CONCILE DE LYON, L'AN
Cinq cents évoques , soixante-dix Abbés, et environ mille autres prélats inférieurs constituaient l'auguste assemblée. Le Concile se tint dans l'église métropolitaine de Saint-Jean. Placé sur un jubé construit pour la circonstance, revêtu des habits pontificaux, le Pape Grégoire X était assisté de plusieurs cardinaux, Dans la nef de l'église, sur des sièges élevés, étaient les patriarches de Constantinople et d'Antioche. D'un côté se trouvaient les cardinauxévéques, parmi lesquels saint Bonaventure et Pierre de ïarantaise ; de l'autre côté étaient les cardinauxprêtres; ensuite venaient les primats, les archevêques, les évoques , les Abbés , les prieurs en très grand nombre ; puis les ambassadeurs des rois de France, d'Allemagne, d'Angleterre, de Sicile et de plusieurs autres princes ; les grands-maîtres de l'Hôpital et du Temple et les députés des chapitres.
I''^ Session, 7 mai. — Après les prières d'usage, le Pape prononça un discours ; il exposa les motifs
de la convocation du Concile : ce sont les secours à procurer à la Terre-Sainte , la réunion des Grecs et la réformation des mœurs.
11^ Session. — Des constitutions touchant la foi y furent publiées ; on congédia tous les députés des chapitres, les Abbés et les autres prélats inférieurs.
Ill^ Session., 7 juin. — Le Concile fit douze constitutions relativement aux élections des évêques et aux ordinations des clercs. Elles renferment entre autres choses ceci :
lo Ceux qui s'opposent aux élections et en appellent , exprimeront dans l'acte d'appel tous leurs moyens d'opposition ; ils ne seront plus admis plus tard à en proposer d'autres.
2° Dans les élections, si les deux tiers sont d'un côté, l'autre tiers ne sera admis à rien objecter contre l'élection ou contre Félu.
3^ Quoique les appels des élections doivent être portés au tribunal du Saint-Siège , comme causes majeures , toutefois si Tappellation interjetée est sans fondement , elle ne sera point portée devant le Saint-Siège.
4'^ Les avocats et les procureurs feront serment de ne soutenir que les causes justes, et le renouvelleront chaque année.
Le Concile suspendit ses séances jusqu'à l'arrivée des Grecs.
IV^ Sessioyi , 8 juillet. — Les Grecs, envoyés au Concile par l'empereur Michel , étant arrivés , on
tint la quatrième session. Les délégués étaient Germain, ancien patriarche de Clonstantinople , Théophane, métropolitain de Nicée et plusieurs sénateurs. Le Pape exposa les trois causes de la convocation du Concile. On lut la traduction en latin de la lettre de l'empereur Michel et de celle des évoques. La première contenait la confession de foi envoyée, sept ans auparavant, à Michel par le Pape Clément IV. L'empereur disait. «Nous reconnaissons cette foi pour vraie catholique et orthodoxe , et nous la confessons de cœur et de bouche ; nous promettons de la garder inviolablement. Seulement nous prions que notre Église dise le symbole, comme elle le récitait avant le schisme, et qu'elle conserve ses usages ». On lut la lettre des évêques , qui étaient au nombre de trentecinq. Ensuite George Acropolyte , grand logothète , lit au nom de l'empereur , le serment par lequel il abjurait le schisme, acceptait la foi de l'Église romaine , dont il reconnaissait la primauté. Le Te Deum et le symbole furent chantés d'abord en latin ; ensuite le patriarche chanta le symbole en grec et l'addition du « Filioque procedit » fut entonnée deux fois.
V^ et F/e Session , 16 et 17 juillet. — On y lut quatorze constitutions. La première réglait la manière dont on doit procéder à l'élection du Pape. La deuxième frappe d'excommunication de plein droit ceux qui auront permis de tuer ou de saisir un juge ecclésiastique, qui auront permis de le mo-
lester clans sa personne, ou clans ses biens, pour avoir prononcé C[uek|ue censure contre les rois, les princes, les officiers ou cjuelcjue personne que ce soit.
Les autres constitutions contiennent divers canons contre les bigames , sur le respect dû aux églises , contre les usuriers manifestes, à qui on défend de donner l'absolution et la sépulture ecclésiastique.
Il fut question aussi dans ce Concile des événements de la Terre-Samte. Le Pape fit faire un recueil de toutes les constitutions publiées par l'assemblée. Il renferme trente-un articles , insérés plus tard dans le texte des décrétâtes.