JULES II
L'ouverture du Concile se fit le 2 mai. Le Pape le présida , assisté de quinze cardinaux. L'assemblée était composée de près de quatre-vingts archevêques ou évèques, et de six Abbés ou généraux d'ordre. Viterbe, général des Augustins , prononça un long discours sur la triste situation de la chrétienté.
I^ Session le iO mai. — On ht lire le onzième canon du Concile de Tolède sur la modestie , le silence, et l'union qui doivent régner dans les assemblées conciliaires.
11^ Session il mai. — Cajetan, général des Dominicains, y parla contre l'assemblée de Pise.
III^ Session. — Elle ne se tint que le 3 novembre, à cause des maladies contagieuses qui avaient forcé la plupart des prélats de s'éloigner de Rome. Le Pape y renouvela la bulle qui annulait les décisions arrêtées à Pise et à ]\lilan. L'évêque de Gurck déclara, de la part de l'empereur, approuver le Concile et rejeter tout ce qui s'était fait à Pise.
LES DOCTRINES CATIIOLIQLES. 131
IV^ Session, le 10 décembre. — Lecture est iaito (les lettres patentes du roi Louis XII adressées au Pape Pie II, lesquelles abrogeaient la Pragmatique- Sanction. L'avocat du Concile fit un discours contre la Pi'agmatique , et en proposa la révocation. On décerna un monitoire contre les défenseurs de la Pragmatique, contre les pi'élats, les princes et les parlements du royaume de France. Ils étaient invités à envoyer des représentants au Concile dans le délai de soixante jours, pour alléguer les motifs de leur opposition à l'abrogation de ces anciennes ordonnances rovales.
V^ Session, le 16 février 1513. — Le Pape tombé malade n'y assista pas. Le cardinal Saint-George, évêque d'Ostie, présida au nom du Souverain Pontife. Une nouvelle monition fut encore adressée à la France, pour l'inviter à répondre sur le même sujet. Le Pape Jules mourut six mois après cette session.
VI^ Session, le 27 avril. — Léon X, successeur de Jules II, présida le Concile. Louis XII envoya des ambassadeurs. Ils avaient mission de déclarer en son nom, qu'il rejetait l'assemblée de Pise et adhérait au Concile de Latran, mais à ces conditions : les cardinaux dégradés seront rétablis dans leurs dignités, et les décisions prises contre son royaume annulées.
VII^ Session, le 17 juin. — Le Concile fit lire les lettres des deux cardinaux présents à la réunion de Pise, Bernardin de Carvajal et de Saint-Séverin. Ces deux princes de l'Église y déclaraient renoncer au
schisme et condamner tous les actes de rassemblée de Pise. Ils approuvaient ceux du Concile de Latran, promettant obéissance au Pape Léon X, et reconnaissant la légitimité de la sentence prononcée contre eux par Jules IL
VIII^ Session, il décembre. — Les ambassadeurs de Louis XII présentèrent Tacte par lequel le roi leur maître donnait son adhésion au présent Concile de Latran, et révoquait la réunion de Pise traitée par lui de concihabule.
Sur la requête présentée par un des procureurs du Concile contre le parlement de Provence , le Pape décréta un monitoire contre les membres de ce parlement, les invitant à comparaître en personnes devant le Concile, et cela dans l'espace de trois mois.
Un décret i'ut porté contre quelques philosophes. L'àme raisonnable , selon ces philosophes , était mortelle, et il n'y en avait qu'une seule dans tous les hommes. Ils étaient en contradiction avec ce que dit Jésus-Christ dans l'Évangile : « On ne peut tuer Tàme; celui qui hait son àme en ce monde, la conserve pour la vie éternelle. » Le Pape Clément V au Concile de Vienne avait, au reste, déjà porté cette sentence : a L'àme est vraiment par elle-même et essentiellement la forme du corps humain ; elle est immortelle et multipliée suivant le nombre des corps dans lesquels elle est infuse. »
Il fut ordonné à ceux qui sont dans les ordres
sacrés, après avoir achevé les études de la grammaire et de la dialectique, de consacrer cinq ans à la philosophie, avant de s'apphquer à la tliéologie et au di'oit canon.
Trois bulles furent rédigées. La première est adressée aux princes chrétiens pour les exhorter à la paix et à la concorde. La deuxième est adressée aux Bohémiens, avec un sauf-conduit pour les engager à venir au Concile. La troisième regarde les réformes à établir dans certaines administrations de la cour de Rome.
IX^ Session, 5 mai i5i4. — On lut une lettre des prélats français qui s'excusent de n'avoir pu se rendre au Concile de Latran, parce que l'empereur et le duc de Milan leur avaient refusé un sauf-conduit. Le Concile termina cette session par un long décret , qui contient de nombreux et importants règlements de discipline.
X<^ Session, 4 mai i5i5. — Le Pape la présida; vingt-trois cardinaux y assistaient avec un grand nombre d'évêques , d'Abbés et de docteurs. Quatre décrets y furent portés. Le premier approuva les monts-de-piété établis en Italie et ailleurs. Il permit à ces établissements de vendre les objets déposés, après l'expiration du temps fixé pour les retirer. Le second concerne le clergé : les chapitres exempts ne pourront se prévaloir de leur exemption, pour vivre d'une manière peu régulière et éviter la correction des supérieurs. En conséquence, les évêques
diocésains auront la faculté de visiter une fois Tannée les monastères des religieuses, soumis immédiatement au Saint-Siège ; en outre, les causes concernant les bénéfices , s'ils ne sont point réservés et si leur revenu n'excède pas vingt-quatre ducats , seront jugées en première instance devant les ordinaires.
XI^ Session , iO décembre 1516. — Furent admis à l'obédience du Pape , les députés du patriarche des Maronites. Leur profession de foi fut lue. Elle disait expressément : le Saint-Esprit procède du Père et du Fds comme d'un seul principe et d'une unique spiratiun ; il y a un purgatoire ; on doit confesser ses péchés et communier au moins une fois l'an etc. Une bulle du Souverain Pontife est communiquée au Concile. Elle prescrit les règles à observer pour annoncer la parole de Dieu. Il fut 'ionné lecture delà célèbre bulle qui substituait à la Pragmatique- Sanction le concordat fait à Bologne , entre le pape Léon X et le roi de France, François L Ce concordat renferme encore à vrai dire quelques articles de la Pragmatique , mais la }ilupart furent modifiés, et plusieurs autres complètement abrogés.
XII^ Session, 16 mars 1517. — On publia une bulle confirmant les décisions prises dans les onze sessions précédentes et ordonnant une levée de décimes, destinée à soutenir la guerre contre les Turcs.
DlX-HUITIÉME CONCILE ŒCUMÉNIQUE.