LB CENTENAIRE DE LA RÉVOLUTION
même et inaltérable sentiment de dévouement, de fraternité, de patriotisme et d'amour!
Amen !
prononcé le premier jour de Pentecôte 5650 (25 mai 1890)
.dira 11 io 'un nWN i,a fefMM vaillante, qui la rencontrera ?
(Proverbes, XXXI, 10.)
Mes Frères,
En ce saint jour de Schabouoth où tant d'imposants souvenirs se présentent à notre esprit, où nous revoyons en pensée un peuple tout entier écoutant avec recueillement et terreur les vérités sublimes de la Révélation, il nous est recommandé de relire la touchante histoire de Ruth. Qu'y a-t-il de commun entre la scène majestueuse du Sinai, point de départ d'une transformation complète de l'humanité, au point de vue religieux et social, et cet
épisode de famille dont tout l'intérêt se concentre sur deux ou trois personnes a peine ?
Mes frères, un résumé rapide des premières
pages de cette charmante idylle nous permettra de répondre à cette question.
C'était au temps des Juges. Une famine avait obligé un habitant de Bethléem, Eliraélech, à émigrer dans les plaines de Moab, avec sa . femme Noémi et ses deux fils. Il y mourut bientôt; ses fils, qui avaient épousé deux femmes du pays, le suivirent, à un intervalle de dix ans, dans la tombe. Noémi résolut alors de retourner en Judée. Elle prit le chemin de Bethléem, accompagnée de ses deux brus, Orpha et Ruth. Toutes deux lui étaient tendrement attachées, toutes deux ne voulaient point la délaisser au sein de l'isolement et du deuil ; mais Noémi résistait à leurs généreuses instances : « Allez, mes filles, leur disait-elle, retournez chacune dans la maison de votre mère et que Dieu vous rende tout le bien que vous avez fait à nos chers morts, ainsi qu'à moi ». Orpha, après avoir versé bien des larmes, obéit à sa belle-mère et s'éloigna ; mais Ruth ne voulut rien entendre : « N'insiste pas auprès de moi pour que je me sépare de
t t'abandonne ; car là où tu iras, j'irai, là
: tu t'arrêteras, je m'arrêterai ; ton peuple sera mon peuple ; ton Dieu sera mon Dieu ; là où tu mourras, je mourrai et là aussi je serai ensevelie ; que Dieu nous vienne en aide ! I.a mort seule pourra nous séparer » ! Noémi ne repoussa pas davantage ce dévouement qui s'offrait à elle avec tant de spontanéité et de puissance ; elle rentra avec Ruth sur la terre d'Israël (l).
Mes frères, pour peu que nous réfléchissions au sentiment principal qui anime le Décalogue, nous remarquons qu'il est avant tout charité et. amour. Un Dieu parfait qui, par pure bonté, crée l'univers et l'humanité, un Dieu de bonté et de justice qui soutient te faible contre le fort, l'opprime contre l'oppresseur, une douce Providence qui, en retour de ses inépuisables bienfaits, ne nous demande qu'à l'aimer en elle et en ses créatures, un Dieu, père de tous les hommes, qui veut que nous respections ses enfants dans leur vie, leurs biens, leur honneur, voilà ce que nous révèle ce monument impérissable de sagesse et de vérité.
(0 u.ith.
En rappelant donc a noire mémoire l'abnégalion admirable de la jeune Moabite, nos docleurs ue semblent-ils pas nous indiquer la meilleure manière d'accomplir le Décalog de complaire à notre divin Maître? Le dévouement dans son aspect le plus noble, le plus délicat, le dévouement de la femme, voilà ce que nous révèle l'histoire de Itulh. Dans d'autres entretiens, mes frères, nous avons insisté sur la mission qui incombe à la femme, au point de vue religieux, sur l'appui considérable qu'elle peut fournir au développement de la piété; nous voudrions aujourd'hui étudier avec vous ce que nos Saintes Écritures pensent du dévouement dont elle est susceptible et des formes admirables qu'affecte en elle cette haute vertu. Heureux si, par nos paroles, nous rendons au mérite de l'épouse, de la mère, de l'Israélite, l'hommage qui lui est dû, et si nous persuadons nos sœurs de conserver et de fortifier en elles ce rare esprit d'abnégation et de sacrifice qui esl le plus précieux apanage de leur nature.* Amen .'
