‹ Les doctrines d'Israel: sermonsChapitre 9 sur 27 · IA MISSION 1IU IU11H1N · texte numérisé non relu

IA MISSION 1IU IU11H1N

nourrissons que tu fondes la puissance contre tes adversaires, ô Seigneur ! par elle que tu réduis au silence l'impie et l'ennemi (1) ».

Natures innocentes, apportant dans leur sein, comme un héritage céleste, le germe de la piété, de l'amour de Dieu, elles attendent qu'il soit fécondé par la parole vivifiante du pasteur.

Ah ! chers enfants, êtres adorés, notre joie, notre consolation dans le présent, notre espoir le plus ferme pour l'avenir, c'est vous qui serez les premiers les objets de ma plus vive sollicitude. Je vous apprendrai à croire en Dieu, à l'aimer, à le vénérer. Je vous apprendrai à le servir, non seulement en luimême, mais dans sa créature. J'éclairerai votre intelligence naissante aux rayons du foyer céleste, allumé au sommet du Sinaï. Je m'efforcerai surtout de vous inspirer l'amour de la réflexion et de l'étude, de vous prouver que l'instruction a toujours été considérée, en Israël, comme une obligation impérieuse et sacrée.

Oui, mes frères, travailler sans cesse à

(I) Pi. Vill, 3.

orner notre esprit, perfectionner ce don suprême qui nous élève si haut clans l'échelle des êtres, tel est le but primordial auquel l'Israélite s'est constamment efforcé d'atteindre, einh niro ii^S EnSn-Sy »S « Ce n'est pas de pain seul, a dit Moïse, que l'homme doit se nourrir (1) ». Devant lui s'étend le champ immense des connaissances religieuses et profanes ; qu'il cultive les unes et les autres.

Le judaïsme, nous le proclamons hautement, loin d'être contrarié par la marche ascendante de la science, loin de nier ses progrès, les appelle de tous ses vœux, car ils viennent appuyer ses grandes vérités. Plus le cercle des découvertes humaines s'élargit, plus les mystères de la création se dévoilent à nos regards éblouis, plus aussi éclatent à nos yeux la grandeur et la puissance du divin Créateur. Acceptant avec joie les faits prouvés par l'expérience, notre religion est heureuse de leur imprimer la sanction sans laquelle ils manqueraient de point d'appui. Que deviendraient, en effet, les données de la science sans le fil

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conducteur de la foi qui nous permet de remonter des effets à la cause ? Et cette cause, n'est-elle pas toujours cet Être incomparable que les Écritures nous montrent semant dans l'espace des mondes innombrables, maintenant, par des lois éternelles, l'ordre immuable de la nature, assignant à chaque créature la place qu'elle doit occuper, le rôle qu'elle doit remplir dans l'immensité de l'univers. Oui, mes frères, de la lumière, encore de la lumière! voilà ce que nous demandons pour nos enfants, pour notre jeunesse, pour nos sœurs en Israël, pour vous tous, mes frères, pour tous les humbles enfin, qui, ayant conscience de leur infériorité en face de l'océan de vérités que la religion, unie à la science, étale devant eux, aspirent à recevoir la bonne nouvelle, ttwS *rt* ■■ nu?c yji

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Je vous ai nommées à dessein, mes sœurs, car c'est sur vous principalement que je compte pour me servir d'auxiliaires dans cette grande et noble mission d'enseignement que j'entreprends dès aujourd'hui. Instruites par des entretiens fréquents, des prédications suivies, des principes de notre foi, vous les

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répandrez autour do vous, vous serez les institutrices de vos enfants. Ai- je besoin d'insister, en ce moment, sur la part que la mère doit et peut prendre dans l'éducation de l'enfant ? Elle est plus forte, à beaucoup près, que celle du père. Le père, certainement, aime ses enfants de toute la puissance de son être ; il travaille, il s'épuise pour leur bonheur. Mais, que les pères me le pardonnent, la mère a plus ï tendresse, d'abnégation ; elle se donne tout entière, sans restriction, sans arrière-pensée, Une mère! qui ne sent, à ce mot, un flot d'émotion envahir son cœur, le faire battra au point de se rompre. Une mère ! n'est-ce pas la personnification de l'amour poussé au delà de toute expression ? Eh bien ! plus la mère aime ses enfants, plus elle doit leur inspirer les grands principes du bien, du beau et du vrai. Les entourant d'une sollicitude constante, alors que le père, appelé au dehors, les confie, dès leur bas âge, à sa tutelle, elle aussi a charge d'âmes. C'est à elle, avant tout, qu'est confiée la culture de ces plantes délicates.

Mères de famille en Israël ! ne croyez pas qu'il vous suffise d'avoir donné h vos enfants l'existence matérielle ; vous devez encore les intro-

(luire dans la vie spirituelle et morale, former leur esprit et leur cœur, les préparer, de bonne heure, au rôle utile, à la mission de dévouement, de charité de solidarité qu'ils auront à. remplir un jour dans la société.

La charité, mes frères, cette vertu qui est la base et le dernier terme dujuda'isme, est, en môme temps que celle de l'enseignement, la principale obligation qui incombe au pasteur. « Dieu, dit. le prophète, m'envoie panser les cœurs brisés zh-iizvnh u?anS nnSw. » Je n'ai pas l'intention de parcourir aujourd'hui, avec vous, mes frères, le domaine infini de la bienfaisance, de vous détailler tous les secrets de cet art délicat, auquel le prêtre, qui a souci de sa mission, doit se dévouer tout entier.

L'heure présente ne suffirait pas à les énumérer.

