ANKYLOSE
Dans quelle mesure l'adaptation fonctionnelle d'une main peut-elle se réaliser lorsque le traumatisme a laissé après lui une immobilité complète ou partielle des articulalions ?
Ici, nous devons faire une distinction, et étudier d’une part les raideurs passagères, d'autre part les ankyloses définitives.
Raideur. — La raideur d'une articulation peut résulter de son immobilisation pendant le traitement. Une immobilisation mal comprise peut enraidir une articulation saine. Plus l'accident est avancé en âge, plus la prédisposition à la raideur est grande pour de petites jointures serrées comme celles des doigts. On se sert souvent comme tuteur d'un doigt voisin pour immobiliser une fracture, et fréquemment, il en résulte une raideur qui disparaît la plupart du temps presque complètement. Le port d'une écharpe immobilisant la main a causé souvent des raideurs rebelles des doigts.
Cette raideur peut résulter d'autre part de poussées inflammatoires ou arthrites traumatiques, caractérisées. cliniquement par de l'immobilisation, une tuméfaction et des craquements. Ces sortes de raideur sont suscepüibles de se mobiliser avec le temps et le mouvement.
Une mécanothérapie graduée, ou mieux, une mobilisation active exercée par le malade lui-même pourra assouplir facilement les petites raideurs. La reprise hàtive du travail est ici un facteur important d'adaptation : l'ouvrier utilisant les mouvements propres à son activité professionnelle.
Ankÿlose. — Lorsque la gêne fonctionnelle dépend d'une fracture articulaire ou juxta-articulaire, de la présence dans le voisinage et surtout du côté de la flexion, par exemple, d’une cicatrice rétractile, le rétablissement - des fonctions normales peut être compromis et l’aecoutumance variable, nous avons, dans ce cas, une ankylose.
Quand cette ankylose succède à une fracture articulaire, le déplacement des fragments, l'hypertrophie du cal sont une gêne considérable. Lorsque l'articulation est complètement détruite, il n'existe plus ni synoviale, ni cartilage, ni cavité entre les extrémités osseuses : cellesci sont fusionnées comme par un cal de fracture, c’est l’ankylose complète osseuse, ankylose définitive. Une radiographie, dans ce cas, rendra Îles plus grands services et permettra à la fois un diagnostic précis et un pronostic fonctionnel.
Mais l’ankylose peut être consécutive à des lésions cicatricielles intéressant les téguments : c’est l’ankylose fibreuse, susceptible d'amélioration. Une cicatrice s'assouplit par l’exereice. Lorsqu'elle est normale, elle peut supporter rapidement les premiers contacls occasionnés par le travail. Quelques jours ou quelques semaines suffisent pour amener l’accoutumance des tissus. La cause de l'accident entre aussi en ligne de compte : les plaies linéaires sont, en général, sans grand inconvénient, les