‹ Les doctrines d'Israel: sermonsChapitre 15 sur 27 · PRONONCÉE AL* TEMPLE CONB13T0R1AL I>E LION · texte numérisé non relu

PRONONCÉE AL* TEMPLE CONB13T0R1AL I>E LION

le jour de Fou i im 5645 (1er maTS 1885)

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i Dieu, dit l'un do nos sages, n'a jamais affligé son peuple sans préparer d'avance le remède qui devait servir à sa guérison. »

(Traité Meguila, la, b.)

Mes Frères,

Nous nous sommes réunis, hier soir et ce matin, dans la maison de Dieu, poury entendre la lecture de la Meguila, de ce rouleau antique qui contient le récit d'un grand miracle opéré

172 ; 'aluakcl kimeute

par le Ciel en faveur d'Israël. Vous connaissez les détails de cet épisode historique où nous voyons la faiblesse aux prises avec la force brutale, le bon droit disputant à un adversaire acharné l'existence de milliers de victimes, vouées injustement à la mort. Lutte inégale, mais dont l'issue est propre à nous inspirer une confiance absolue dans la puissance finale de la vertu.

Assuérus, roi de Perse, a élevé au premier rang des dignités Aman l'Amaléeite. Celui-ci a décidé la perte de tons les Juifs habitant le royaume. Quel est leur crime? L'un d'eux, Mardochée, fidèle à ses convictions religieuses, n'a pas voulu fléchir le genou devant le ministre, lui rendre un hommage- qui n'est dû qu'à Dieu seul. Mardochée a blessé le puissant favori; ce n'est pas assez qu'il meure; toute sa race, rendue solidaire de sa faute, périra avec lui. Mais pour atteindre à son but, pour arracher au monarque absolu, qui dispose à son gré de la vie de ses sujets, cet ordre d'extermination, Aman s'est bien gardé d'avouer le véritable motif de sa haine contre Israël. Il a couvert de raisons spécieuses ses abominables projets. Il a d'abord flatté l'avidité du roi en lui

ffrant les dépouilles de ceux qu'il demandait à acrifierjH a réveillé ensuite son inquiétude i les calomniant : « Il est, a-t-il dit, un peuple dispersé, disséminé parmi les peuples, dans outes les contrées de ton royaume ; ses lois diffèrent de celles de toute nation; il n'obéit tes statuts; il ne te convient pas de l'épargner orronb mw y>n -|SdSi ». Et le monarque trompé par son astucieux courtisan , signé l'arrêt de mort. Mais la Providence, qui jamais n'abandonna Israël, lui suscite une ibératrke dans la personne d'Esther. Modèle parfait de simplicité dans la grandeur, de résignation dans l'épreuve, de dévouement envers ses frères malheureux, la vaillante fille d'Israël, prête à s'immoler pour leur salut, affronte la colère du despote devant lequel nul, sous peine de mort, ne peut se présenter sans vètre invité, et, d'une voix vibrante d'indication, dénonce au roi la perfidie de son ninistre: » Le véritable ennemi, le persécuteur, s'écrie-t-elle, c'est ce méchant Aman! » La terreur foudroie le courtisan; lui naguère i hautain, si allier, se prend à trembler pour ses jours. Le roi s'est retiré un instant pour réfléchir à la révélation qu'il vient d'entendre.

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Aman se précipite aux pieds d'Esther ; il pleure, il demande grâce. Mais son heure a sonné. Le roi rentre, le voit courbé devant la reine, croit à une nouvelle insulte; sa fureur éclate. On entraine le condamné; la potence, destinée à Mardochée, devient l'instrument de son supplice; son pouvoir est conféré a celui qui devait être sa victime; Israël est sauvé !

