‹ Les diverses mutilations des mains: Leur adaptation aux nécessités professionnellesChapitre 20 sur 42 · TROUBLES DE LA SENSIBILITE ET TROPHICITE · texte numérisé non relu

TROUBLES DE LA SENSIBILITE ET TROPHICITE

L'accoutumance aux troubles trophiques dépend de leur cause et de leur durée, de leur étendue et de leur marche. En général, ces troubles s'opposent longtemps à une adaptation fonctionnelle. Les troubles de la vaseularisation sont souvent influencés par le travail et l'exercice et permettent une accoutumance complète. On voit fréquemment, à la suite d’un traumatisme de la main et des doigts, la peau subir une transformation qui la rend lisse et mince, c'est le glossy-skin des Anglais; elle prend, en outre, une coloration pâle ou vio- Jacée, cette apparence se manifeste surtout à la face dorsale des doigts où les plis d'extension normaux qui correspondent à chaque articulation s'effacent plus ou moins, où même disparaissent.

A cet ensemble s'ajoutent souvent des phénomènes douloureux persistants : ce sont des troubles névritiques d’inflammation chronique des ramuseules nerveuses des doigts qui remontent vers le trone du nerf; ces altérations s’accompagnent d'une limitation prononcée des mouvements des doigts. Rémy a étudié eette 6volution sous le nom de doigt seléreux.

Heureusement, dans la pratique, ces complications sont bénignes et ne s'opposent pas, en général, à l'adaptation fonctionnelle des membres.

LPS

Les anesthésies cutanées constituent, dans certaines professions, un danger permanent en exposant le sinistré à subir un nouvel accident; il faudra, à propos d’une lésion de ce genre, déterminer le genre d’activité du blessé et se rendre compte si l'anesthésie est capable d’entraver l'exercice de sa profession.

Les anesthésies des zones petites, telles qu'on les rencontre par exemple à la suite des écrasements des extrémités digitales peuvent gêner considérablement les ouvriers dont la profession exige un palper délicat : orfèvres, modeleurs, etc.

L'atrophie musculaire est fréquente à la suite d'un traumatisme de la main. Elle peut, du reste, se produire sans lésion, du fait d’un repos prononcé. Or, la fonction ouvrière nécessite avant tout la conservation de la masse musculaire qui est l’organe actif du mouvement. Les traumatismes qui produisent l’atrophie musculaire sont de toutes espèces : contusions simples, plaies infectées ou non, entorses, luxations, fractures, etc. Les traumatismes dits articulaires, en nécessitant l’immobilisation pendant un certain temps, comportent naturellement une atrophie musculaire marquée. Les inflammations, et surtout la suppuration (phlegmons), jouent un rôle primordial dans la pathogénie de ces atrophies.

La valeur de l'insuffisance ouvrière dépendra évidemment, en grande partie, de l’importance fonctionnelle du muscle atteint. Le muscle adducteur du pouce, par exemple, est de première importance.

Les muscles fléchisseurs prennent dans la vie ouvrière “une part importante, mais nous avons vu plus haut, pour

a paralysie radiale, que les muscles extenseurs dont

la contractibilité est antagoniste des précédents, jouent un rôle non moins important. À

Enfin, lorsqu'un mouvement est effectué par plusieurs muscles différents, l’un de ceux-ci peut, semble-t-il, s’atrophier sans grand dommage, la suppléance devrait s'établir aisément : exemple, pour les fléchisseurs superficiels et profonds des doigts.

En réalité, cette suppléance est bien rarement parfaite et superposable.

Ainsi, cette atrophie musculaire persiste souvent très longtemps après la guérison de la blessure. Lorsqu'elle a disparu, on peut envisager l'adaptation comme réalisée.

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