‹ Les dix soirées malheureusesChapitre 14 sur 53 · XXVIII AVIS PRELIMINAIRE · texte numérisé non relu

XXVIII AVIS PRELIMINAIRE

français, peu au fait de la langue et des usages du pays, ne savaient à qui s'adresser pour faire exécuter leurs ordres, et faire rentrer les contributions. Partout des résistances partielles avaient lieu ; les rues de la ville présentaient un aspect morne et farouche , et les Français isolés n auraient pu se hasarder à la parcourir sans danger. La suppression du divan avait été plus nuisible encore aux Français, que pénible pour les habitans.

Un tel état de choses ne pouvait durer. Le général en chef se décida à rendre à la ville son divan ; mais il présenta cette détermination de son habileté politique, comme un acte de clémence , et comme le gage d'une confiance mutuellement; rétablie.

Les habitans accueillirent, par les trans-

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ports de la joie la plus éclatante cette concession , à laquelle ils étaient loin de s'attendre. Des illuminations brillantes manifestèrent l'allégresse publique, et un grand dîner eut lieu chez le général en chef.

À ce dîner , furent invités les plus marquans des généraux français, les principaux chefs d'administrations, et, non-seulement les membres du divan rétabli , mais encore les personnages de la ville les plus remarquables, soit par leurs richesses, soit par leur popularité.

La réunion était brillante et nombreuse, et l'accord que présentait l'hilarité générale offrait l'image d'une belle soirée dans laquelle un air calme et un ciel pur succèdent à un violent orage.

On se place : tous les cheykhs d'un côté,

leur ignorance de la langue française leur i c

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