III. Du secret à garder dans le Concile
La prudence Nous avertit ici de prescrire pour toute la célébration du Concile le lien du secret, qui a dû être imposé plus d'une fois dans les Conciles précédents , à cause des circonstances. Cette précaution paraît plus que jamais nécessaire, dans un temps où l'impiété , si puissante , épie toutes les occasions d'exciter l'animadversion contre l'Église catholique et sa doctrine. En conséquence, Nous défendons à tous et à chacun des Pères , aux officiers du Concile, aux théologiens, aux canonistes, à quiconque prêtera aide en quelque manière aux Pères ou aux officiers dans les affaires du Concile , de divulguer ou de faire connaître à qui que ce soit, en dehors du Concile, les décrets et tout ce qui sera proposé pour être examiné , non plus que les discussions et les avis des différents membres. Nous ordonnons, en outre, que les officiers du Concile , qui ne sont pas revêtus de la dignité épiscopale , et que tous les autres qui , ayant reçu
de Nous une mission particulière , doivent, pour accomplir leur office, assister aux délibérations conciliaires , prêteront serment de remplir fidèlement leur devoir et de garder la foi du secret, concernant tout ce qui a été indiqué plus haut , ainsi que sur les affaires particulières qui leur seront confiées.
IV. De Vordre des préséances et des droits d' autrui à sauvegarder.
Comme il importe grandement à la tranquillité et au bon accord des esprits que chacun garde exactement et modestement , dans tous les actes conciliaires, le rang qui convient à sa dignité; pour couper court , autant que possible , à tout ce qui pourrait fournir sujet d'offense, Nous ordonnons que Tordre suivant soit observé entre les diverses dignités. Occuperont le premier rang Nos Vénérables Frères les Cardinaux de la sainte Église Romaine, Évêques, prêtres, diacres; le second, les Patriarches ; le troisième , par une grâce particulière que Nous accordons, les Primats, d'après la date de leur promotion à la dignité primatiale. Cette concession n'est faite que pour cette fois ; elle ne pourra conférer aucun droit aux Primats, ni préjudicier à autrui. Les Archevêques tiendront le quatrième rang, selon Tordre de leur promotion à Tarchiépiscopat ; les Évêques, le cinquième, également selon Tordre de leur promotion ; le
sixième , les Abbés « nullius » ; le septième , les Abbés généraux et les autres supérieurs généraux des ordres religieux où Ton fait des vœux solennels, même quand ils n'ont que le titre de vicaires-généraux , pourvu qu'en réalité ils exercent une autorité légitime sur tout leur ordre , avec tous les droits et les privilèges de supérieur général.
Au reste , Nous décidons , conformément à la discipline et au règlement des Conciles précédents , que s'il arrivait à quelques membres de ne pas siéger au lieu qui leur appartient, et même d'y exprimer leur opinion par le m.ot « Placet » , d'intervenir aux Congrégations , de faire, en un mot, un acte quelconque durant le Concile, il n'en résulterait, à cause de cela, pour personne, nipréjudice ni droit nouveau ^