‹ Les Doctrines Économiques de CournotChapitre 6 sur 8 · COMPENSATION DES DEMANDES · texte numérisé non relu

COMPENSATION DES DEMANDES

atelier et les matières consommées ne formant qu’une faible valeur. Mais il peut se faire que la nouvelle profession qu’on envisage enlève à d’autres branches d’industrie des ouvriers ou des artistes dont elles ne peuvent se passer, etqu'il en résulte une réduction dans leur production. Pour que le raisonnement soit exact, il faudra alors retrancher des 100.000 francs, dont le total des revenus se voit augmenté par suite de la création de la nouvelle industrie, ce qui est perdu par les anciennes. Si l’on voulait même pousser les choses à l'extrême, il faudrait également tenir compte de l’intérêt du capital disponible qui se détourne nécessairement des industries anciennes lorsqu'il se porte sur l’industrie nouvelle. Par exemple, Cournot constate que l’industrie des horticulteurs de profession a pris de son temps de grands développements, que peut-être le travail des jardins d'agrément retranche des bras et des capitaux au travail des champs, mais que, dans tous les cas, il est bien certain que la terre affectée à la culture des plantes rares ou des arbres de choix ne produit plus de froment ou d’avoine. Pour obtenir des résultats certains, il faudrait donc retrancher de la plus-value annuelle des produits de l’agriculture : en premier lieu, le gain que réalisait, comme valet de labour, celui qui est devenu jardinier dans un grand établissement horticole; en second lieu, le capital distrait de l’agriculture pour être employé à des serres, pépinières, ec... ; en troisième lieu, enfin, la rente que le propriétaire du terrain

aurait obtenue d'un petit fermier s'il n'avait accepté l'offre supérieure du maître jardinier.

Pour que le principe de compensation s'applique, il ne suffit pas, en général, ajoute Cournot, « que la sagacité d'un homme découvre une industrie nouvelle, que de nouveaux goûts s’éveillent parmi les populations, qu'une autre distribution de la richesse tende à donner aux demandes une autre direction : il faut encore que la production qui satisferait au nouvel état des demandes ne soit pas rendue impossible par l'insuffisance des bras ou des capitaux, par la limilation des ressources naturelles. Il ne suffit pas d'établir qu'il peut y avoir dans la somme des revenus de quoi payer à la fois les produits nouveaux el les anciens produits: il faut encore que le nouveau produit n’enlève pas à d’autres articles les moyens indispensables de production, en bras, en capitaux, en ressources naturelles ; sans quoi nos calculs tomberaienten défaut, et notre principe de compensalion ne s’appliquerait plus » (1).

SECTION VI. — L'optimisme économique.

Cournot ne s'attache pas à donner une définilion précise de l’optimisme économique. Il reconnaît seulement qu'il y à un bien et un mal au point de vue économique,

(1} Revue sommaire des doctrines économiques, p. 184,

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