‹ Les diverses mutilations des mains: Leur adaptation aux nécessités professionnellesChapitre 11 sur 42 · LAON · texte numérisé non relu

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importants à la suite desquels il était très difficile de lui faire reprendre le travail, et aux conséquences desquels il s’accoutumait de moins en moins vite.

Rémy fait intervenir, à juste titre, ce qu’il appelle le « Secours familial » : « C’est un précieux apport pour l’ouvrier estropié de ne point demeurer dans l'isolement. S'il est entouré de parents qui le guident de leurs bons conseils, l’encouragent par des paroles de réconfort, il s'ingéniera à organiser désormais son existence de façon à la rendre utile à lui-même et aux autres. Il recommencera au besoin un apprentissage. S'il est, au contraire, abandonné à sa propre pensée, au sentiment exagéré de son impuissance, il n’aura pas l’idée de chercher l’emploi approprié des éléments de production qui lui restent et sera prédisposé, à la sortie de l'hôpital, à devenir: un mendiant. » (Rémy).

Le rôle des patrons et des assureurs soucieux à la fois. de leur propre intérêt, de celui de l’ouvrier, et même de l'intérêt général, serait sur ce terrain de remplacer la famille auprès des sinistrés qui n’ont personne autour d'eux. |

Influence du médecin. — Le médecin traitant un accidenté du travail peut jouer un rôle important dans l'adaptation fonctionnelle d’un membre traumatisé. Tout d'abord en appliquant à la lésion un traitement rationnel, quand on traite une blessure il faut prévoir d'avance toutes les conséquences qu'elle pourra avoir. Il ne faut pas la soigner uniquement pour elle-même.

Il faut, en particulier, se méfier des immobilisations. trop prolongées, sous le prétexte d'amener la guérison plus complète d’une plaie. Tel traitement, excellent.

pour la lésion elle-même peut avoir une répercussion fâcheuse, sur les articulations voisines par exemple. Un traitement non approprié, par ses conséquences fâcheuses empêche un accidenté de réaliser son adaptation fonctionnelle dans les délais normaux, ceci est fréquent pour les ankyloses qui compliquent certaines plaies des. doigts.

La médecine d'aujourd'hui, en ce qui concerne les. accidents du travail, se préoccupe de plus en plus de l’avenir professionnel du blessé: elle cherche à obtenir dans la mesure du possible, la guérison fonctionnelle, et, après l’acte chirurgical, commence le traitement de rééducation à la sortie de l'hôpital.

Certaines compagnies d'assurance comprennent qu'il est de leur intérêt qu'un ouvrier soit guéri le plus complètement possible avant de reprendre le travail. Aussi ne reculent-elles pas devant les frais d'un traitement de longue durée, mécanothérapie, cure thermale, ete., assurées qu'elles sont d'y réaliser encore un bénéfice.

Les moignons d'amputation devront être confectionnés avec soin afin qu'ils n’opposent pas, pendant des mois. ou des années, un obstacle plus ou moins insurmontable à l’accoutumance.

Nous avons parlé, plus haut, de l'importance de la mobilisation précoce et de la reprise hâtive du travail. Mais, à côté de son rôle purement professionnel, le médecin peut et doit jouer un rôle moral important.

Il relèvera le courage de la victime, vaincra ses scru- ‘pules, lui démontrera qu'elle ne sera pas estropiée pour toujours, mais pour cela il faut être au courant des. modalités de l'accoutumance et des résultats qu'elle per-

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