Aussi bien pouvons-nous, d'un seul mot, résumer la tâche infinie, le frôle incessant de philanthropie que nous avons à remplir au milieu de vous: nous n'avons, en effet, qu'à

ous considérer comme le père spirituel de la grande famille que !e Ciel confie à notre gante, pour comprendre de quelle vigilance nous devons entourer chacun de ses membres, pour ;omprendre que nous devons être le premier K accourir partout où la douleur nous appelle, artout où il y a une larme à sécher, une blessure à guérir, une souffrance à apaiser.

vous, tout d'abord, mes frères bienaimés ! vous qui, luttant contre les difficultés d'une existence précaire, ressentez la dure, la cruelle nécessité de recourir aux secours l'autrui, vous ne craindrez pas de vous er à moi comme à votre confident le plus sûr, le plus dévoué ! N'avez-vous pas des droits spéciaux à mon affection ? Ne dois-je iîis professer pour vous cette tendresse particulière qu'un père éprouve pour ceux de ses enfants qui, souffrants et malheureux, sollicitent, avant tout, ses soins et ses peines ? Ne •aignez jamais d'être importuns en nous exposant vos besoins et vos vœux. Il est si doux, croyez-moi, mes amis, d'être appelé à exercer le bien ! II est si doux de donner et de aire donner ! Il est si heureux enfin do pouvoir, le soir, en examinant l'emploi de sa

journée, se dire qu'elle n'a pas été complètement perdue, qu'on s'est rendu utile à quelqu'un de ses frères ! Loin de vous croire nos débiteurs, sachez, au contraire, que vous êtes plutôt nos créanciers; que la satisfaction qui découle du devoir accompli nous paie au centuple de nos difficultés et de nos démarches ; que c'est nous enfin qui devons vous remercier de l'occasion bénie que vous nous fournissez de pouvoir accomplir le précepte divin de l'amour du prochain.

Mais l'indigence n'est pas la seule épreuve que nous ayons à adoucir, la seule souffrance à laquelle nous ayons à apporter secours. Le malheur, quand il veut venir nous visiter, emploie, hélas ! des armes de diverses natures, plus redoutables les unes que les autres. Pour qui le Ciel n'est-il parfois d'airain '? Qui n'a senti le vent de l'adversité souftler sur sa tête 'Qui peut enfin dire à la douleur: Je ne te connaîtrai point ? Mais la religion, dont nous sommes l'interprète, a un baume pour chaque blessure. Elle console, elle apaise, elle réconforte ; elle a surtout deux remèdes infaillibles que seule elle peut fournir : l'espérance et la confiance en Dieu. L'espérance ! mes

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frères, n'est-elle pas le refuge suprême (lu malheureux, l'oasis bienfaisante dans laquelle vient se rafraîchir lame brisée par la souffrance ï Espérons, alors que nos maux sont les plus grands, alors que tout nous abandonne :

santé, bonheur, affection, fortune ; espérons, alors que l'espoir même semble nous être interdit. Dieu, dont les voies sont impénétrables, ne fait-il pas succéder à la tempête la plus effroyable le calme le plus délicieux, ne fait-il pas germer le bien du milieu du mal, éclore la lumière du sein de l'obscurité, le salut du milieu des ruines î

De profondes ténèbres vous environnent, un voile de désolation et de deuil s'est abattu sur vous, ne vous découragez pas, mes frères !

élevez vos regards vers le Ciel : tout y est brillant, tout y resplendit de lumière et d'éclat. Dans votre douleur, vous vous êtes écriés : « D'où viendra le salut ma' îflffl mr "? » et une voix divine, celle de la foi, vous répond : y«n a*OB nujy n ayc mir « Le salut vient de l'Éternel qui a créé les cieux et la terre (1) ».

(0 Ps. cxxi, i, a.

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C'est cette voix que nous vous ferons entendre, ce sont ces consolations affectueuses que nous vous répéterons dans les difficultés de votre vie, dans celles que vous susciteront les vicissitudes du sort ou la malignité des hommes.

Ministre d'un Dieu de charité et de paix, d'un Dieu de bienveillance et d'amour, nous vous prêcherons sans cesse la bonne entente et la concorde. Nous vous engagerons surtout a vous élever au-dessus de ces tristes et misérables divisions qui naissent de la divergence des opinions et des croyances, à aimer, à estimer l'homme en 1ant qu'homme, sans jamais songer à porter atteinte au plus précieux privilège de notre nature, le droit imprescriptible de penser et de croire.

La tâche, du reste, me sera, sous ce rapport, des plus faciles. J'ai le bonheur de me trouver ici dans une ville aux idées larges et libérales, où les citoyens, de différentes confessions, se coudoient, paisiblement, s'honorant, se respectant mutuellement, et il en a toujours été ainsi, mes frères !

Si je consulte l'histoire, si je me reporte, par la pensée à cette époque sombre du moyen

, où la tolérance , hélas ! était un mot presque inconnu et vide de sens, je vois la ville de Lyon faisant exception à la règle commune, offrir une généreuse hospitalité à nos coreligionnaires, et alors que, partout ailleurs, on leur reprochait jusqu'à l'air qu'ils respiraient, ils jouissaient, à Lyon, dès le ix c siècle, de toutes les libertés, et formaient une Communauté prospère, vivant avec sécurité sous l'égide protectrice des lois.

Ce sont là des souvenirs qu'il est bon de rappeler, des traditions que je demande à voir se perpétuer, dans notre temps surtout où les préjugés qui ont tenu trop longtemps séparés les uns des autres les enfants d'un même père et d'une même patrie, s'évanouissent à la lumière éclatante de la, justice, de la civilisation et du progrès.

ni.

Et quand, mes frères, obéissant à la parole du prophète, j'aurai rempli, à voire égard, les deux grandes et principales obligations que j'ai énumérées ; quand, venant à vous, au nom de la science religieuse et de la charité, j'au-

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