Mes Frères, 1 est dans la Hible une page spéciale qui
Ut FEMME VAILLANTE 533
■ésume, en un langage plein de poésie et de grandeur, les qualités auxquelles se reconnaît une femme délite et démontre l'influence bienfaisante qu'elle exerce sur ceux qui l'entourent. C'est le magnifique portrait que Salomon nous a laissé de la femme vaillante, Vn ni»», portrait que je vous demande la permission de vous citer, car nous y trouverons de nombreuses manifestations de cedévouement complet, désintéressé que la femme, consciente de ses devoirs, déploie constamment au dedans et au dehors de la maison :
■ La femme vaillante, qui la rencontrera':' Sa valeur surpasse celle des pierreries. Le cœur de son époux se confie en elle et il ne manque point de bien-être; elle ne lui fait jamais de mal et le comble de félicité durant tous les jours de sa vie. Elle se procure de la laine et du lin et fait de ses mains ce qu'elle veut. Semblable au vaisseau du marchand, de loin elle fait venir sa subsistance. Elle se lève avant l'aurore pour distribuer le pain à sa maison, la tache à ses servantes. Elle songe à un champ et l'achète; avec le produit de son travail, elle plante une vigne. Elle ceint ses reins de vaillance et arme
ses bras de forces nouvelles. Elle reconnaît que son profit est grand ; aussi sa lampe ne s'éteint point la nuil ; sa main prend la quenouille, ses doigts le fuseau. Elle fend la main à l'indigent, elle la présente an malheureux. Elle ne craint point la neige pour sa famille, car tous les siens sont chaudement vêtus ; elle se fait de riches tapis, ses vêtements sont de Un et de pourpre. Son époux est considéré au conseil ou il siège avec les anciens de la vïlle. Elle tisse de la toile de lin et la vend, des ceintures qu'elle livre au marchand. Force et splendeur, telle est sa parure ; elle sourit à l'avenir. La sagesse découle de ses lèvres, et, dans sa bouche, l'instruction est agréable. Elle surveille les allures de sa maison et ne mange jamais le pain de l'oisiveté. Ses fils se lèvent et la bénissent ; son mari la loue en ces termes: « Beaucoup de femmes se sont distinguées, mais toi tu les surpasses toutes. La grâce est trompeuse, la beauté n'est que vanité; mais une femme qui vénère l'Éternel mérite seule d'être honorée. Donnez-lui la récompense qui lui est due et que ses œuvres la louent en public (1) ».
(I) Prov., XXXI, 10-3i.
Comme vous le voyez, mes frères, la préoccupation première que m&nifeste le sage de l'Écriture, en dépeignant les vertus de la femme, est celle de circonscrire le plus possible son action dans le cercle de la famille. Le devoir de la femme, en effet, est, avant tout, d'exercer sa douce influence au foyer domestique, de borner son ambition à effectuer scrupuleusement, sans bruit, sans ostentation, la tâche sérieuse qui lui incombe dans le domaine spécial du ménage donl la direction lui est commise.
Accueillis par le patriarche Abraham, avec cet empressement hospitalier qui est sa principale qualité, les messagers de Dieu lui demandent où est Sara, son épouse rrvB ppk inffis*. Et Abraham leur répond : « SnNi run Elle est dans la tente (1) ». — Pourquoi cette question? fait observer un commentateur; les messagers divins, devant posséder le don d'omniscience, n'ignoraient pas, sans doute, où se trouvait alors la compagne d'Abraham.
C'est, répond-il, qu'ils voulaient fournir au patriarche l'occasion d'exalter la vertu de Sara,
(1) Genèse, XVIII, 9.
île monlrer qu'elle restait à sa véritable place, à l'intérieur de sa tente, uniquement occupée à remplir les occupations de la femme, celles de gardienne et maîtresse du foyer conjugal.
