‹ Les doctrines d'Israel: sermonsChapitre 3 sur 27 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

estimerions heureux si notre Recueil, quelque imparfait qu'il fût, atteignait à un résultat identique.

Nous aimerions, en outre, qu'il servît à dissiper les préventions que nourrissent, à notre égard, ceux de nos frères chrétiens qui ne nous connaissent point et qui croient trop facilement aux attaques injustes dont nous sommes l'objet de la part d'une certaine presse. L'exposition loyale de notre doctrine, qui n'a d'autre idéal que l'accomplissement de la volonté céleste, pat la pratique du devoir et celle du bien, le langage tout de concorde et de paix qui se fait entendre dans la chaire israélite, et dont nos propres entretiens ne donnent qu'une faible idée, les amèneront, je l'espère, à une appréciation plus équitable du judaïsme et de ses adeptes.

Peut-être relèvera-t-on quelques contradictions entre nos premiers sermons, prononcés au début de notre carrière pastorale, et ceux qui ne datent que des années dernières. A la satisfaction sans mélange que nous exprimions, il y a quelque quinze ou vingt ans, satisfaction justifiée par les rapports d'estime réciproque, de tolérance mutuelle qui régnaient alors dans notre cher pays,

VI l'RRFACE

entre les membres des diverses confessions religieuses, ont succédé des accents de déception et de regret. C'est que l'antisémitisme n'existait pas alors et que nous n'avions pas, comme aujourd'hui, à nous défendre des entreprises coupables de certains revenants du moyen âge qui, à la fin du xix c siècle et au lendemain du centenaire de la Révolution, prétendent ressusciter parmi nous les funestes errements du passé. Quoi qu'il en soit, et malgré les tristesses de l'heure présente, nous conservons inébranlable notre confiance dans l'avenir. Il est de ces causes qui, une fois gagnées, ne peuvent plus être remises en question. Celle de l'égalité de tous les citoyens devant la loi, celle de la liberté de conscience ont triomphé, il y a plus de cent ans, de tous les obstacles accumulés devant elles; la France ne se laissera jamais enlever ces précieuses conquêtes.

Lyon, février 1896.

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