‹ Les divisions administratives de l'Espagne romaineChapitre 5 sur 25 · III · texte numérisé non relu

III

L’ESPAGNE PRÉROMAINE 5

cultivés, ont cependant des usages bizarres et répugnants (1).

Les documents archéologiques manifestent et précisent ces inégalités de développement. Lorsque les Romains entrent en Espagne, certains cantons sont à peine sortis du stade néolithique (2). Dans des cas favorables à l'observation, l'archéologie montre clairement l'existence de compartiments isolés, étanches : Ebusus (Iviza) est un foyer purement punique, Emporiae (Ampurias) est une ville toute grecque. Ailleurs, les résultats sont plus complexes, mais n'ont pas plus d’uniformité. Les influences gréco-orientales transmises par les comptoirs grecs et phéniciens ont produit dans la région d’Alicante et de Murcie un art qui est le plus original et le plus heureux qu’ait connu l'Espagne ancienne, en céramique et surtout en sculpture. En Andalousie, l’élément punique, qui a remonté la vallée du Baetis, tient dans l’art local la place que tient l’art gréco-oriental autour d’Alicante et de Murcie. En Celtibérie, l'invasion celtique a donné à la céramique ibérique une physionomie tout à fait spéciale, en la dotant de thèmes et de tons nouveaux. Dans le même temps, le Centre et l'Ouest en sont encore à dresser sur les tombeaux des monuments très barbares, quadrupèdes informes ou guerriers grossièrement ébauchés.

Autant qu’on peut en juger, le commerce n'existe guère que sous forme de commerce extérieur, avec les Grecs et les Carthaginois, à l’aide de la monnaie sur les côtes orientale et méridionale, par troc ou au moyen de lingots dans le reste du pays. Il n’y a pas ou presque pas de commerce intérieur, d’une région espagnole à l’autre : chaque peuplade est une cellule économique isolée.

Il n’y a pas non plus d'états organisés politiquement.

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