Qui pourrait décrire l'action bénie que l'épouse exerce dans la maison ; elle en est lame, elle en est la lumière et la joie ! Nos sages ont émis avec raison cet axiome que je ne saurais trop répéter: « La femme, c'est la maison jl) ». « Le cœur de son mari se confie en elle, dit le sage, rhyi zh m rraa [2], car il sait que la vertueuse compagne, associée à sa destinée, est une autre lui-même, dont le cœur bat à l'unisson du sien et qui s'oubliera sans cesse pour se donner tout entière à son bonheur.
Comme elle répand sur lui des trésors de sollicitude et de tendresse, comme elle l'entoure de ces attentions délicates, de ces prévenances charmantes qui sont l'idéal de la vie de famille ! Loin d'elle la pensée de chercher à dominer au détriment de son époux, de faire prévaloir ses volontés sur les siennes. Elle com-
(l) Talmud Goitlk iî) Prov., XXXI, i
prend que l'autorité, dans la maison, appartient à celui qui, par sa nature, est assez fort pour la faire respecter. Que, si parfois, douée d'une intelligence supérieure à celle du compagnon de sa vie, elle lui fait accepter ses conseils et suivre ses inspirations, comme elle se garde d'en rien laisser voir au dehors ! S'ingéniant, au contraire, h attribuer à son époux l'initiative des résolutions qu'elle lui a dictées, elle n'est heureuse que lorsque, selon la parole de Salomon : « Son mari est considéré au conseil où il siège avec les anciens de la ville ■p* upi ay irauri nSyn D'iytm stb (1) ». L'estime dont il jouit ne rejaillit-elle pas sur elle-même, les honneurs qu'elle lui a fait acquérir, n'en savoure-t-elle pas la douceur? Confondant son existence avec celle de l'élu de son âme, elle convertit la maison en une retraite douce et paisible, où, à l'abri des fracas, des soucis du dehors, il trouve ce délassement de l'esprit et du cœur, cette intimité pleine de charme, cette atmosphère d'affection, de confiance, d'expansion qui attirent, subjuguent, prédisposent au contentement, à l'allégresse !
(0 Prav,, XXXI, lï.
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i ■ 'ni la bli iurs qui f luire un rayon
d'espérance là où tout n'était que découragement et ténèbres.
Vous parlerai-je, mes frères, du dévouement sublime de cet auge de bonté qui se nomme une mère? Elle n'est heureuse que dans ses enfants, elle ne vit même que par ses enfants. Ce que ces êtres chéris vous ont coûté de soucis et d'angoisses, ce que vous avez prié, pleuré, souffert pour eux, vous le savez seules, s sœurs, ou plutôt vous l'avez oublié, car les sacrifices vous sont tellement familiers que vous n'en tenez pas compte, car vous vous trouvez payées au centuple de vos peines par le doux sourire de ces autres vous-mêmes eu qui vous vous sentez renaître tout entières.
« Ses fils se lèvent, dit Salomon, et rendent hommage à ses vertus rmtwi nua înp (1) » :
voilà la récompense que l'Écriture vous offre, la seule que vous désirez en retour des fatigues, des "veilles que réclament de vous les êtres adorés auxquels vous avez donné la vie.
Ah ! l'heureuse mère que celle qui a su s'acquérir l'estime, la vénération, l'amour de
(il Prov. XXXI, 's.
; enfant
les efforts
n'elle
a dépensés pour les élever dans la crainte de Dieu el pour leur inspirer, avec l'amour du travail, celui de l'ordre, de l'économie, de la charité ! Connaissant la puissance de
l'exemple, elle exerce, et c'est là une des plus nobles manifestations de son dévouement, une surveillance constante sur ses actes, et ne se propose pour idéal que le bien. Pénétrée de la vôrilé de cette parole biblique : « D'W: RV9M iwtS nntt La sagesse de la femme construit la maison |1) », elle fonde la sienne, par son activité, sur des bases inébranlables, elle l'embellit par l'ordre qu'elle y l'ait régner, elle l'enrichit par l'économie. Voyez-la, dans le portrait de Salomon, s'occupanf des soins du ménage, se levant de bon matin pour distribuer la tache à ses servantes et le pain à sa maison! Elle ne se contente pas de surveiller nn>i wathn n>siï, elle travaille de ses propres mains, filant la laine et le lin ; sa lampe ne s'éteint pas la nuit et. elle ne mange jamais le pain de l'oisiveté nS mSsy cnSi 'l3»n (21 »! L'oisiveté, cette rouille de l'âme,
(1) Prov. XIV, i.
