XXXV
(7) Étienne de Byzance, articles "Apéourxékn et ’Eluavrix (éd. Meineke, Berlin, Reimer, 1849, p. 111 et 269).
(8) De même encore Strabon, III, 4, 7 (rñs évrôcs ”’Iônpos...rns Ents).
si elle s’arrétait à l'Ebre. On ne prit pas non plus comme limite le Turis, ni le Sucro, ni le Tader (Segura), malgré l'habitude qu'avaient les Romains de faire coïncider les frontières avec les cours d’eau les plus importants. La limite entre Citérieure et Ultérieure fut portée au delà de Carthagène, vraisemblablement à l’un des petits rios qui se jettent à la mer un peu à l'Ouest de Carthagène, soit au rio de Mazarrôn, soit au rio Nogalte.
Etienne de Byzance (1) nous a conservé en effet un texte d’Artémidore, qui indique ainsi la limite des deux provinces : la Citérieure s'étend péyer this nouvñs Kaoynddvos at téy Toù Baitios rayév, l'Ultérieure péypr l'adeiorv nai Aovortavias. Si uéyer a le même sens devant tñs suivis Kapynôévos que devant laüsiowv, il faut comprendre « jusqu’à Carthagène .inclusivement ». Les cours d’eau regardés comme les sources du Baetis, à l’époque républicaine, sont le Guadalén et le Guadalimar, sortis du saltus Castulonensis (cerros de Villamanrique et sierra de Alcaraz); c’est à partir de Pline seulement (2) qu’on reconnaîtra comme origine véritable du Baetis le cours d’eau qui vient du saltus Tugiensis (sierra de Cazorla), et qui a toujours été considéré depuis comme le haut Guadalquivir, le Guadalimar (grossi du Guadalén) étant un affluent de droite (3). Le texte d’Artémidore nous invite donc à mettre en Citérieure d’une part Carthagène, d’autre part les sources du Guadalén et du Guadalimar, mais non le saltus Tugiensis. Il s'accorde avec le passage où César (4) indique comme limite de l’Ultérieure vers la Citérieure le saltus Castulonensis : aduentu L. Vibullii Rufi, quem a Pompeio missum in Hispaniam demonstratum est, Afranius et Petreius
(1) Art. ’Iénpla (éd. Meineke, p. 323-325).
(2) Hist. Nat., III, 9.
(3) Voir Franz Braun, Die Entwicklung der spanischen Provinzialgrenzen in rômischer Zeit (17° fascicule des Quellen und Forschungen zur alten Geschichte und Geographie de W. Sieglin, Berlin, Weidmann, 1909, 138 p.), p. 83-93.
(4) De Bello ciuili, I, 38, 1-2. :
L'ESPAGNE A L'ÉPOQUE RÉPUBLICAINE rh
et Varro, legati Pompei, quorum unus Hispaniam citeriorem < tribus legionibus, alter ulteriorem > (1) a saltu Castulonensi ad Anam duabus legionibus, tertius ab Ana Vettonum agrum Lusitaniamque pari numero legionum obtinebat, officia inter se partiuntur, uti Petreius ex Lusilania per Vettones cum omnibus copiis ad Afranium proficiscatur, Varro cum its quas habebat legionibus omnem ulteriorem Hispaniam tueatur. Comme il s’agit pour César de désigner d’abord toute la partie de l’Ultérieure qu’occupent les légions de Varron, et comme il est évident que les Pompéiens n’ont pas laissé la côte sans défense, la phrase de César implique que, du saltus Castulonensis, la frontière rejoignait la Méditerranée par le plus court chemin : ce qui la fait passer entre la source (véritable) du Baetis et celle du Tader, puis par le mont Orospeda, et enfin arriver à l’Ouest-Sud-Ouest de Carthagène.
Au surplus, rien ne permet de supposer que la limite entre Citérieure et Ultérieure, sur la côte, ait été déplacée de 197 au règne d’Auguste ; or, dans la première partie du règne d’Auguste, Carthagène appartenait à la Citérieure. Si Pline et Orose indiquent simplement que, sur la carte d’Agrippa, la frontière était à Carthagène, sans préciser si elle se trouvait à l'Est ou à l'Ouest de cette ville (2), Pomponius Mela (3), décrivant aussi l'Espagne des premiers temps d’Auguste, attribue formellement Carthagène à la Citérieure, Urci (région d’Almeria) à l’Ultérieure.
On s'explique ainsi que les expressions ultra Nouam Carthaginem et Hispania ulterior apparaissent comme équivalentes dans un récit de Tite-Live (4) : en 180, un M. Fulvius est condamné à la relégation : senatus consultum jactum est,
(1) La correction (addition de ces quatre mots) est certaine ; cf. 39, 1.
(2) Pline, III, 16 : cum termini Carthaginem usque procederent ; Orose, I, 2, 73 : Hispaniam citeriorem... Garthago determinat.