DE FIDE ET RATIONE
1. Si quis dixerit, in revelatioue divina nulla vera et proprie dicta mysteria contineri, sed universa fidei dogmata posse per rationem rite excultam e naturalibus principiis intelligi et demonstrari; anathema sit.
2. Si quis dixerit, disciplinas humanas ea cum libertate tractandas esse , ut earum assertiones , etsi doctrinaî revelatae
011 que l'Église ne les peut proscrire , qu'il soit anathème.
3. Si quelqu'un dit qu'il peut se faire qu'on doive quelquefois , selon le progrès des sciences , donner aux dogmes proposés par l'Église un autre sens que celui qu'a entendu et qu'entend l'Église ; qu'il soit anathème.
C'est pourquoi , remplissant le devoir de notre suprême charge pastorale, Nous conjurons par les entrailles de Jésus-Christ, tous les fidèles du Christ et par l'autorité de ce mi^me Dieu, notre Sauveur, Nous leur ordonnons et surtout à ceux qui sont à leur tète ou qui sont chargés de la mission d'enseigner , d'apporter tout leur zèle et tous leurs soins à écarter et à éliminer ces erreurs de la sainte Eglise, et à propager la très-pure lumière de la foi.
Mais, parce que ce n'est pas assez d'éviter le
adversentur , tanquam verœ retineri, neque ad Ecclesia proscribi possint ; anathema sit.
3. Si quis dixerit, fieri posse, ut dogmatibus ab Ecclesia propositis, aliquando secimdum progressiim scientiœ sensus tribuendus sit abus ab eo, quem intellexit et intelbgit Ecclesia ; anathema sit.
Itaque supremi pastoralis Nostri officii debitum exequentes omnes Christi fidèles, maxime vcro cos, qui pniRsunt vel docendi munere fungimtur , per viscera Jesu Chrisli obtestamur, uec non ejusdem Dei et Salvaloiis nostri auctoritate jubomus , ut ad lios errores a Sancta Ecclesia arcendos et eliminandos , atque piirissima3 fidei lucem pandendam studium et operam conférant.
péché d'hérésie, si on ne fuit aussi diligemment les erreurs qui s'en rapprochent plus ou moins , Nous avertissons tous les chrétiens qu'ils ont le devoir d'observer les Constitutions et les décrets par lesquels le Saint-Siège a prescrit et condamné les opinions perverses de ce genre , qui ne sont pas énumérées ici tout au long.
Donné à Rome, en session publique, solennellement célébrée dans la basilique Vaticane , Tan de l'Incarnation de Notre-Seigneur , mil huit cent soixante-dixième , le vingt-quatrième jour d'avril , et la vingt-quatrième année de Notre Pontificat.
C'est ainsi. Joseph ,
Évêque de S. Poelten , Secrétaire du Concile du Vatican.
Quoniam verosatis non est, hsereticam pravitatem devilare, nisi ii quoque errores diligenter fugiantar, qui ad illam plus minusve accedunt; omnes ofticii monemus servandi etiam Constitutiones et Décréta, quibus pravae ejusmodi opiniones, qùœ isthic diserte non enumerantur, ab bac Sancta Sede proscriptse et prohibitaî sunt.
Datum Romse, in publica sessione in Vaticana Basilica solemnilir celebrata , anno Incarnationis Dominicse millesimo octingenlesimo septuagesimo, die vigesima quarta aprilis , Pontificatus Nostri anno vigesimo quarto.
Ita est. JosEPHUS ,
Episcopus S. Hippolyti ,
Secretarius Concilii Vaticani.
Après avoir terminé la lecture de cette Constitution , Mgr Valenziani s'est adressé à tous les Pères présents et leur a demandé s'ils approuvaient les décrets proposés. Alors l'un des secrétaires du Concile a appelé par son nom chacun des membres de l'Assemblée. Aussitôt qu'un Père était nommé, il se levait et faisant une inclination au Souverain Pontife il répondait : « Placet. » Les scrutateurs répétaient à haute et intelligible voix le vote des Pères, et les secrétaires les enregistraient.
Les membres inscrits étaient environ sept cents ; mais une certaine partie d'entre eux étaient absents, soit pour cause de retour obligatoire dans leur diocèse, soit pour raison de maladie. Les Pères présents, au nombre de six cent quarante, sans nulle exception, ont voté affirmativement.
Le vote terminé, les scrutateurs sont venus au pied du trône pontifical, et ont fait connaître au Souverain Pontife le résultat des suffrages. Alors le Pape , ravi de cette unanimité, s'est levé, et, d'une voix fortement accentuée, a prononcé ces paroles : « Nous approuvons la présente Constitution, Nous la définissons. Nous la confirmons de notre autorité apostolique, h
Puis d'une voix émue, il a ajouté cette courte alloculation :
(( Tous les Pères du Concile ayant , sans exception aucune, répondu placet aux décrets et aux canons que l'on vient de lire , Nous-même , Nous
définissons dans le môme sens les vérités contenues dans ces décrets et canons , que Nous confirmons de Notre autorité apostolique.