Mes frères, si, tous les ans, la lecture de la Meguila nous inspire les mômes sentiments, si, après avoir tremblé avec nos pères, après avoir partagé leurs angoisses, nous saluons, avec la même émotion joyeuse, le triomphe de Mardochée et d'Esther, c'est que ce récit est, en quelque sorte, le résumé de l'histoire d'Israël, c'est qu'il nous rappelle, d'une part, les attaques auxquelles nous avons été constamment en butte, de l'autre, la protection dont Dieu nous a toujours entourés. Trop souvent, hélas ! nous avons vu se reproduire, sous une forme ou sous une autre, le drame de la Perse ; trop souvent nous avons vu surgir autour de nous de cruels Amans qui, poussés tantôt par la jalousie, tantôt par le fanatisme, tantôt par une haine aveugle, ne

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■ê valant rien moins que notre extermination. Pour arriver à leurs fins, tons les moyens leur étaient bons. Mais leur arme favorite était la calomnie, cette épée â double tranchant qui frappe dans l'ombre, ce poison terrible dont quelques gouttes peuvent coûter la vie à des milliers d'innocents. Comme le ministre d'Assuérus, ils s'en allaient soufflant aux oreilles des despotes, répandant au milieu des s ignorantes et crédules cette accusation inique : « II est un peuple disséminé au milieu de tous les autres; ses lois diffèrent de celles

î toute nation ; il n'obéit pas à nos statuts ; il ne convient pas de l'épargner. »

Ah 1 cette vieille calomnie, que de fois n'a-telle pas retenti autour de nous ! Que de sang et de larmes ne nous a-t-elle pas coûtés! Ne t-on pas combien cette allégation est peu fondée, combien notre sainte religion nous ordonne, avec l'amour de Dieu et du prochain, l'obéissance aux lois de l'État et le dévouement Ha cause commune? Ignore-t-on avec quelle passion, quelle force, nous nous attachons au sol où nous avous reçu le jour? Je ne veux point parler de notre France, de cette terre bénie où l'on est convaincu que le patriotisme

n'est pas le monopole d'une seule religion. Je vais dans les contrées qui sont restées les derniers refuges de l'intolérance. Un seul droit est accordé à nos malheureux coreligionnaires :

celui de se faire tuer pour ces marâtres qui leur rerusent les privilèges donl jouissent leurs concitoyens des autres cultes. Hésitent-ils néanmoins à profiter de ce périlleux avantage ? Non, Messieurs; consultez les tables nécrologiques des dernières guerres qui ont ensanglanté l'Europe, vous y relèverez les noms d'une quantité de nos frères morts glorieusement pour leur injuste et ingrate patrie. Et, en remontant dans le passé, en relisant notre Meguila, n'y trouvons-nous pas déjà une réponse péremptoire à l'accusation d'Aman ?

Deux officiers persans se sont entendus pour assassiner le roi Assuérus, et c'est un membre de la race proscrite, le juif Mardochée, qui a fait avorter le complot et sauvé les jours du monarque.

Mais si la calomnie n'a jamais désarmé, si, à toutes les époques de son histoire, Israël a dû lutter contre des préventions absurdes, le Ciel, avons-nous dit, a toujours veillé sur lui et l'a couvert d'une protection visible, nmpn vu

nVnn rwisn iS ntw iy Sn-iïp fin n:a WTl tvq « Dieu, dit l'un de nos sages, n'a jamais affligé son peuple sans préparer d'avance le -remède qui devait servir à sa guérîson (1) ». A côté des Aman ont apparu les Mardochée et les Esther. Oui, Israël a sans cesse trouvé dans son sein des hommes de cœur, de conviction, des âmes d'élite, toujours prêtes à combattre les erreurs, à étouffer le mensonge, à terrasser ce monstre aux cent têtes que l'on appelle le préjugé. Israël n'a jamais manqué de ces hardis champions dont la parole éloquente portait la consolation dans l'âme des affligés, l'effroi dans le cœur des méchants. Depuis Moïse et Aaron qui bravèrent tant de fois, au péril de leur vie, la colère de Pharaon, depuis Elie, le prophète, qui poursuivit de ses menaces Achab et Jézabel, depuis Mardochée ce véritable Israélite, to iff'N, et Esther qui firent pénétrer la vérité dans l'esprit du monarque absolu, que de vaillants soldats, que d'illustres guerriers Israël n'a-t-il pas recrutés dans ses rangs ! Il en a rencontré dans le passé, il en possède dans le présent. A côté de

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ces deux astres de première grandeur, dont le nom restera synonyme de dévouement à la cause de la justice, à celle du judaïsme, à côté de notre Crémieux, de noble et impérissable mémoire, et de cet auguste vieillard dont le monde entier vient de célébrer le centenaire, de Moses Monteflore, ne voyezvous pas toute une phalange d'intrépides lutteurs, n'ayant qu'un seul souci, celui de défendre leurs malheureux coreligionnaires des dangers multiples qui les menacent?

