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L'extension joue un rôle important dans l'exercice de certains actes professionnels, par exemple, pour imprimer à une feuille de métal un mouvement de translation (laminoir, perceuse). Les doigts, en extension complète, appuient sur l'objet et guident son déplacement. De même dans la préhension, les doigts sont obligés de s étendre pour ouvrir la main qui se prépare à prendre,
La flexion des doigts est produite d’abord par les muscles fléchisseurs superficiels et profonds. Ils ne fléchissent pas les trois phalanges mais seulement les deux dernières. Leur action est faible, ils ne les fléchissent que secondairement à la flexion des dernières phalanges : flexion par enroulement des doigts s’opposant à la flexion en volet déterminée par les interosseux et par les lombricaux. (J. Froment.)
Les muscles sont innervés par le médian et par le cubital. Les sujets dont les fléchisseurs superficiels et profonds sont paralysés, ne peuvent plus fléchir les deux dernières phalanges sur les premières, ils conservent cependant le pouvoir de fléchir les premières phalanges, mais ce mouvement est alors inséparable de celui d’extension de ces deux dernières.
Ainsi la flexion peut être réalisée de trois manières différentes: par les fléchisseurs communs seuls, par les interosseux et lombricaux seuls, et enfin par l’action combinée et successive de ces deux groupements musculaires. La flexion est à la base des principaux mouvements de préhension, les doigts se fléchissent pour appréhender l'objet et le mode de flexion varie suivant le type de préhension; il y a presque toujours participation du pouce. Il existe cependant un mode de préhension
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réalisé par les quatre derniers doigts souvent sans le secours du pouce; sous l’action des fléchisseurs communs, ces doigts se replient et forment une sorte de crochet, c'est le geste d’un porteur de paniers à anse. Dans certains cas, le pouce peut alors jouer le rôle de fermoir, dans le porte mousqueton, en s'appliquant contre le crochet ainsi réalisé, grâce à l’action de ses adducteurs. (J. Froment.)
Abduction et adduction du pouce, muscles de l’opposition. — Dans tous les autres modes de préhension, le pouce intervient plus activement, il constitue l’une des branches de la pince qui sert à appréhender. Les muscles de l'opposition sont : l’opposant, la portion externe du court fléchisseur, le court abducteur. L’opposant n’agit que sur le premier métacarpien. Le faisceau externe du court fléchisseur exerce sur le premier métacarpien la même action que le précédent; de plus, il incline latéralement la première phalange qu'il fait tourner sur son axe longitudinal de manière à opposer la pulpe du pouce à l’auriculaire, il étend la deuxième phalange sur la première; c’est l’opposant phalanginien du pouce. Le court abducteur produit aussi l'opposition du premier métacarpien et l'extension de la deuxième phalange du pouce. Son action diffère de celle du court fléchisseur en ce qu'il incline la première phalange plus en avant; il oppose le pouce à l'extrémité de l'index et du médius fléchi à angle droit sur la main (attitude des doigts imitant le bec de canard). (J. Froment.)
C'est le plus important des muscles de l’éminence thénar, c’est l’opposant phalangettien.
La paralysie de ce muscle occasionne un trouble
sérieux en raison du privilège dont il jouit de mettre en rapport le pouce avec les phalangettes des doigts infléchis sur lui. Le pouce peut encore être opposé aux quatre doigts par la portion externe du court fléchisseur, mais sa pulpe ne peut plus atteindre que la deuxième phalange. Si le malade veut tenir un objet quelconque entre les doigts et le pouce, il est forcé de maintenir sa première phalange dans l'extension pendant qu'il fléchit les deux derniers. Cette attitude du pouce et du doigt amène une fatigue rapide et cause de la maladresse. La perte de la portion externe du court fléchisseur prive les malades du pouvoir d’opposer le pouce aux deux derniers doigts; les malades n’éprouvent cependant pas une grande gêne grâce à leur court abducteur qui dessert les deux premiers doigts, les plus utiles dans l'usage de la main.
Lorsque les muscles de l’éminénce thénar sont atrophiés (lésion du médian), le pouce obéit à l’action tonique de son long extenseur, son métacarpien se place sur le plan du second métacarpien et sa pulpe regarde en avant comme les doigts. Gette déformation rappelle l’attitude du pouce chez le singe.