Vous voyez , très-chers Frères , combien il est bon et doux de marcher d'accord dans la maison du Seigneur, de marcher dans la paix. Marchez toujours ainsi. Et parce que, à pareil jour, Notre- Seigneur Jésus-Christ donna la paix à ses Apôtres , moi aussi , qui suis son Vicaire indigne , en son nom, je vous donne la paix.
Cette paix, vous le savez, chasse la crainte. Cette paix , vous le savez encore , fait fermer les oreilles aux discours du dehors. Oh ! que cette paix vous accompagne tous les jours de votre vie ! Qu'elle soit votre consolation ! Qu'elle soit votre force au moment de la mort ! Qu'elle soit votre joie éternelle dans les cieux ! »
Les promoteurs du Concile ont demandé aux protonotaires apostoliques de dresser les actes de la session. L'imposante cérémonie a été terminée par le chant du Te Deum. L'hymne d'actions de grâces a été entonnée par le Pape et poursuivie alternativement par les Pères du Concile et les chantres de la chapelle sixtine.
Poursuivons l'exposition des actes qui ont précédé la IV^ session générale.
Nous sommes arrivés au mois de mai , les travaux du Concile continuent activement. Les congrégations générales multiplient leurs réunions. Cinq de ces
assemblées conciliaires se sont successivement occupées du décret relatif à l'adoption d'un catéchisme unique pour l'Église universelle. Bien des raisons graves militent en faveur de l'unité d'enseignement élémentaire de la religion. La croyance catholique est une. Il est important de former et consolider Tunité de foi par l'unité d'enseignement. Pour cela il faut soustraire autant que possible l'inteUigence des enfants aux variétés indéfinies des méthodes rudimentaires de l'éducation première. Le catéchisme est Taliment premier qui nourrit l'àme chrétienne. Comme le lait est la nourriture essentielle, uniforme des jeunes corps , ainsi l'ÉgUse , la mère des âmes, doit donner à ses jeunes enfants un aliment à la fois léger et substantiel qui, tout en s'appropriant à leur faiblesse , est de nature à développer leurs idées religieuses, en insinuant dans leur esprit des notions saines et faciles.
Le Concile du Vatican, par son décret sur le petit catéchisme , complétera l'œuvre du Concile de Trente qui a établi un catéchisme à l'usage des pasteurs. Les membres du Vatican feront pour les enfants ce que leurs devanciers ont fait pour les pasteurs, ces pères nourriciers des âmes, et, dans la grande famille de Jésus-Christ, nul ne sera délaissé. Tous seront abondamment pourvus : faibles et forts puiseront une nourriture qui fait croître et qui soutient.
Nous devons une mention de la belle œuvre entreprise par les deux frères Lémann, juifs convertis ,
actuellement prêtres. Ils ont conçu la noble et sainte ambition de convertir à la foi du Messie vrai,Notre- Seigneur Jésus-Christ, la malheureuse nation juive.
MM. les abbés Lémann, ont dans ce but, adressé aux Pères du Concile la supplication suivante : (( Éminentissimes et révérendissimes Pères ,
On lit au-dessus de la porte de la salle conciliaire ces paroles du Christ : Decete omnes génies.
Quiconque lit <"ette inscription reconnaît votre sollicitude , qui s'étend à toutes les branches de la famille humaine. C'est pourquoi nous , enfants d'Abraham , et maintenant , par la miséricorde de Dieu, prêtres du Christ, nous osons nous adresser à vous afin d'implorer votre compatissante miséricorde pour notre nation hébraïque
Chaque fois que l'Église a pu apporter la lumière à ceux qui sont assis à l'ombre de la mort , elle n'a jamais manqué à sa charge. Et s'il est quelque peuple qu'elle n'ait pu éclairer des célestes doctrines , il faut croire que c'est par une espèce d'impossibilité que son rôle est resté infructueux; et c'est ce qui est arrivé , pendant dix-neuf siècles , pom^ la race infortunée des Israélites.
Aujourd'hui, par une intervention évidente de la divine Providence , les anciens obstacles paraissent avoir cessé. Dès le commencement de ce siècle, la condition de notre nation a été entièrement changée, au double point de vue civil et religieux.
En effet, si nous faisons attention à l'état présent
des juifs dans la société publique , nous les voyons mêlés aux autres citoyens dans presque tous les pays de l'Occident, vivant sous un régime politique commun. Ce mot de séparation, qui s'appelait le GJietto , et dont les juifs eux-mêmes au moyen âge, avaient voulu être entourés et protégés, est déjà tombé depuis un grand nombre d'années. A Rome même, notre magnanime et glorieux Pontife-Pioi Pie IX ne fut pas plutôt monté sur la chaire de Pierre, qu'il ordonna d'enlever la porte de division, et le meilleur des pasteurs n'eut pas affaire à des ingrats : les Israélites se souviennent de ce bienfait, et nous-mêmes nous les avons dernièrement entendus s'écrier, dans leurs reconnaissance : « Pie IX est vraiment un ange pour nous ! »
Un grand changement s'est aussi opéré chez les juifs sous le rapport religieux. Tandis, en effet, qu'ils étaient d'un côté séparés de la société civile par un mur matériel , d'un autre côté , le livre qu'ils appellent le Talmucl ne les tenait pas moins éloignés de la loi et des mœurs chrétiennes. Maintenant , depuis qu'ils font partie de la société des chrétiens, ils sont , par le fait même , poussés à abandonner le Talmucl pour embrasser d'autres mœurs et un autre symbole, et il arrive que les Israélites, admis dans la société de l'Occident, s'engagent dans la très mauvaise voie où marchent les peuples de cetta partie du monde, qui sont tombés dans le rationalisme ou dans Vindifférentisme.
