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LE RESPECT DE LA VIE

Premier jour de Pentecôte 5647 (9 avril 1887)

.ni'in nS ■ Tu ne commettras poinl d'homicide o.

(Esode XX, 13.)

Mes Frères,

Après nous avoir indiqué nos devoirs envers Dieu, après avoir fondé la famille sur des bases inébranlables, en faisant du respect des parents une obligation primordiale, le Décalogue établit, en quelques mots d'une concision et d'une netteté admirables, les lois générales qui doivent présider à nos relations d'homme à homme. La première est celle de respecter la vie du prochain : rnnn nS « Tu ne tueras point ». Le devoir supérieur de toute société n'est-il pas, en effet, d'assurer à ses membres la protection et la conservation de leurs jours !

A quoi serviraient toutes les mesures propres à sauvegarder l'honneur, les biens, la réputation d'un homme, si son existence était à la merci de tel ou tel de ses semblables qui, pour une cause ou l'autre, pourrait impunément en arrêter le cours ? Laissez la force régner en maîtresse " dans le monde, permettez à la violence de se donner libre cours, c'en est fait de l'ordre social et l'humanité n'est plus qu'une vaste arène où la victoire appartient d'avance à celui qui l'emportera par ses instincts sanguinaires. Le Décalogue venant, par la paix et l'amour, établir le régne de Dieu sur la terre, donne à la défense de l'homicide une place spéciale sur ses tables de pierre. « Remarquez, nous font observer nos sages, combien la vie humaine semble précieuse au Seigneur; les dix commandements formant deux rangs, le premier de la seconde colonne, placé en regard du précepte qui nous ordonne de croire en Dieu, est précisément celui qui nous défend l'homicide ». La croyance en Dieu, en effet, implique nécessairement l'inviolabilité de l'existence humaine ; s'attaquer à la créature n'est-ce pas outrager, dans son oeuvre, le créateur luimême !

Nulle religion plus que la nôtre, mes frères, 'a professé de respect pour ce souffle de vie, que, suivant l'Écriture, Dieu lui-même a confié au premier homme; nulle n'a manifesté une plus grande horreur du sang versé ; nulle enfin ne s'est plus efforcée, par des préceptes de charité, de tolérance et d'amour, d'enlever du cœur de ses adeptes jusqu'au moindre sentiment de haine et de cruauté. Et cependant sur ce point, comme sur tant d'autres, la calomnie est donné libre cours. Alors que nos Écritures, nos traditions, nos mœurs, notre vie ;out entière protestaient contre une aussi monstrueuse accusation, on n'a pas craint de nous représenter comme employant dans certains rites secrets le sang d'un de nos 'rères en Dieu et de nous exposer ainsi, par un mensonge aussi absurde qu'infâme, à la colère .veugle des populations.

Mes frères, l'exposé rapide que nous voulons faire aujourd'hui des doctrines bibliques et talmudiques, relatives à la dignité de l'homme, au prix supérieur attaché à la vie, à l'égalité de traitement exigée envers tous les membres de la société, quelles que soient leur origine et leurs croyances, suffira pour démontrer que

eus imputations abominables, qui ont déjà coûté la vie à tant d'innocentes victimes, sont dénuées de tout fondement et n'ont été imaginées que par. le fanatisme ou la jalousie. Il vous amènera, en outre, — c'est là principalement le but auquel tend cet entretien, — non seulement à éviter d'infliger à votre prochain tout mauvais traitement capable d'abréger son existence, mais encore à conserver votre propre vie, à ne point la compromettre ni l'exposer sans raison majeure, en un mot, à ne pas abuser du dépôt sacré qu'une puissance supérieure à la vôtre vous a confié et que, seule, elle a le droit de reprendre au jour fixé par sa sainte volonté. Amen!

Mes Fhèhes,

Eu nous représentant l'bomme, comme un être formé à l'image de Dieu, en lui assignant la place la plus élevée dans la création, la Bible nous fait connaître dès l'abord, sa dignité, sa valeur et le prix qu'il faut attacher à son existence. « Pourquoi, nous dit la Mischna, Dieu, dans le principe, n'a-t-il créé qu'un seul homme? C'est pour nous apprendre que

quiconque fait périr une créature humaine est aussi coupable que s'il détruisait le monde entier (1] ». Avec quelle profonde émotion la Bible nous raconte le premier meurtre amené sur la terre par la jalousie d'un frère ! « Qu'astu fait? dit l'Éternel à Caïn. Le cri du sang de ton frère s'élève de la terre jusqu'à moi. Eh bien ! tu seras maudit sur cette ferre que tu as abreuvée de sang innocent ». Et Caïn, bourrelé de remords, s'écrie: « Mon crime est trop grand pour qu'on me supporte (2) »! Si le premier meurtrier ne paye pas de sa vie le plus grand des forfaits, c'est que la mort était jusque-là inconnue et qu'il ne pouvait prévoiries effets de son acte de violence; mais désormais la peine capitale pourra seule expier l'homicide. Cette peine est édictée dans l'humanité, de longs siècles avant la Révélation: « Celui qui verse le sang humain, dit l'Éternel à Noé, sera mis à mort par la société dtns dinh ut -pw -jsiffi "rat, car l'homme a été créé à l'image de Dieu (3) ». Point de rançon pour le meurtrier