L'’adduction du pouce est sous la dépendance du muscle adducteur et du faisceau interne du court fléchisseur. Ces muscles sont innervés par le cubital; mais, après paralysie de l’adducteur, le pouce peut encore être rapproché du bord externe de l'index, grâce à l’action synergique du long extenseur et du long fléchisseur du pouce. Le muscle long extenseur étend à la fois les deux phalanges et le premier métacarpien qu'il approche un peu du second. Le court extenseur est le seul abducteur réel
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du premier métacarpien. Le long fléchisseur fléchit surtout la seconde phalange. Le long abducteur ineline le premier métacarpien en avant, La paralysie du long extenseur place le pouce en opposition continue: l’impossibilité de le relever et de le placer hors la main rend celle-ci maladroite. La paralysie du long adducteur ne porte pas grand trouble dans l’usage de la main, mais, si à cette paralysie s'ajoute celle du long extenseur du pouce, le premier métacarpier est alors placé d'une manière continue dans une opposition et dans une adduction encore plus grande et, en même temps, les deux phalanges du pouce sont infléchies dans la paume de la main: le pouce est donc enfermé dans la main lorsque le sujet ferme celle-ci. Par le fait de la paralysie du long fléchisseur, les mouvements de la deuxième phalange sont complètement abolis et l’articulation phalango-phalangienne ne tarde pas à s’ankyloser. Les usages de la main en sont gênés. L'absence du court extenseur occasionne de la difficulté dans le dessin, l'écriture.
Ainsi tous ces muscles, dont nous venons de passer sommairement en revue la physiologie: muscles de la flexion et extension, muscles de de l’adduction et de l'opposition du pouce, tous ces muscles, disons-nous, combinent leur action pour produire les divers modes de préhension que nous allons rencontrer dans toutes les branches de l’activité professionnelle.
La main qui saisit l’outil procède de divers modes de préhension qu’on peut diviser en deux grandes classes : la préhension à pleine main et la préhension digitale.
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Préhension à pleine main. -— Pour les outils lourds. à manches cylindriques, c’est la préhension à pleine main avec plus où moins d'effort. Les doigts s’enroulent, forment fourreau; le pouce rabattu sur eux, s’opposant à l'index, au médius, constitue un anneau brisé appelé anneau pollici-digital (Rémy). Plus cet anneau constricteur est complet, plus il est fermé solidement par de bons muscles, plus la prise est efficace. En effet, lorsqu'il est mal fermé, l'instrument que tient la main peut s'en échapper; exemple: instrument trop gros, main trop petite. La perte totale du pouce supprime l’anneau de fermeture. La perte de la phalange ungéale, les factures anguleusement consolidées les métacarpiens ou de la phalange, enfin les raideurs d’une des articulations : de l’index sans empêcher absolument la préhension de l’outil, rendent nécessaire la réduction du volume de leur manche.
L'ankylose terminale des doigts est moins grave dans ses conséquences que l’ankylose de la racine. L’intensité de l'effort développé par le travailleur, armé d’un outil à manche cylindrique, est proportionnée au plus ou moins d’intégralité de son pouce.
Un moignon de pouce de quelques centimètres est précieux, car dans les métiers qui n’exigent pas d'effort, il suffit à compléter l'anneau pollici-digital, dont nous avons parlé plus haut, si utile à la préhension. Le pouce est done le plus important des doigts; d'un autre côté, la longueur du fourreau digital formé par les quatre doigts fermés dans la paume, est digne de considération; elle contribue à assurer l’adhérence de l'instrument à la main et à faciliter, par suite, sa direction. Aussi cette
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pince, formée par la totalité des doigts fléchis, lorsque ces doigts sont au complet, permet à l’ouvrier d’empoiener énergiquement le manche de l'outil: le rôle principal, dans cette pince, est joué par le pouce et l'index; les trois autres doigts ont un rôle d'arrêt. L’auriculaire peut jouer un rôle très important dans cette sorte de pince; lorsque, par exemple, le médius et l’annulaire manquent, dans ce cas, à lui seul, est dévolu ce rôle d'arrêt dont nous venons de parler. Ainsi l’auriculaire, par sa position extrême qui l'expose, dans le moindre mouvement, à tous les contacts, qui en fait, dans la préhension des objets, le principal agent de cette pince dont le pouce forme l’autre moitié; par la multiplicité des muscles insérés sur lui et sur son métacarpien qui lui donnent des ressources dont sont privés les doigts voisins, l’auriculaire, disons-nous, a une valeur fonctionnelle très importante. Sa perte diminue la solidité de la main dans une très forte proportion. Par contre, la disparition d’un des doigts intermédiaires n’a qu'une faible importance si le pouce, l'index et l’auriculaire sont intacts. Si deux doigts du bord cubital disparaissent, la main perd beaucoup de sa force, et, avec trois doigts de moins, elle est réduite à une pince interdisant les travaux pénibles.
