‹ Les doctrines d'Israel: sermonsChapitre 10 sur 27 · L* MISSION DU RA0UI.V · texte numérisé non relu

L* MISSION DU RA0UI.V

rai éclairé votre esprit par les rayons resplendissants de l'une, et réchauffé voire cœur sous la douce chaleur de l'autre, je serai bien près d'avoir accompli la troisième partie de ma tâche, d'avoir rendu la liberté aux captifs .mp-npH Q'TdmVi Tm onaerj mph Je vous aurai préservés d'abord de l'esclavage de l'ignorance, le plus dur, le plus humiliant do tous ; je vous aurai sauvés ensuite du joug de l'égoïsme, cet adversaire acharné de la bienfaisance, qui tarit dans leur sève les instincts généreux. J'aurai fait plus, mes frères: j'aurai secoué les cendres froides sous lesquelles l'indifférence et les préoccupations purement mondaines cherchent à étouffer la flamme divine qui doit brûler dans notre cœur.

Car, il faut bien l'avouer, et cet aveu nous en coûte, le judaïsme, comme toutes les autres religions, se heurte aujourd'hui à un dangereux écueil : le souci des intérêts matériels, rendu de plus en plus absorbant par les exigences de la vie actuelle.

Certes, notre religion ne nous prêche ni les privations ni l'ascétisme; elle comprend es nécessités et les joies de ce monde, pourvu

qu'elles soient pures et honnêtes. A ses yeux, la vie est un bienfait et non an fardeau pesant ; tout ce qui l'embellit lui complaît, et, loin de condamner l'homme à des mortifications inutiles, elle n'admet ni la retraite ni le renoncement. Mais, ce qu'elle proscrit hautement, c'est la recherche exclusive des biens du corps au détriment de ceux de l'âme. Entraînés par le tourbillon des affaires et du monde, nous oublions trop souvent ce que nous devons à ce souffle divin qui seul constitue notre supériorité sur tous les êtres de la nature, et nous poursuivons notre chemin, les yeux constamment rivés à la terre, sans songer que si, seul parmi les créatures vivantes, l'homme peut marcher la tête levée vers le Ciel, c'est que là doit être, un jour, sa véritable patrie.

Eh bien ! c'est de cette dernière servitude que je tiens à vous affranchir; c'est aux captifs de la matière que je répéterai le mot magique qui résonnait si délicieusement aux oreilles de nos pauvres esclaves : nn, liberté ! Liberté pour notre àme qui , emprisonnée dans ses liens terrestres, doit chercher, par L'augustea clïorls, à se rapprocher de la source dont elle émane !

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Dieu, mes frères, la patrie, la famille, la société nous font entendre leur voix suprême, nous engageant à déposer sur leurs autels les préoccupations trop personnelles, l'amour exagéré du bien-être corporel. Ils sont là, comme de puissants aimants qui nous attirent à eux; ils nous demandent de dépenser à leur profit nos facultés, nos forces, notre sang, notre vie. Répondons à leur appel, secouons les fers de l'esclavage, devenons et demeurons des hommes libres.

J'ai prononcé le nom de patrie, et je n'ai garde d'oublier, en terminant, l'obligation sacrée qui incombe surtout au pasteur : celle de rappeler toujours à ses fidèles que la religion et la patrie sont deux sœurs qu'ils doivent confondre dans un seul et inexprimable amour. , La patrie n'est-elle pas, en effet, un véritable sanctuaire où habitent, sous le regard de Dieu, tous les objets de notre affection : nos parents, nos amis, nos concitoyens enfin ; n'est-elle pas le berceau béni où nous avons reçu le jour, où nous avons été élevés, soutenus, protégés? Et quand cette patrie se nomme la France, quel dévouement, quel amour nous surtout, lsraé-

ne devons-nous pas professer pour elle'/...

Ah ! la dette que nous avons contractée à ion égard est immense, et nous ne pourrons . payer qu'en élevant notre gratitude à la hauteur des bienfaits dont elle nous a com- Les flots du malheur nous entouraient ; ils menaçaient de nous submerger.

Tin abîme de préjugés et d'erreurs semblait nous séparer du reste du monde, et la France nous a pris en pitié; elle a réchauffé dans son sein de pauvres inondés, ballottés long- ; par les vagues de l'intolérance ; elle nous a offert un port de salut, un abri contre la tempête ; elle nous a appelés ses enfants et nous l'avons nommée notre mère !

Mère adorée ! tu ..n'as pas d'enfants plus dévoués que nous. Nous t'aimons de toutes les forces de notre être. Tes idées sont les nôtres, es aspirations nous les partageons. Terre de charité et de liberté, lu as reconnu la première cette grande vérité de l'Écriture : que tous les hommes doivent être égaux devant la loi. L'égoïsme t'est complètement inconnu.

Ta grande âme vibre à l'unisson de celle de l'humanité ; elle souffre de ses douleurs comme

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elle tressaille de bonheur à chacune de ses joies.

Sois bénie, sois vénérée et chérie, ô ma patrie ! Nous te voulons grande el heureuse, nous te voulons calme et prospère. Nous demandons chaque jour pour toi à, Dieu l'union, la bonne entente au dedans, la pais au dehors. Dieu est la suprême bonté, il entendra notre voix, il exaucera nos supplications.

Mes frères, j'ai parcouru un peu rapidement le cercle des obligations imposées au pasteur ; je vous ai indiqué sommairement comment Je comprends ma tâche et quel fervent désir j'éprouve à bien la remplir. Mais, réduit à mes seules forces, je courrai certainement le danger d'échouer. Je fais donc appel, mes frères, à votre bienveillant concours, à celui des honorables membres de votre Consistoire et de votre Administration, qui s'occupent, avec tant de dévouement, de vos intérêts ; à celui des dignes et savants pasteurs de cette circonscription, qui exercent leur ministère sacré avec l'abnégation la plus louable, et qui, j'en ai la conviction, seront mes plus zélés collaborateurs dans la tâche que j'entreprends.

Mais, par dessus tout, j'invoque l'assistance

l'Éternel qui, dans sa clémence infinie, daignera féconder mes efforts et sanctifier les ouvres de mes mains.

Seigneur ! toi qui accueilles toujours avec mansuétude ceux qui te recherchent d'un cœur sincère ; toi qui protèges les hommes de bonne volonté, ceux qui veulent consacrer à ton service la vie que tu leur as confiée, •h l'ï«oa TiroS ion, ne m'abandonne pas aujourd'hui. Soutiens-moi dans la grave mission d'enseignement, rie charité, de mobilisation que j'assume dès à présent. Ma tâche est lourde, Seigneur, j'en sens tout le poids et je sais que, sans ton appui, je ne pourrais l'accomplir. Eclaire-moi de ta céleste lumière, de tes divines inspirations. Guidé par elles, puissé-je atteindre à mon but le plus cher, celui de rendre cette communauté ot cette circonscription de plus en plus heureuses, unies et prospères !

Permets, Seigneur ! que j'invoque sur la tète de mes fidèles, tes célestes faveurs, et que je prononce la triple bénédiction inscrite en ces termes dans la Loi :

r Que l'Éternel vous bénisse et vous garde !

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