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CHAPITRE III

L'adaptation dans les diverses mutilations des mains

Chez un mutilé des mains, après la cicatrisation des issus, il persiste fréquemment un état anormal avec conservation de symptômes qui témoignent que la guérison complète n'est pas encore obtenue. Les mutilations -des mains peuvent être suivies, soit d’infirmités définitives, soit de ces « résidus traumatiques » que l’on -observe dans un grand nombre d’accidents du travail -et auxquels l’ouvrier pourra souvent s’accoutumer.

Nous allons passer en revue, d'abord les diverses mutilations des mains et, dans une seconde partie de ce chapitre, nous verrons comment elles sont susceptibles d'adaptation dans les professions les plus courantes.

Perte anatomique

L'adaptation fonctionnelle d’un membre qui à subi une perte anatomique (perte de substance proprement

dite), est, dans la plupart des cas, souvent remarquable.

Il se crée des fonctions de suppléance et ce développement des fonctions de suppléance n'est pas entravé par un obstacle tel qu'un organe ankylosé; il peut se faire en toute liberté, si les conditions générales le permettent.

La perte totale de la main est évidemment l'infirmité la plus grave, mais cependant susceptible d'adaptation; l’accoutumance sera grandement aidée dans sa réalisation par le port d’un appareil de prothèse. Si le segment de membre restant est encore doué d’une assez grande mobilité, et s’il peut supporter un crochet de fer, souvent préférable à la main artificielle, il rendra de grands services.

La perte totale des doigts est, à peu de choses près, aussi grave que la perte totale de la main, cependant, si la cicatrice n’est ni douloureuse, ni adhérente, le moignon de la main peut constituer un solide point d'appui qui peut permettre une grande adaptation.

La gaine antibrachiale en cuir moulé, englobant ce qui reste de la main, lacée à sa partie dorsale, et portant à sa partie palmaire une pièce forgée, courant sur toute la longueur et portant au niveau de la paume un renflement métallique formant matrice pour recevoir le porte-outil, rendra de grands services dans ces sortes de mutilations.

Tous les doigts sont loin d'avoir la même valeur au point de vue de leur utilisation fonctionnelle; le plus important, nous l'avons vu, est le pouce, sans lequel la. main n’est plus une pince mais une griffe. On a estimé la valeur du pouce à un tiers de la valeur totale de la

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