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CHAPITRE PREMIER

Physiologie de la main dans le travail

Comparée aux autres segments du membre supérieur, la main présente une importance exceptionnelle. Peu de fonctions sont plus indispensables à l’activité ouvrière que la préhension et la palpation.

Geoffroy-de-Saint-Hilaire définit la main : l'extrémité terminale d’un membre thoracique, pourvue de doigts allongés, profondément divisés, très mobiles, très flexibles, par suite susceptibles de saisir.

Cuvier attribue à la main de l’homme le caractère spécial d’opposer le pouce aux autres doigts, pour saisir les plus petites choses.

La main de l’ouvrier, en raison de la fréquence et de la grande utilité de son emploi, mérite une étude plus approfondie.

Placée à l'extrémité du membre supérieur, long levier mobile qui la porte à la rencontre des divers corps, la main, formée d'un grand nombre de pièces osseuses

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et terminé par cinq appendices flexibles, se moule à la surface des divers objets, en embrasse les contours, et présente dans son organisation toutes les circonstances favorables à l'exercice du toucher. Préhension et exercice du tact sont les deux fonctions essentielles de la main.

A. — Main considérée comme organe de palpation

La main connaît l'état physique des corps solides, liquides, leur température, l’état de leur surface, s'ils sont solides, et enfin, leur poids. Ces résultats sont dus au bon fonctionnement des nerfs, des museles, des articulations. En pratique, la grande majorité des travailleurs n’a que peu de souci de toutes les fonctions manuelles que nous venons d'énumérer; leur vue contrôle, et souvent même remplace la tâche que la main accomplit oudevait accomplir. Ils $e préoccupent surtout, en ce qui concerne cette dernière, de sa fonction motrice dont dépend leur force. L'intégrité de la sensibilité des trois premiers doigts, qui dépend du médian, n’en est pas moins indispensable à l'exercice de tout:s les profes- . sions requérant des actes de préhension délicate : imprimeur, bijoutier, brocheur.

Quand la main est par elle-même un instrument de travail, elle plonge au milieu de toutes sortes de substances minérales, végétales ou animales, elle remue ou agite les solides, les liquides, pétrit les pâtes, ete., dans un grand nombre de professions, nous trouvons ce travail de la main nue, non armée : exemples : blanchisseues, laveuses, mouleurs, modeleurs, ajusteurs, etc.

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Mais souvent le travailleur, soit qu'il veuille éviter un contact irritant où dangereux, soit qu'il ait besoin d’augmenter la puissance de l’action, arme sa main d'outils variés.

B. — Main considérée comme organe de préhension

Duchenne, de Boulogne, dans ses recherches par la méthode de l'exploration électro-musculaire, à étudié minutieusement le rôle et le mode d'action de chaque muscle. Il a fait la physiologie musculaire analytique de la main. Nous allons d’abord étudier le jeu isolé de chaque groupe musculaire, et en allant du simple au complexe, nous verrons comment leur action se combine pour produire cet acte en apparence si compliqué qu'est da préhension. Cette étude a en effet une très grande importance. Pour déterminer avec précision le taux de l'invalidité d'une infirmité de la main, il faut savoir jusqu'à quel point elle va entraver son utilisation et les diverses modalités de l’activité professionnelle.

Après l'étude de la physiologie de chaque groupement musculaire, nous essaierons de montrer le rôle de ces muscles dans les différents actes professionnels. :

Nous passerons successivement en revue les muscles de la flexion et de l'extension des doigts, les muscles de l'abduction et de l’adduction du pouce, et enfin les mus-

cles de l'opposition.

Flexion et extension des doigts. — En ce qui concerne les quatre premiers doigts, tout se ramène à l'étude de la flexion et de l'extension.

Les muscles extenseurs des doigts agissent physiologi-

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quement sur les premières phalanges, bien que leurs tendons se terminent à l'extrémité supérieure et postérieure de la deuxième phalange; l'expérience électro-muscu laire montre qu'ils n’agissent que très faiblement sur cette dernière phalange, tandis qu'ils étendent puissamment la première. Les extenseurs ne peuvent agir sur la phalange sans étendre en même temps la main sur l’avant-bras; pour parer à cet inconvénient, les fléchisseurs de la main entrent synergiquement en contraction et proportionnellement à la force de contraction des extenseurs ; la main est maintenue ainsi entre: ces forces contraires, la paralysie de ces membres est due à la lésion du nerf radial. Lorsque l’extenseur commun est seul paralysé, l'index et le petit doigt peuvent encore être étendus par leurs extenseurs propres qui produisent l'extension de leurs premières phalanges et les dirigent en dedans.

Les interosseux et lombricaux commandent trois mouvements :

a) L'extension des deux dernières phalanges;

b) La flexion des premières phalanges;

c) L’abduction et adduction des doigts.

Les interosseux dorsaux sont abducteurs (par rapport à l'axe de la main); les interosseux palmaires sont adducteurs. Les lombricaux sont les auxiliaires des mouvements de flexion et d'extension, mais sont sans action sur les mouvements de latéralité.

Les museles sont innervés par le cubital.

Ainsi l'extension complète des doigts nécessite, d’une part l'intervention des extenseurs; et d'autre part, celle des interosseux et des lombricaux.

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