‹ Les diverses mutilations des mains: Leur adaptation aux nécessités professionnellesChapitre 16 sur 42 · REA · texte numérisé non relu

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plaies par brûlure, au contraire, ont un pouvoir de rétraction très prononcé, durable, dont il faudra tenir compte dans l'évaluation de la capacité.

Le traumatisme, au lieu d'intéresser seulement les téguments, peut atteindre les tissus sous-jacents : aponévrose, gaines tendineuses, tendons; il s'établit alors des adhérences fibreuses, causes directes de l’ankylose. Ainsi, l’annulaire et l’auriculaire doivent souvent leur rétraction à cette sclérose, avec épaississement fibreux de l'aponévrose palmaire et de ses brides digitales, ainsi que de la face profonde du derme qu'on nomme rétraction de l’aponévrose palmaire, ou maladie de Dupuytren. Les bourses séreuses de voisinage, même lorsque l'articulation n’a pas été atteinte, se détruisent souvent à la suite d’un traumatisme de la main : il en résulte une gêne qui atteint non seulement les articulations elles-mêmes, mais encore les tendons qui les font mou-

voir, et dont l’action se trouve plus ou moins annihilée.

Enfin, lPimmobilité des doigts peut avoir à la fois les deux origines : articulaire et extra-articulaire. L’ankylose osseuse ou fibreuse se complique dans ces cas de productions fibreuses périarticulaires, d’épaississement des ligaments et de la capsule, de rétraction de ces mêmes tissus : à l’ankylose articulaire, se juxtapose presque toujours lankvylose périarticulaire.

Nous allons envisager maintenant les ankyloses des divers segments de la main.

L'ankylose du pouce est importante : c’est d'elle que dépend la possibilité de former l'anneau ou la pince. La gonsolidation faite dans une flexion modérée ne donne

des cas plus favorables que si la position anormale est en extension forcée (Obs. XVII). |

Pour les autres doigts, l’incurvation, même prononcée, est la conséquence la moins grave, en temps qu’elle per-

met la préhension des outils. Mais la position en extension forcée est déplorable. Chacun sait qu'un doigt raide est surtout gênant lorsque l’ankylose se fait dans l’extension. Ce doigt s'accroche aux obstacles qu'il rencontre, s'oppose aux mouvements de préhension digitale, d’empaumement. L’attitude la meilleure serait l’ankvlose du doigt en demi-flexion.

L'ankylose digitale est souvent plus gênante que la perte anatomique, l’adaptation se réalise moins facilement pour un doigt raide que pour un doigt qui manque.

L'ankylose d’une articulation médiane ou terminale d’un doigt peut se compenser par l’exagération des fonctions de l’articulation basale.

La section des tendons de la main constitue une perte fonctionnelle moins gênante que leurs adhérences.

S'il s’agit d'un tendon extenseur, le doigt se rétracte, se cache au milieu des autres; si c’est, au contraire, les fléchisseurs qui ont été supprimés, le doigt reste en extension et gêne davantage (Obs. XXIIT).

Si c’est un tendon du pouce qui est blessé, la première phalange n'obéit plus, elle est comme supprimée : l’anneau pollici-digital, la pince digitale, ne peuvent plus fonctionner; on conçoit alors que l'importance de la perte augmente. Celle-ci est donc proportionnée à ce qui subsiste de la fonction des tendons, et quand beaucoup de ces derniers sont coupés, l'atteinte peut être équivalente à la perte totale de la main.

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