C'est la glorieuse cohorte des Comités de I'Alliance Israélite universelle, de cette Société unique dans l'histoire d'Israël, unique peut-être dans l'histoire du monde, et qui a inscrit sur sa bannière ces trois articles, composant tout son programme : affirmation constante de la solidarité des Israélites dans le malheur; protestation contre l'intolérance, la persécution ; régénération intellectuelle et morale des faibles et des opprimés.

Ah! mes frères, la noble institution, et quelle sublime entreprise elle poursuit! Un moment nous avions cru qu'avec les lumières de la science, les progrès de la civilisation, Ses

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idées de philanthropie, de fraternité, se répandant de plus en plus sur la surface du globe, tous les préjugés allaient disparaître, les haines religieuses, les guerres impies qu'au nom d'un Dieu d'amour s'étaient livrées entre eux les enfants d'un même père, ne seraient plus qu'un triste souvenir dont notre époque ferait disparaître la trace. Nous pensions que le xix' siècle aurait la gloire de voir se réaliser la prédiction de nos prophètes, que les maux d'Israël approchaient de leur terme, que nous touchions enfin à cette ère messianique où. la société ne devait plus former qu'une seule famille, confondue dans un même sentiment d'amour fraternel envers le prochain, d'amour filial envers Dieu. Et de cruelles réalités nous ont détrompés. L'intolérance a relevé la tête; les vieilles rancunes se sont réveillées avec une brutalité sauvage. De nouveaux Amans, se servant habilement de la faute de quelques-uns pour en rendre la généralité responsable, ont exploité les anciennes calomnies dont la Meguila nous offre l'exemple. Et la persécution s'est donné un libre cours, et, de toutes parts, ont retenti les cris des opprimés.

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C'est alors, mes frères, que ce sentiment admirable de solidarité dans l'épreuve, qui a toujours été une des forces et des gloires.

d'Israël, s'est manifesté avec une puissance merveilleuse au sein de cette société philanthropique de l'Alliance qui fête aujourd'hui le vingt-cinquième anniversaire de sa fondation, ma m Dm» Htew S: « Tous les Israélites sont solidaires dans l'affliction, telle est la devise qu'ont adoptée dès le principe les hommes de cœur qui, les premiers, ont conçu l'idée de grouper en un seul faisceau les sentiments de dévouement mutuel que se doivent les uns aux autres les membres de la famille

i Jacob. Se rappelant cette parole de Moïse aux hommes des tribus de Ruben et de Gad :

PS "aitfn orwi ncnSnS liai D2>nnn « Pendant que vos frères lutteront, resterez-vous indifférents et inactifs ? » , ils se sont dit que le premier devoir de l'Israélite était de quitter les bas-fonds de l'égoïsme pour s'élever dans la sphère sereine de l'abnégation et de la charité. Sans doute, les souffrances imméritées de nos frères avaient trouvé, en tout temps, dans nos cœurs, un écho douloureux; ce n'était pas sans une profonde indignation

qu'avant la fondation de l'Alliance, nous voyions 1rop souvent la vérité méconnue, le droit violé, la justice outragée. Mais trop souvent aussi nous comprimions en nous nos sentiments de légitime révolte. A quoi, du reste, auraient servi quelques protestations isolées, dépourvues de force et de sanction?

