‹ Les dixChapitre 4 sur 30 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

je n'en dois pas moins défendre mes droits et faire respecter la pri'sùance.

riQUELLI.

Comment ?

HÉLINO.

(.'est à moi qu'il appartient d'apposer mon nom le premier.

PIQUELLI , ricanant.

Et pourquoi ?

BÉLINO.'

Pourquoi?.. La plaisante^uestion !.. Je siégeais avant vous au Conseil.

PIQUELLI.

Oui ; mais ma noblesse l'emporte sur la vôtre de deux siècles au moins.

BÉLIXO.

l'n IZiSO , on comptait déjà deux doges dans ma famille.

PIQUELLI.

Et dans la mienne , un pape !

(Il signe.) BÉLINO , avec ironie.

Au fait J'avais tort... Puisqu'il s'agit de dangers à courir et du renvoi d'un séducteur, vous avez bien fait de prendre la plume.

PIQUELLI.

Que voulez* vous dire?

BÉLINO.

Dans cette affaire , c'est an plus effrayé à signer le premier.

PIQUELLI.

Au plus effrayé ?

Quand on a une femme jeune, jolie , et surtout coquette...

PIQUELLI.

Alors , j'aurais dû vous céder le pas , car la vôtre est très sensible aux hommages.

BÉLINO.

Vous cherchez en vain à mïnspirer des craintes.

PIQUELLI.

Vous ne réussirez pas à me donner de l'ombrage.

BÉLINO,

Je suis sûr de la vertu de ma femme.

PIQUELLI.

La mienne est^sévère, farouche...

BÉLINO.

On peut l'apprivoiser.

PIQUELLI.

C'est, du moins, une peine qu'on n'aurait pas auprès de la vôtre.

BÉLINO.

Quelle calomnie ! Voyons , parlez, et si vous savez quelque chose...

PIQUELLI.

Je serai discret, (a part.) Je ne sais rien, mais je voudrais bien...

BÉLINO, à part.

Serais-je content, si j'apprenais,..

PIQUELLL

Mais, trêve à nos discussions particulières pour ne songer qu'aux affaires de l'État... Nous devons, ce malin, nous trouver au lever du Doge... Venez, seigneur Bélino.

BÉLINO, avec liuaieur.

Je vous rejoindrai dans un instant,

PIQUELLI, avec ironie.

Au revoir, mon cher collègue.

(Il sort.) SCÈNE II.

BÉLIiNO, seul.

Maudit Piquelli!.. il m'a fait un mal!.. Je serai dtscret, a-t-il dit... Saurait-il quelque chose?.. Non! c'est pour se venger... Cependant, il m'a paru sûr de son fait... Diable! il serait cruel d'être abusé , tandis que j'empêcherais les autres de l'être. Voyons, voyons... le Doge n'est pas encore visible ; j'aurai le temps de causer un instant avec Silvia, et je saurai bien découvrir... La voici !..

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