‹ Les diverses mutilations des mains: Leur adaptation aux nécessités professionnellesChapitre 9 sur 42 · HO EE · texte numérisé non relu

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souvent dans son voisinage, des troubles qui peuvent durer fort longtemps et sont sujets à la récidive.

Certaines blessures laissent, après leur cicatrisation, des troubles, tels que œædème, hypersensibilité, raideurs, etc., tous phénomènes qui retentissent d’une façon désagréable sur l’accoutumance.

Influence du temps

L'influence du temps écoulé est considérable. Plus on s'éloigne de la date de l’accident, plus l'adaptation se trouve réalisée. Les Allemands vont même jusqu'à admettre que, passé un délai suffisané, l'adaptation fonctionnelle à une mutilation peut être ipso facto considérée comme réalisée, même sans changement de l’état anatomique. Cette durée est d’ailleurs très variable suivant les accidents. Les changements qui s’opèrent dans l’ordre de l’invalidité, sont quelquefois fort lents et presque insensibles pendant plusieurs années. Ceci est facile à comprendre : l’adaptation étant en somme un réapprentissage de l’organisme lésé à effet de recouvrer sa valeur ouvrière diminuée accidentellement, exige un certain temps.

. Done, cette adaptation sera tantôt rapide, tantôt elle dépassera, pour s'établir, le délai de trois ans en dedans duquel peut être introduite une action en révision.

Rôle de certaines conditions individuelles

L'intégrité corporelle. — Il est essentiel, pour qu'un membre s’accoutume à une mutilation, que les organes voisins, et d’une façon générale le reste du corps, jouissent d’un état aussi parfait que possible.

Il est évident qu'un ouvrier présentant une affection de l'épaule ou du coude, par exemple, éprouvera plus de difficulté à s’accoutumer à une mutilation de la main. Pour les traumatismes des doigts surtout, l'intégrité du reste de la main est très importante : on s'adapte plus facilement à la perte d’un doigt si ceux qui restent ne sont pas ankylosés.

En cas de blessures graves ou de mutilations étendues, l'examen portera, comme d’ailleurs il doit toujours le: faire, sur l'organisme entier, et l’on devra s'assurer qu'aucune infirmité ou lésion en activité ne viendra faire obstacle à l’accoutumance.

A ce point de vue, l'influence d’un accident antérieur ne sera pas à négliger, mais ici encore, avant de conclure à une action défavorable de ce dernier, on devra déterminer dans quelle mesure l’organisme s’est accoutumé à ce premier accident, et si réellement il opposera un obstacle à l’accoutumance.

Certains ouvriers, atteints de maladie générale, peuvent éprouver de la peine à accomplir les efforts nécessaires pour l’adaptation fonctionnelle à une mutilation grave. Cependant un individu dont l'intégrité corporelle n’est pas intacte mais qui pouvait exercer sa profession avant l’accident, s’accoutumera le plus souvent à une mutilation. Par contre, une mutilation peut aggraver le pronostic d’une affection antérieure par le surmenage qu'elle imposera à la région malade.

Le caractère, l'intelligence. — Ce facteur joue un rôle indiscutable dans la production de l’accoutumance. Un individu énergique, doué d'une volonté ferme, décidé à lriompher des obstacles qui s'opposent à l'accomplisse-

notes

ment de son travail parviendra à un degré d'adaptation fonctionnelle parfois étonnant. On cite le cas d'un ouvrier ayant perdu la main et les deux-tiers de l’avant-bras æt qui, à force d'énergie, a réussi à accomplir le métier de manœuvre, dans une carrière, beaucoup mieux que ses camarades. On a cité de nombreux cas d'adaptation remarquable à des mutilations graves. Ces cas démontrent ce que peuvent produire persévéranee et volonté.

Au contraire, les ouvriers faibles se laissent influencer par de mauvais conseillers qui les poussent au chômage. C'est un devoir du médecin de faire appel à la bonne volonté des mutilés pour qu'ils fassent les efforts nécessaires à l’accommodation fonctionnelle.

L'intelligence est encore un facteur important de l’accoutumance. L’ouvrier intelligent saura se tirer d’affaire avec un membre estropié. Il s’ingéniera à remédier à son malheur par des combinaisons de mouvements qui ménagent l’adaptation du membre mutilé. L'ouvrier non intelligent mettra un temps beaucoup plus long pour reprendre une activité normale.

Donc, un certain degré d'intelligence semble nécessaire. « Il en est ainsi, soit que l'esprit de ressource et d'ingéniosité doivent être mis à contribution pour les dispositions nouvelles que demandera le travail habituel, avec des aptitudes réduites ou orientées de façon différente, soit qu'un changement de métier devienne obligatoire et que la profession qu'on pouvait embrasser exige quelqu'instruction ou d’heureuses dispositions intellectuelles. » (Rémy).

, A cet égard, les gens d'esprit lourd et les illettrés sont entravés dans le choix d’un nouveau métier.

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Par contre, l'éducation de l’ouvrier n’a pas toujours pour résultat une accélération de laccoutumance, parfois, au contraire, elle engendre la paresse.

Les dispositions personnelles. — En général, un membre supérieur est prédominant, nous avons montré qu'une main était active, l’autre passive, certains. ouvriers sont ambidextres. H n’est done pas indifférent que l'accident survienne d’un côté ou de l’autre, chez les droitiers comme chez les gauchers. Mais l’accoutumance n'est que retardée si l’accident atteint le membre prédominant. Il s'établit, le plus souvent, une suppléancedu membre opposé. Il n’est pas rare de voir qu'une muti-lation de la main gauche entravant la fonction prédominante de l'organe chez un gaucher, soit très vite sup-pléée par l’activité de la main droite et vice-versa. Certains ouvriers sont plus adroits d’un côté, plus forts de l’autre.

L'adaptation est encore influencée par d’autres phé-. nomènes, tels que la corpulence plus ou moins accusée. de la victime, sa souplesse, son agilité, ete.

Un ouvrier obèse s’accoutumera plus difficilement à certaines mutilations qu'un ouvrier « see ». L'agilité et l'adresse physique sont des qualités individuelles.

L'entraînement. — L'entrainement est d'une impor tance capitale dans la production de l’accoutumance. Plus la victime d’un accident reprend vite une activité: qui développera les fonctions de suppléance, plus. l'adaptation fonctionnelle se réalisera rapidement.

Ainsi, la reprise aussi précoce que possible du travail, constitue le meilleur entraînement qu’on puisse ima-—

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