‹ Les dix soirées malheureusesChapitre 34 sur 53 · HISTOIRE D ABD-ERRAHMAN. II · texte numérisé non relu

HISTOIRE D ABD-ERRAHMAN. II

Jugez quelle fut mon agréable surprise en entendant Alymèh, qui m'avait écouté avec une attention toute particulière, me répondre par ces ver$ :

En amour comme en amitié, Un cœur qui n'aime qu'à moitié Au miea ne pourra jamais plaire :

En amour comme en amitié, Pïul partage n'est nécessaire* Du cœur qu'il aime, un cœur sincère Veut posséder le tout , et non pas la moitié ; Le bocbeur se trouve lié

A cette po^t^io* entière : ' *' '

En amour comme en amitié, Faire les choses à moitié, Vaut autant que ne pas les faire.

J'embrassai vivement ma femme, et, enchanté de la marque qu'elle me donnait de son goût pour la littérature, je lui récitai à mon tour quelques vers pour l'assurer de ma tendresse : elle sembla les entendre avec un grand plaisir; alors oubliant la réserve que je m'étais promis de mettre dan* l'offre de mes histoires, je crus Toc-

casion si favorable pour me faire écouter de mon interlocutrice que je ne pus me résoudre à la laisser échapper.

Je crus cependant devoir la prévenir un peu sur l'effet que jusqu'à présent avaient eu mes récits , et je lui racontai même dans tous ses détails l'accident qui était arrivé à ce sujet à ma première épouse.

Alyméh, jalouse de l'emporter en tout sur sa rivale et de la supplanter entièrement dans mon cœur, me promit l'attention la plus soutenue : pour m'en donner un gage certain et incontestable , elle m'offrit d'elle-même d'écouter debout ma lecture , bien sûre que, par cette position , je n'aurais plus le moindre doute de la victoire qu'elle aurait remportée sur ce sommeil fatal, qui jusqu'alors avait frappé tous mes auditeurs de son influence vraiment magique.

J'acceptai avec joie cette preuve de dé* voûment, et Alymèh s'étant placée devant moi debout, sans aucun appui/ je com-

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niençai à lui lire l'histoire suivante, où je démontrais les effets funestes de la jalousie, dont les suites retombent toujours sur celui qui avait voulu en rendre son rival victime.

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