Mais les fondateurs de l'Alliance savaient, quelle puissance prête l'association. Levier immense, capable de soulever des montagnes, elle ne double pas seulement les forces, elle les centuple. Ils ont donc adressé un appel à leurs coreligionnaires du monde entier, et, soutenus par d'ardentes sympathies, de chaleureuses adhésions, ils ont appris à tous que puisque seul, entre toutes les confessions religieuses, le judaïsme n'avait point de protecteur officiel, puisqu'au contraire la plupart de ses sectateurs étaient encore l'objet des vexations les plus iniques, il appartenait à ceux qui avaient le bonheur de vivre librement dans des pays Uhres, de venir publiquement en aide à leurs frères opprimés pour leurs convictions reli-

Ce n'est pas sans quelque fierté patriotique que nous constatons que cette éelalante affir-

mation de solidarité a eu lieu, dès l'abord, en France, que Paris a été le berceau de l'Alliance, qu'il est encore le siège du Comité central. Israélites français, nous qui, appréciant les bienfaits ineffables de la tolérance, de l'égalité de tous les citoyens devant la loi, comprenons mieux que personne les souffrances de ceux qui en sont privés, nous devions être les premiers sur la brèche pour soutenir le bon combat. Heureux des nobles conquêtes faites dans notre chère patrie, nous devions chercher à les procurer aux autres.

Et ce principe une fois proclamé et inscrit en lettres d'or sur son drapeau, l'Alliance Israélite s'est mise vaillamment à l'œuvre. Résumer tous ses travaux, indiquer les merveilleux résultats auxquels elle est parvenue dans un si court espace de temps (car qu'est-ce donc qu'un quart de siècle dans l'histoire de l'humanité?), énumérer toutes les démarches qu'elle a tentées, les protestations indignées qu'elle a portées jusqu'au pied des trônes, c'est là une tâche que nous n'entreprendrons pas en ce moment; l'heure présente n'y suffirait pas. Du reste, vous n'avez qu'à lire le dernier Bulletin qu'elle vient de publier et qui est l'historique

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de son œuvre depuis sa création, et vous serez édifiés. Ce Bulletin sera, un jour, la véritable Meguila du xix" siècle. Vous y verrez avec admiration que, grâce à ses efforts incessants, les grandes nations de l'Europe, réunies, en 1878, au Congrès de Berlin, ont consacré, pour les Israélites d'Orient, le droit imprescriptible de l'égalité civile et politique de tous les citoyens, quel que soit le culte auquel ils appartiennent. Vous verrez que, grâce a elle, la cause des Israélites est désormais gagnée en Serbie, dans la Roumélie orientale et en Bulgarie. En Turquie, où ils souffrent encore, non par suite de mesures d'exception, car le Sultan les couvre de sa libérale protection, mais par l'état de misère et d'ignorance auquel les a réduits un long passé de difficultés et d'abaissement, l'Alliance travaille efficacement à leur relèvement par les écoles qu'elle y a fondées, par ses démarches auprès du Gouvernement dès qu'éclate dans ce vaste empire le moindre mouvement de fanatisme. En Palestine, elle cherche à substituer l'activité à l'inertie, en entretenant à Jérusalem une école professionnelle, à Jaffa l'institution agricole fondée par noire digue et à jamais regretté

coreligionnaire, Charles Netter, qui a voué sa vie à cette utile création et qui est mort, pour ainsi dire, à la tâche. Au Maroc, d'où hier encore nous arrivait l'écho lamentable des atrocités sans nom qui s'y commettent, l'Alliance est là comme col ange gardien dont parle l'Écriture, soutenant par ses encouragements ceux qui sans elle succomberaient au désespoir. Ses efforts, hélas ! ont échoué en d'autres pays qui n'ont répondu aux protestations de l'Alliance que par un redoublement de rigueurs. Mais la protestation, a-t-on dit, est comme l'eau qui, tombant goutte à goutte, finit par percer la roche la plus dure. Et là aussi, nous obtiendrons, un jour, la victoire ; là aussi il y aura, un jour, pour les Israélites, de la lumière, du bonheur, de la joie, de l'honneur, ipn rwwi nriOBï îtïin nrt'n omrpS, car la cause que défend l'Alliance est sacrée, c'est celle de la justice, celle de l'humanité.

