ET IMITATIONS XLV
avec quelques changements. Les imitations que nous avons signalées à propos de la nouvelle XII se rapportent également à celle-ci. Nous ajouterons à ces imitations celle qui se trouve dans le Joyeux Kéveil-matin des esprits mélancoliques (Rouen, 1626, in-8).
Nouv. XLVII. Les deux Mulles noyées. — Leroux de Lincy a retrouvé l'origine historique de cette Nouvelle, dans un vieux dictionnaire manuscrit des Beautés et choses curieuses du Dauphiné. Voici le passage qu'il en a extrait :
« Dans la rue de Cleres, à Grenoble, on voyoit autrefois sur le portail de la maison de Nicolas Prunier de Saint-André, président au parlement de Grenoble, un écusson de pierre soutenu par un ange, et portant pour armoiries d'or à un lion de gueule (ces armes étoient celles de la famille Caries, éteinte au dix-septième siècle). L'ange qui supportoit l'écusson tenoit l'index d'une de ses mains contre sa bouche, d'un air mystérieux et comme indiquant qu'il faut savoir se taire. Chaffrey Caries, président unique au parlement de Grenoble, en i5o5, Tavoit fait mettre sur cette maison, qui lui appartenoit. Cet homme sut, en effet, dissimuler assez longtemps, avant que de trouver l'occasion de se venger de l'infidélité de sa femme, en la faisant noyer par la mule qu'elle montoit