Les choses clant ainsi, et les Israélites qui jouent aujourd'hui un rôle important dans société civile , se laissant aller à abandonner la foi de leurs pères pour embrasser de détestables doctrines, nous avons pensé, Éminentissimes et Révérendissimes Pères, dans notre zèle pour le salut des âmes et notre amour pour notre nation, que nous devions nous prosterner humblement à vos pieds et supplier votre miséricorde à l'égard de nos frères les enfants d'Abraham.
C'est donc avec instance , Éminentissimes et Révérendissimes Pères, que nous vous supplions de daigner , du sein de Votre Concile sacré , adresser aux Hébreux une paternelle invitation. Si un tel acte de miséricorde n'amène pas aussitôt leur conversion totale à Jésus-Christ, Vous aurez au moins imité le tendre Père dont l'Évangile a dit : Comme (l'enfant prodigue) était encore loin, son père le vit, et il fut ému de compassion et accourant il se jeta à son cou.
Oui , Éminentissimes et Révérendissimes Pères , ayez pitié efficacement de nos frères , car les juifs sont toujours très-cher s à Dieu à cause de leurs pères , et parce que le Christ est né d'eux selon la chair.
Ayez pitié d'eux , Vous souvenant surtout de cette exhortation aux juifs que leur adressa saint Pierre , dès le commencement de son apostolat , saint Pierre dont le glorieux tombeau Vous voit aujourd'ui réunis.
Ayez pitié d'eux , partageant cette douleur que le divin Paul exhalait en ces termes : fai une grande tristesse et une douleur continuelle dans mon cœur; je désirerais être moi-même anathème par le Christ Idour mes frères , qui sont mes parents selon la chair, qui sont les Israélites.
Ayez pitié , afni qu'au moment où le sacré Concile du Vatican rassemble sous ses ailes tous les peuples de l'univers , ce peule-là seul ne soit pas absent , à qui le Christ a dit en gémissant : Jérusalem! Jérusalem! combien de fois nai-je pas voulu rassembler tes enfants comme la j^oule rassemble ses petits sous ses ailes !
Ayez pitié , enfm , ô Pères très-cléments , afm que notre sœur , celle que notre bien-aimé Pontife a récemment ornée du diadème d'iMMACULÉE , la bienheureuse Vierge Marie , sente tressaillir ses entrailles d'une joie maternelle et longtemps attendue , en voyant exaucé le soupir suprême de son sublime cantique. Il a pris Israël , son enfant , se souvenant de sa miséricorde , ainsi quil Va dit à nos pères , à Abraham et à sa race pour tous les
siècles.
Joseph Lémann,
Auguste Lémann,
du clergé du diocèse de Lyon.
A Rome , le 20 janvier 1870.
Anniversaire de l'Apparition de la bienheureuse Vierge Immaculée dans l'église de Saint-André délie Fratte. »
LES DOCTRINES CAÏUOLIQUES. 387
Touchés des vœux si légitimes des deux abbés Lémann , cinq cents évêques ont signé ce p os tulatum adressé au Concile du Vatican :
(( Les Pères soussignés demandent au saint Concile œcuménique du Vatican , dans une humble et pressante prière, qu'il daigne prévenir par une invitation toute paternelle la très-infortunée nation d'Isjaël ; c'est-à-dire qu'il exprime le vœu que, fatigués enfin d'une attente non moins vaine que longue, les Israélites s'empressent de reconnaître le Messie, notre Sauveur Jésus-Christ, véritablement promis à Abraham et annoncé par Moïse : achevant et couronnant ainsi la religion mosaïque sans la
changer. »
Motifs du postulatum .
« D'une part, les Pères soussignés ont la trèsferme confiance que le saint Concile aura compassion des IsraéUtes, parce qu'ils sont toujours très-chers à Dieu à cause de leurs Pères, et parce que c'est d'eux quest né le Christ selon la chair.
D'autre part , les mêmes Pères partagent la douce et intime espérance que ce vœu de tendresse et d'honneur sera, avec l'aide de l'Esprit-Saint , bien accueilli par plusieurs des fils d'Abraham, parce que les obstacles qui les arrêtaient jusqu'à ce jour semblent de plus en plus disparaître, depuis qu'est tombé l'antique mur de séparation.
Fasse donc le ciel qu'au plus tôt ils acclament le Christ , lui disant : Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Fasse le ciel qu'ils accourent se jeter entre les bras de l'immaculée Vierge Marie, qui, déjà leur sœur selon la chair, veut être encore leur mère selon la grâce , comme elle est la nôtre ! »