(ï) ITui . -\\AI, |. .-■•iiu.
la femme vaillante ne la connait point ; nos sages ne cessent, en effet, de la lui signaler comme le plus grand écueil à éviter : « La femme s'endort-elle, dit l'un d'eux, la corbeille tombe (1) ». Oui, malheur à la maison dont la maltresse frivole, indolente, indifférente, abandonne la direction h des mains mercenaires. Rabbi Eliézer disait : « L'époux fournirait-il à sa femme cent servantes, il devrait encore l'obliger à s'occuper de quelque ouvrage manuel, car l'oisiveté n'engendre que de mauvaises pensées (2) ». Rabbi Simon disait également : « Le mari a-t-il fait vœu de défendre le travail à son épouse, il faut le contraindre à divorcer et à lui restituer sa dot, car la paresse conduit à la folie (3) ». La compagne du patriarche qu'il appelle sa princesse, Saraï, pétrit elle-même les gâteaux et prépare le repas qui doit être servi à ses hôtes. Rébecca vient puiser de l'eau pour sa famille et Rachel garde, dans sa jeunesse, les troupeaux de son père. Noémi, de retour à
(1) Sanhédrin 7, a.
(2) Kethouboth, 59, b.
(2) lbid., 1. c.
Bethléem, est privée de toute ressource:
« Permets, lui dit Ruth, que j'aille aux champs recueillir les épis que laissera tomber wttll aux yeux duquel j'aurai trouvé grâce [1) ».
En donnant l'exemple d'une activité incessante, la femme de la Bible ne cherche pas seulement à faire de ses enfants des sujets laborieux, capables de marcher dignement dans la vie, elle a encore la noble et légitime ambition d'accroître, par sa contribution personnelle, le patrimoine de la maison, d'y rendre les conditions matérielles du bonheur plus solides et plus certaines, de s'opposer enfin, par une recherche constante de simplicité et de bon ordre, à l'invasion des dépenses exagérées et superflues. Ce n'est pas à elle que s'appliqueront jamais les reproches qu'Isaie adressait autrefois aux filles de Jérusalem, sur le luxe qu'elles affichaient. niriaS nm tw « Force et dignité, voilà sa parure (2) » ; son époux honoré, ses enfants bien élevés, voilà ses diamants ! Ennemie d'un éclat d'emprunt, elle possède une qualité des plus rares et des
0) Rulh, H, z.
(2) Prov., XXXI, Ï5.
plus nécessaires au bonheur du ménage, l'économie. Grâce à cette vertu, comme dit l'écrivain sacré, elle n'aura pas à redouter le froid de l'hiver et tous les siens seront chaudement vêtus i»aS nrra b= '3 aSi»o rrrraS mw ta nw (lt ; grâce à elle, contrairement à ces femmes dépensières et coquettes qui, ayant trop besoin d'argent pour elles-mêmes, n'en ont point pour les malheureux, elle pourra exercer le plus saint de tous les devoirs, la charité ]vixh nnbin rovi wfo wis ns: (3).
Mes frères, nous venons de voir la femme vaillante assurant, par son abnégation infatigable, le bonheur de son époux, de ses enfants. Que dire du dévouement qu'elle sait témoigner à ses semblables et, en particulier, à ceux que l'infortune est venue visiter? Je ne parle pas même de ces héroïnes du devoir qui se montrent prêtes à donner leur vie pour le salut de leur peuple ou de leur religion. A côté de ces femmes d'élite qui, en tout temps, chez toutes les nations et dans tous les cultes, ont fourni les preuves les plus sublimes de cet
(1) Prov.. XXXI, 2!.
