‹ Les Doctrines catholiques; ou, exposition des vérités enseignées dans l'église réunie, depuis Nicée jusqu'à la ive session du VatinChapitre 18 sur 98 · SEIZIÈME CONCILE ŒCUMÉNIQUE · texte numérisé non relu

SEIZIÈME CONCILE ŒCUMÉNIQUE

CONCILE DE FLORENCE, L'aN 1439, SOUS EUGÈNE IV.

Le Concile fut une continuation de celui de Ferrare. Il est regardé comme œcuménique.

I^ Session. Comme le patriarche de Constantinople ne put s'y rendre, pour cause de maladie, toute la discussion s'établit entre le cardinal Julien et Tempereur des Grecs, Jean Paléologue. Ce souverain, au rapport des historiens , était instruit et versé dans les matières de théologie. Il fut résolu de chercher de part et d'autre quelques moyens de réunir l'Église grecque à l'Eghse latine.

11^ et III^ Sessions. — Le dogme de la procession du Saint-Esprit fut discuté. Jean, provincial des Dominicains et théologien des Latins, prouva par rÉcriture, par la Tradition et par des raisonnements solides, que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. 11 expliqua ce qu'on devait entendre par le terme de procession. Procéder, selon lui, était recevoir l'existence d'un autre. Marc d'Ephèse, ayant admis cette proposition, Jean continua son

argumentation en disant : Celui de qui l'Esprit-Saint reçoit l'être dans les personnes divines, en reçoit aussi la procession ; or l'Esprit-Saint reçoit l'être du Fils , donc il en reçoit la procession suivant la propre signification de ce terme. Mais Marc ayant nié que le Saint-Esprit reçût l'être du Fils, Jean le prouva par plusieurs arguments décisifs et réfuta victorieusement toutes les objections opposées par son adversaire à sa brillante démonstration.

IV^ Session. — Le même théologien montra, dans plusieurs exemplaires de saint Basile, apportés de Constanlinople , que le Saint-Esprit ne procède pas seulement du Père, mais aussi du Fils.

F^, FJe et VII^ Sessions. — On vérifia les témoignages de saint Basile , et on discuta la valeur et l'autorité des assertions de ce grand docteur de l'Église.

VIII^ et IX^ Sessions. — Jean y parla longtemps avec beaucoup d'érudition et de netteté ; et il fit voir que parmi les Pères grecs, qui ont parlé de la procession du Saint-Esprit, plusieurs ont exprimé en termes formels ou équivalents sa procession du Père et du Fils ; ceux qui ont parlé seulement de la procession du Père , n'ont jamais entendu par là exclure celle du Fils. En outre, il expliqua comment on peut entendre ces deux propositions per et ex dont on se sert pour exprimer la procession du Saint-Esprit. J^e résumé de ce magnifique discours fut laissé entre les mains des Pères.

Les Grecs fui^ent pai'tag\'S d'opinion ; les uns étaienl pour Funion ; de ce nombre se trouvaient l'empereur et Bessarion de Nicée ; les autres avec Marc d'Épbèse s'y opposaient. Des négociations furent entamées : on examina l'écrit de Jean. Marc le taxait d'hérésie. Bessarion était d'un avis contraire. Il fallait rendre gloire à Dieu , disait ce dernier , car la doctrine des Latins était la même que celle des anciens Pères de l'Église grecque, et on devait expliquer ceux qui avaient parlé d'une manière incomplète, par ceux qui s'étaient exprimé avec clarté, et d'une manière explicite. Dans un long discours, il appi'ouva le sentiment des Latins siir la procession du Saint- Esprit , réfuta les objections des Grecs, et fmit eu exhortant ses collègues à revenir à la grande unité catholique. Son sentiment fut appuyé par George Scholarius, un des théologiens grecs.

