonne la syphilis secondo-tertiaire ou tertiaire on aura recours au trai-
tement spécifique.
III. — Traitement chirurgical simple par les voies naturelles
1° Ce sera d’abord un traitement causal qui consistera en l’avulsion d’une dent cariée, plombée ou morte. Nous avons vu plus haut l'utilité de la radiographie pour la détermination de la dent coupabie ;
2° La muqueuse nasale au cours d’une sinusite présente souvent des polypes qui peuvent venir rétrécir l’orifice naturel de l’antre. Leur ablation en favorisant l’écoulement du pus sera toujours indi-
quée.
Il en est de mème de la résection du cornet moyen sil est hypertrophié et favorise la rétention. On n'emploiera pas pour cette opération l’anse chaude que de nombreux auteurs accusent de pouvoir occasionner des accidents mortels. Sargnon, dans une observation rapportée plus loin, semble partager également cette opinion. (Observat. n° 10) ;
3° Un autre moyen simple, en ce sens qu'il ne constitue pas une grosse intervention, mais difficile à pratiquer, consiste en lavages du sinus par l’orifice naturel.
Pour M. Garel, qui préconise cette méthode, le cathetérisme par l’ostium est possible dans 60 % des cas. Il le pratique au moyen d’une sonde de Heryng de un millimètre à un millimètre et demi de section et coudée à angle droit à cinq ou six millimètres de son extrémité. On peut utiliser également une sonde de Hartmann presque semblable d’ailleurs.
IV. — Traitement chirurgical par ouverture artificielle du sinus
Le sinus maxillaire pourra être ponctionné ou trépané. La ponction elle-même sera soit exploratrice, si elle n’a pour but que de confirmer, en donnant ou non issue à du pus, un diagnostic encore hésitant, soit évacuatrice si on laisse un drain par lequel on pratiquera ou non des lavages.
La trépanalion ne différera de la ponction que par les diménsions plus grandes de l’orifice créé. Elle
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permettra alors d’adjoindre au drainage des manœuvres plus actives comme la désinfection du sinus par des curetlages, des aitouchements avec des liquides antisepliques ou caustiques.
Suivant qu'on aura choisi de ponctionner ou de trépaner le sinus, l’une ou l’autre voie d'attaque ne sera pas également favorable.
Ces voies d'attaque sont au nombre de quatre :
1° Voie alvéolaire ;
2° Voie du méat inférieur ; 3° Voie canine ; 4° Voie du méat moyen.
Cette dernière qui conduit sur la partie supérieure du sinus réalise une mauvaise condition pour le drainage.
Elle expose de plus à des blessures de l'orbite, aussi a-t-elle été abandonnée en France et nous ne la décrirons pas.
1° VOIE ALVÉOLAIRE