‹ Les doctrines évolutionistes [microforme]Chapitre 25 sur 29 · CONDITIONS D'EXISTENCE IMPOSEES A CHAQUE ESPECE · texte numérisé non relu

CONDITIONS D'EXISTENCE IMPOSEES A CHAQUE ESPECE

Le vulgaire comme le savant reconnaît dans le monde animé des conditions d'existence imposées à chaque espèce par Dieu. Un vague regard suffit pour remarquer qu’il y a des êtres habitant sur la terre, des êtres se mouvant dans l’air, des êtres vivant dans l’eau. Mais ce qui frappe le plus l’esprit de l’observateur, c’est qu’il existe dans les conditions d'existence de ces êtres une diversité indéfinie qui s’harmonise avec la diversité des formes ou espèces animales, qui nous invite à l'étude, à la méditation, et qui conduit à une appréciation plus s"ste d-. phénomènes de la vie, à une idée plus grandiose du plan divin de la Création.

Chaque espèce animale a ses caractères spécifiques, ses particulurités appréciables de vie, qui écartent toute idée de communauté d’origine. Cl.ez l’hippopotame, par une remarquable disposition des veines, l’asphyxie ne se produit qu'après une longue suspension de la respiration. Les valvules des veines + la tête permettent aux chauve-souris ci aux petites perruches de s’accrocher par les patte: et de dormir la tête en bas. La grande hirondelle, grâce à l’étendue de l’appareil resp: "toire et à l'énergie de la circulation du sang, peut se iivrer à ces vertigineuses évolutions que nous admirons fort pendant les belles soirées d'été. La carpe vit à i aise dans un bassin étroit dont l’eau est bourbeuse et n’est pas souvent renouvelée. La truite, jetée dans le même bassin, y meurt asphyxiée en quelques minutes. La carpe consomme peu d'oxygène et sa respiration est faible. La truite, au contraire, a une respiration active et demande une eau courante, partant, très oxygénée.

Richard Owen fournit un puissant argument contre le transformisme dans sa belle étride sur l’aye-aye, qui habite la grande terre de Madagascar. (C’est un mammifère prosimien qui manifeste son activité durant la nuit. Le jour, il dort la tête cachée entre les jambes et la queue repliée par dessus. Il a de gros yeux à pupilles très dilatables. Les pieds de devant, ressemblant un peu à la main du singe, ont des doigts épais et poilus. Il y a ici une particularité extraordinaire: le doigt du milieu est nu, grêle et doué de la faculté d’agir d’une manière indépendante des autres. Il répond à des conditions d’existence singulières et sert un instinct particulier.

Les forêts de ce pays fourmillent d'insectes, mais l’aye-aye préfère les espèces cachées dans les troncs d'arbres. L'instinct et les organes particuliers qui lui ont été attribués, dès son origine, répondent à ses conditions d’existence. Il recherche surtout les larves molles et délicates, logées dans l’intérieur des arbres. Voyons-le à la recherche de sa nourriture. La nuit venue, sa pupille extrêmement dilatable donne facilement accès à la pâle lumière du crépuscule ou des astres qui brillent au firmament. Son instrument de recherche est son doigt frêle. Regardez-le au tronc d’un arbre, il explore, il cherrhe une cavité qui loge la larve en question; il frappe l’écorce de son ongle, il a recours par là à la percussion, car il a une grande finesse de l’ouie. Les fissures des arbres sont étroites, mais avec son doigt frèle, il réussit toujours à arracher la larve de sa retraite. Son odorat est subtil et bien propre à s’assurer de la qualité de l’aliment. Ses dents sont celles des rongeurs. Enfin cet animal est ‘ne merveille d'organisation.

“Y a-t-il là, dit Owen, la moindre raison de supposer que l’amincissement de ce doigt se soit produit par un usag- forcé chez les individus d’une suite de générations qui n’avaient nul besoin de se soume‘'tre à la peine, attendu que les forêts de la Madagascar fvurmillent d'insectes, pour trouver des aliments?”

Partout, dans le règne animal, il y 2 re/ation étroite entre l’organisation et les aptitudes, er‘re les instincts et les caractères des parties externes, d’où les conditions particulières de vie pour chaque espèce.

“D'une manière générale, dit Blanchard, les espèces inférieures sont assez fortement constituées dès le moment de leur naissance pour subvenir à leurs besoins sans le secours d'autrui. Les espèce, qui nous donnent le spectacle des plus £dmirables instincts, naissent faibles et incapables de vivre sans jes soins de leurs mères. L'homme est le pren:ier et le plus grand.”

Chez l’enfant nouveau-né, la chaleur est le facteur le plus essehtiel à l’entretien et au développement de la vie. La faculté productric>? de la chaleur est rarement assez développée chez le jeune enfant pour que la température de son organisme puisse se maintenir au degr* normal. Ce qui montre le danger qu’il y a de sortir les enfants nouveau-nés durant les saisons froides. Avis aux jeunes mères.

Les êtres animés ne sont pas pourvus d’une virtuosité supérieure et ne sont pas appetés par leurs propres forces à devenir des espèces plus parfaites. L’histoire naturelle nous montre les animaux inférisurs con:me des types complets dans leurs espèces: ils sont vraiment achetés »t pourvus d'instruments compleis, appropriés à leur nature et à leurs conditions d’existence, ils n’ont pas besoin Vautres organes plus parfaits.

Nous n’avons donc aucun drnit de les regarder comme des êtres supérieurs manqués ou arrêtés dans le cours de leur développement normal.

Le transformisme est l'évolution active par les forces intrinsèques des êtres vivants. en dehors de tout concours divin.

Page 1