CHAPITRE II
L'adaptation - Ses conditions
Lorsqu'un ouvrier est victime d'un accident du travail, il est des cas où, malgré la persistance de lésions anatomiques, son état se modifie heureusement au point de lui rendre sa pleine validité professionnelle.
Les faits connus depuis longtemps, sont désignés par les auteurs sous des noms différents, mais qui, au fond,
lu
expriment la même idée:
Atténuation des accidents (Bernacchi) :
Accoutumance (Allemagne) ; Accommodation (Rémy).
Guermonprez, en 1884, avait déjà signalé des cas d'accoutumance remarquable à la suite d'accidents
graves.
Blasius (1894), et Lauenstein (1893-94), en Allema-
gne, commencent l'étude de ce phénomène. Ces auteurs
HSOGEE
publient l'observation de nombreux blessés capables d'accomplir des travaux difficiles, en gagnant un salaire normal et malgré des mutilations parfois étendues.
Lauenstein montre qu'il est possible, à un ouvrier ayant perdu le pouce droit, de manier des ciseaux avec dextérité.
Blasius rapporte le cas d’un porteur de chaux, qui gagnait le même salaire que ses camarades, depuis vingt-six ans, bien qu'il eût perdu tous ses doigts de la main droite moins l’auriculaire.
Sircoulon, en France. (1904-05), fait sa thèse sur «l’accommodation aux lésions » et montre que des incapacités de 40 % ont pu être réduites à 10 %.
Schaeche et Marcus produisent des statistiques de plus en plus complètes concernant l’accoutumance.
Rémy (1906), publie, dans son ouvrage sur « l'Evaluation des incapacités permanentes », une statistique de 84 cas dont plusieurs lui sont personnels, d’infirmités diverses accompagnées d’accoutumance.
Patry, (1907), rassemble 20 cas de mutilations des doigts et des mains. La conclusion que l’auteur tire de ces observations est que, dans la plupart des métiers, un ouvrier qui a perdu plusieurs doigts ou fragments de doigts, ne voit pas son salaire diminuer du fait de sa mutilation.
La Corporation du fer et de l'acier du Nord-Ouest de l'Allemagne publie, en 1908, une statistique comprenant 94 cas de mutilations des mains et des yeux, suivis d’accoutumance plus ou moins complète.
Julliard (1911), se basant sur une statistique personnelle de 307 cas de mutilation diverses, conclut que;