Mais l'Alliance Israélite ne se contente pas de protester, de combattre les préjugés séculaires, elle fait plus : elle s'efforce de relever le niveau intellectuel et moral des anciens opprimés. Elle orée, dans les contrées les plus reculées, des foyers d'instruction où les jeunes

Israélites s'éclairent à la lumière bienfaisante : la science, où « le maître les initie aux principales découvertes modernes, à la vie s peuples, aux grands événement s politiques, aux principaux phénomènes de la nature. Tout un monde d'idées et de sentiments nouveaux se révèle à eux et fait irruption dans ce pauvre quartier juif dont l'horizon jusque-là avait été si étroit. C'est une véritable résurrection (1) a. L'école, voilà pour l'Alliance l'instrument de salut. C'est sur elle qu'elle compte pour rendre aux anciens persécutés le sentiment de leur dignité, et. établir entre leurs concitoyens et eux des relations de bienveillance et de mutuelle estime. C'est là l'œuvre de prédilection à laquelle elle consacre la plus forte partie de ses revenus. Sur un budget de quatre cent mille francs, trois cent cinquante mille, c'est-à-dire les sept huitièmes sont affectés à l'œuvre d'éducation. L'instruction est distribuée libéralement à neuf mille élèves, tant garçons que filles; cinq cents jeunes gens apprennent, dans des écoles professionnelles, des états manuels qui assure rontleur bien-être

(1) L'Alliance israêlite imîrerxelte, page"?.— Taris, 1885.

et leur permettront de marcher dignement dans la vie.

Voilà, mes frères, les bienfaits de l'Alliance, les miracles qu'elle a opérés. N'avions-nous pas raison de dire que jamais la protection divine nenousa manqué, qu'en tout temps elle a fail Mitre pour nous de nouveaux Mardochées, « grands au milieu îles Israélites, aimés de la plupart de leurs frères, poursuivant le bien de leur peuple et procurant la paix à toute leur race ïm un itim avrï nm omn^ Sna ■uni S=H diSi» 1211 iayS ».

Ah ! mes frères, soutenons de toutea nos forces cette œuvre de solidarité, de philanthropie bien entendue. Plus les horizons qu'elle embrasse sont vastes, plus grands aussi sont ses besoins. Un Israélite qui aujourd'hui ne Fait point partie de l'Alliance manque à un de ses devoirs les plus impérieux. C'est à vous surtout, mes sœurs, que je m'adresse, à vous qui recelez dans votre cœur des trésors de sensibilité et de charité. Que chacune d'entre vous, prenant pour modèle cette vertueuse femme d'Israël, dont la Meguila célèbre l'esprit de sacrifice, concoure, comme Esther, au salut de ses frères, qu'elle devienne une colla-

soratrice fidèle de l'Alliance, qu'elle lui apporte l'appui de ses sympathies et de ses souscriptions. Une nouvelle ère s'ouvre aujourd'hui pour cette institution inimitable, elle compte environ trentemille adhérents ; que dans vingtcinq ans le nombre de ses membres soit non seulement doublé, mais décuplé.

Mais comme rien ne réussit ici-bas sans la permission du Très- Haut, unissez-vous de eœur avec moi, frères et sœurs, pour recommander l'Alliance à la protection de Dieu et appeler sur ses adhérents les faveurs célestes.

mon Dieu, toi que nous n'avons jamais nvoqué en vain, toi qui fus toujours le gardien fidèle d'Israël, abaisse tes regards bienveillants sur tous ceux; qui en pensée, en paroles, en actes participent à l'œuvre sainte de l'Alliance. Ceux qui la dirigent poursuivent un but noble et sacré; marchant sur les traces de leur ancêtre Mardochée, ils ne recherchent que le bien de leurs frères ; fats, ô mon Dieu, que leur voix soit entendue des puissants monarques et confonds les desseins des modernes Amans. Qu'Israël, grâce à eux, soit délivré de tous ses ennemis, qu'il prenne dans

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