(1) Mischna Sanhédrin IV, 5,

volontaire. Autant la loi mosaïque s'efforcera,

par l'institution des villes de refuge, de mettre l'homicide par imprudence à l'abri de la vengeance des parents de la victime, autant elle se montrera rigoureuse pour celui dont le crime a été prémédité. Tandis que chez les nations païennes les temples étaient des asiles où la vie du plus grand coupable devenait inviolable, en Israël la présence d'un meurtrier dans le sanctuaire est considérée comme un outrage à la Divinité (1).

Remontez, mes frères, jusqu'aux premiers âges de l'humanité, étudiez les mœurs encore primitives des anciens Hébreux, il vous sera impossible de découvrir chez eux la moindre trace de ces sacrifices humains que les païens considéraient comme le plus sûr moyen d'apaiser la colère de leurs fausses divinités, rii le Dieu d'Israël avait agrét; ces sacrifices, eût-il arrêté la main d'Abraham prêt à lui immoler son fils unique? Vous trouvez dans la Bible des détails infinis sur les sacrifices d'animaux. Le troisième livre du Pentatcuque, le Lévitique , abonde en renseignements sur les

(I) Es. XXI, 14.

Bdrdmontu anxqualle i Ha donnaient Itau Pai unnuTmol turlu laorlflou humatni l lat qua non seulement lli n'étalent point en

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néant, Lu EgypUena, lu Phenlolena, mail il» étalent Interdite comme du acte i erablea, "il horreur m Dieu il nui hotnmu, . Garde-toi, ul II Hrit dana la Deuterenome, ,i imitai lu i ■ 1 1 .- 1 * * . 1 1 1 ■ - ■ -u-., au su peuplai uni

ootnmle, pour adorer leure dieux, du BjIm

nations que la Soigneur dtilute, laui offran! Laura (lia al laura Biles al lai noneumant iinns lea flommaa |tl>'. Quand donc la Mo*< loirue, traitant daa davolra da l'homme onvata ■on prochain, plaee a la tète da loua, ctlul da

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loi primordiale existant do toute antiquité* chai Ion Hébreux, Oatta loi aal promulguée non aonlomoiil en faveur du taraélltu, nala

i i égard do loua lea nommai al n'ad ' | I

la moindre oxiwptlon; un ilmpla example lufflra pour le démontrer,

\ nus i&vo . mi ■ h- ma, quai méprla tu anoteii i éprouvaient pour laura du lavai . antla

[y Dtat, Kir,

rement à lu merci fie leurs maîtres, ils subissaient, pour la moindre faute, des châtiments

qui font horreur. On les battait de verges, on les livrait aux bètes féroces, on les laissait mourir de faim. Qui n'a entendu parler de ces combats de gladiateurs, où tant de malheureux esclaves étaient, selon le caprice des spectateurs, graciés ou condamnés à mort f Eu Israël, non seulement le maître devait respecter jours de son esclave païen, mais, au moindre mauvais traitement qu'il lui infligeait, il était tenu de lui rendre la liberté: « Et s'il Tait tomber une dent à son esclave, mâle ou femelle, il l'affranchira à cause de sa dent nnn ï:nWi itfBnS S'e' "riDN jis ut îny \vi dni i:»(i| ».

Que si l'Israélite était astreint à de tels égards envers l'esclave païen, combien ne devait-il pas respecter la vie de l'homme libre, quelles que fussent son origine et sa religion ? Comment donc, mes frères, et sous l'empire de quelle aberration a pu naître contre nous.

après tout ce que nous venons de dire, l'imputation odieuse dont, tous les ans, à Pâque, nous

(1) Es. 2), Î7.

tremblons d'entendre résonner à nos oreilles le sinistre écho ? Eh quoi î Nous ferions périr un

enos semblables pour complaire à Dieu, lui qui n'est que justice, charité et amour ! Nous emploierions à la fabrication des pains azymes du sang humain, alors qu'il nous est interdit

e mêler à nos aliments la moindre goutte de sang d'un animal, alors qu'il nous est ordonné de soumettre la viande à une préparation spéciale, d'en extraire soigneusement les i pour qu'il n'y subsiste pas le moindre globule sanguin ! Mes frères, ceux qui dirigent contre nous ces infâmes accusations nous calomnient sciemment; ils savent que plus un inge est absurde, plus il a de chances l'être accepté par les masses ignorantes et 'anatiques. Rappelez-vous, mes frères, le drame horrible de Tisza-Ezlar qui, il y a quelques années, en plein XIX* siècle, a fait revivre parmi nous les sombres jours du moyen âge. Rappelez-vous ces criminels accusateurs obligeant, à force de menaces et de mauvais traitements, un pauvre enfant a témoigner faussement contre son malheureux Grâce à Dieu, la vérité s'est fait jour; les calomniateurs ont été confondus ;

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