Le pouce, s’opposant à l'index, réalise une pince d'un autre genre.'Lorsque la phalange du pouce s'oppose à la pulpe de l'index, nous avons une pince de finesse; elle est réservée à la préhension très délicate: c’est le geste classique du tireur d’épines, c’est un mode de préhension usuelle que requiert fréquemment, par exemple,
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l’industrie de l'horlogerie. C’est la pince délicate à branches courbes de J. Froment.
La phalange du pouce peut s'opposer à la pulpe des autres doigts. Dans l'imprimerie, c’est le geste du tireur qui guide la feuille, c'est la façon de saisir l’étoffe dans les professions féminines.
Le pouce peut encore s'opposer à l'index et au médius rabattus à angle droit sur la main: c’est le geste du graveur qui tient son burin.
Le pouce, s'appliquant contre le bord externe de l'index replié sous lui, constitue un mode de préhension très usité lorsqu'on saisit un objet mince et qu’on s’apprête à résister à une forte traction (signe du journal de J. Froment). La prise du couteau, de la scie à métaux, de la lime triangulaire ou tiers-point n’est qu'une variante de ce mode de préhension. Le mouvement du pouce est le même que dans le type précédent, mais la deuxième branche de la pince est alors constituée par le bord externe du médius replié sous le pouce et non plus par le bord externe de l'index. Celui-ci à été redressé et il vient, sous l’action des interosseux, se rabattre sur l’objet saisi.pour servir de guide et de renfort, les derniers doigts en embrassant le manche de l’outil contribuent ainsi à le fixer énergiquement.
Un dernier mode de pince, très usité, que nous appelons pince à griffes, est réalisé par la flexion des deux dernières phalanges des quatre doigts, la flexion de la première phalange du pouce avec légère participation du mouvement d'opposition. Cette pince requiert l’intégrité des phalanges onguéales, le simple arrachement de l’ongle avec conservation de la phalangette suffit à
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créer une gêne souvent très importante dans l'exercice de certains mouvements professionnels. Cette pince à griffe, d'application courante, se rencontre en particulier dans les professions féminines où on manie l’étoffe.
Pour en terminer avec cette physiologie des mouvements, nous rappelons que la main, dans le travail, joue une rôle de propulsion et de direction. Certains outils, dont le manche est terminé par une partie sphérique, sont dirigés seulement par les doigts et n’accomplissent leur travail utile que par suite d’une pression de Ja main; exemple: la plane des menuisiers, la bèche des agriculteurs.
C'est le talon qui donne le coup de pression, comme le montrent les callosités rencontrée{ au niveau de l'éminence thénar, par suite du frottement du montant de la scie. L’éminence thénar, formée par le premier métacarpien comme squelette, et bien matelassée sur sa face antérieure par les muscles moteurs du pouce, forme un coussin sur lequel se moulent les divers objets saisis, et, tout en les fixant, peut les diriger. L’éminence hypothénar remplit le même rôle que l'éminence thénar, mais moins mobile, moins facilement dirigeable, elle sert de point d'appui, Le creux de la main s’interpose entre l’éminence thénar d'un côté, et l’éminence hypothénar de l’autre, il permet à ces deux organes contraires une plus grande indépendance d'action et aide chacun d’eux e nmettant osbtacle au corps qui, comprimé par ces deux forces, tenterait de s'y soustraire s'il n'existait pas. C’est là, par exemple, que se fixe le manche de la gouge du sculpteur. Dans la pratique, les deux mains n'ont pas la même valeur. Le plus
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souvent, il existe une prépondérance habituelle d'une des deux mains, elle a la force et la dextérité: c’est la main active. L'autre lui vient à l'aide: c'est la main passive. Certains ouvriers ont le privilège de faire jouer à lune ou l’autre à volonté le rôle actif: ce sont les ambidextres. /
Ainsi l'étude de la physiologie de la main dans le travail nous amène à conclure qu’au point de vue capacité ouvrière, la main vaut surtout par la préhension ; elle l’exercera avec d'autant plus de force et d’agilité que les doigts seront plus aptes à remplir le rôle qui leur est dévolu. Mais, une main mutilée, peut-elle récupérer tout ou partie de sa capacité professionnelle; en un mot, l’ouvrier peut-il s'adapter à son infirmité ? Si oui, quelles sont les circonstances qui peuvent favoriser cette adaptation ? Nous allons les passer en revue dans les chapitres suivants en étudiant les conditions de ladaptation.