(2) Ibîd,, 19.
i.* rutut ïULi.tvn:
esprit spécial de sacrifice qui ne trouve à s'exercer que dans quelques circonstances déterminées, n'est-il pas incalculable le nombre de ces ilmes charitables qui, toujours ouvertes à la pitié, sympathisent à toutes les souffrances et possèdent d'admirables secrets pour les adoucir, pour les calmer?
Abraham avait chargé Eliézer, son serviteur, d'aller en Mésopotamie, chercher, au berceau de sa famille, une compagne pour son fils Isaac. Il n'avait point spécifié à son fidèle intendant le signe particulier auquel il reconnaîtrait celle qui serait digne de partager les destinées de son maître. Mais Eliézer en avait d'avance l'intuition. Et pendant que les jeunes filles se réunissaient auprès de la source, il demandait à Dieu que celle qui, sur sa prière, inclinerait vers ses lèvres la cruche où elle aurait puisé de l'eau et non seulement apaiserait sa soif, mais chercherait aussi à désaltérer ses chameaux, devint la compagne d'Isaac. Ne serait-ce pas là cette femme bonne et généreuse qui, semblable à Sara, saurait offrir une large hospitalité au voyageur fatigué? Elle, dont la sollicitude se serait étendue même à des animaux, n'aurait- elle
pas toujours une tendre pnrole pour la douleur d'autrui, une offrande pour la misère ?
■• Les femmes sont ta charité même, disent nos sages iWl mijoni B*Wi (1) », Ah ! combien, en tout temps, la femme israélite a tenu a honneur de prouver la vérité de cette assertion ! Chercherai-je au loin des exemples pour vous montrer l'épouse, la mère, sachant trouver, en dehors du temps précieux qu'elle consacre à ses obligations de maîtresse de maison, des heures entières où elle ne s'occupe que des intérêts des pauvres ; pour vous montrer l'une allant porter des consolations aux malades, l'autre du pain à l'affamé; celleci, dans tout l'épanouissement de la jeunesse, heureuse d'aller offrir à de jeunes enfants les vêtements qu'elle a confectionnés elle-même ; celle-là, malgré son grand âge et le repos qu'exigerait un long passé entièrement consacré au devoir, à la bienfaisance, gravissant péniblement de nombreux étages, tantôt pour ramener le courage et l'espoir là où tout est abattement et tristesse, tantôt pour recueillir pieusement le dernier soupir des mourants?
(I) Meg.ii
Nous n'avons, et je le dis avec un véritable sentiment de bonheur et de gratitude, qu'i jeter les yeux autour de nous pour admirer, au sein de cette chère communauté, dans son exquise délicatesse, ce dévouement dont nos sœurs bien-aimées nous fournissent, à chaque instant, de touchantes démonstrations.
Chers auditeurs, en commentant le portrait de Salomon, j'ai fait ressortir la grandeur vertus que doit posséder la femme d'élite dont le sage de l'Écriture nous a dépeint l'idéal. Oubli absolu d'elle-même pour se donner entièrement à ceux qui l'entourent, esprit de patience dans les difficultés, de constance dans le malheur, activité, ordre, simplicité, économie, générosité envers ceux qui souffrent, autant de qualités particulières qui toutes viennent se confondre en un seul sentiment, ou plutôt émanent de lui, le dévouement.
Que Dieu bénisse et récompense les saintes femmes en Israël et en l'humanité qui se sont proposé d'atteindre et ont, en effet, réalisé le sublime idéal de la Bible. Qu'à l'esprit élevé de foi et de piété que je leur ai souvent recommandé, les sœurs qui m'écoutent s'efforcent de joindre les vertus que nous venons de pré-
coniser. Qu'elles donnent constamment essor aux sentiments généreux qui éclosent si naturellement dans leur cœur ; qu'elles continuent à répandre autour d'elles, et surtout sur ceux qui ont besoin d'aide et d'assistance, les trésors de charité que recèle leur âme, afin qu'un jour on puisse rendre à la mémoire de chacune d'elles cet hommage suprême :
« C'était une véritable b*n iwk, une femme vertueuse par excellence, sa valeur surpassait celle des pierreries et des perles » I
Amen !