Le Pape et l'empereur, de concert, désignèrent de part et d'autre des personnes pour indiquer les moyens qu'elles jugeraient aptes à procurer l'union entre les deux Eglises. Après maintes négociations, fut enfui rédigée une profession de foi , dans laquelle il est dit: « Nous Latins et Grecs confessons, que le Saint-Esprit est éternellement du Père et du Fils, et que de toute éternité il procède de l'un et de l'autre, comme d'un seul principe et par une seule production qu'on appelle spiration. Nous déclarons aussi, que ce que quelques saints Pères ont dit, à savoir que le Saijit-Esprit procède du Père par le Fils ,

doit être pris en ce sens, que le Fils est, comme le Père, conjointement avec lui, le principe du Saint- Esprit. Et parce que tout ce qu'a le Père , il le communique à son Fils, excepté la paternité , qui le distingue du Fils et du Saint-Esprit, aussi est-ce de son Père que le Fils a reçu de toute éternité cette vertu productive , par laquelle le Saint-Esprit procède du Fils comme du Pèi'e. »

Cette définition fut lue, approuvée et signée le 8 juin. r.Iarc d'Éplièse seul s'obstina dans son opposition. Les Pères se donnèrent le baiser de paix en signe de leur réunion.

Cette question dogmatique terminée , on traita celle du pain azyme, et les Grecs convinrent qu'on pouvait consacrer avec le pain azyme , comme avec le pain levé. Relativement à la croyance au purgatoire, on décréta ceci: les âmes des justes , morts dans la charité de Dieu, avant d'avoir fait de dignes fruits de pénitence , sont purifiées par les peines du purgatoire et soulagées par les suffrages des fidèles vivants , tels que le sacrifice de la messe, les aumônes et les autres œuvres de piété.

La primauté du Pape fit aussi l'objet d'une longue discussion ; enfin les évèques grecs présentèrent une proposition agréée parle Pape et les cardinaux. Elle est ainsi conçue : Touchant la primauté du Pape , nous avouons qu'il est le Souverain Pontife et le vicaire de Jésus-Christ, le pasteur et le docteur de tous les chrétiens, qui gouverne l'Éghse de Dieu,

saufles privilèges etles droits des patriarches d'Orient.

Après maintes délibérations dans plusieurs conférences, le décret d'union fut rédigé en grec et en latin. Le Pape le signa, ensuite les cardinaux, au nombre de dix-huit, deux patriarches latins, celui de Jérusalem et celui de Grade , deux évêques, ambassadeurs du duc de Bourgogne, huit archevêques, quarante-sept évêques, quatre généraux d'ordre, quarante-un Abbés. Du côté des Grecs l'empereur Jean Paléologue signa le premier , et après lui, les vicaires des patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem. Celui de Gonstantinople était mort peu de temps auparavant. Ce décret fut publié au nom du Pape et est daté de la neuvième année de son pontificat. Les Grecs au nombre de trente, partirent de Florence le 26 août, et ils arrivèrent à Gonstantinople le premier février 1440.

Cependant après leur départ, le Pape continua le Concile. Ce fut dans cette première session, le 4 septembre, que les Pères de Bàle, qui avaient déposé Eugène IV, furent traités par ce Pape d'hérétiques et de schismatiques. Dans la 11^ séance, le 22 novembre, le Souverain Pontife lit un décret très étendu concernant la réunion des Arméniens à l'Église romaine. Outre la doctrine de la Trinité et de l'Incarnation d'après les Conciles généraux, il contient encore la forme et la matière de chaque sacrement. Dans la IIP séance, le 23 mars 1440, Amédée est déclaré hérétique , scbismatique. Dans

la IV^ séance , le 5 février 1441, un décret de réunion avec les Jacobites fut signé par le Pape et huit cardinaux. L'Abbé André, député du patriarche Jean, reçut et accepta ce décret au nom de tous les Jacobites éthiopiens, et promit de le faire observer exactement. Dans la V^ et dernière séance, le 26 avril 1442, le Pape décida de transférer le Concile à Rome. Il n'y tint que deux séances. On lut des décrets touchant la réunion projetée des Syriens, des Chaldéens et des Maronites à l'Église romaine.

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