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MÉTHODES PHILOSOPHIQUES DE BACON ET DESCABTES

ses applications aux progrès de l’hygiène, de la civilisation, ainsi qu’au perfectionnement social, physique et moral de l’homme; il espérait prolonger l’existence en ralentissant la vie par le régime et l’usage de l’opium. Il recommandait, enfin, les vivisections et l’étude de l’anatomie pathologique.

Mais Bacon n’a pas inventé la méthode expérimentale que Galilée et Torricelli ont admirablement pratiquée. D’après Claude Bernard, il n’en a pas compris le mécanisme, il n’a pas doté l’intelligence humaine d’un nouvel instrument, et son induction ne diffère guère du syllogisme ; enfin, le grand physiologiste français ajoute : « Quand des philosophes, tels que Bacon ou d’autres plus modernes, ont voulu entrer dans une systématisation générale des préceptes pour la recherche scientifique, ils ont pu paraître séduisants aux personnes qui ne voient les sciences que de loin, mais de pareils ouvrages ne sont d’aucune utilité aux savants faits, et, pour ceux qui veulent se livrer à la culture des sciences, ils les égarent par une fausse simplicité des choses; de plus, ils les gênent en chargeant l’esprit d’une foule de préceptes vagues ou inapplicables, qu’il faut se hâter d’oublier, si on veut entrer dans la science de devenir expérimentateur... Les sciences biologiques et la médecine expérimentale, en se soumettant à l’envahissement ou à la domination des systèmes, verraient disparaître leur fécondité et perdraient l’indépendance et la liberté d’esprit qui seront toujours les conditions essentielles de tous les progrès de l’humanité ».

« L’histoire de la médecine, avait déjà dit Broussais, nous a prouvé que le tourment moral de l’homme est d’ignorer. C’est pour cela que les médecins ont constamment inventé ou supposé des faits , pour ajouter aux faits que leurs sens leur faisaient découvrir, afin de compléter et de régulariser la science de l’hornme physique. En vain, Bacon les avertit un jour

de la faute qu’ils commettaient 5 il ne put leur enseigner le moyen de n’y plus tomber et lui-même supposa la nature au lieu de la chercher avec patience. »

Descartes. — Descartes (1596-1650), cherche» une philosophie pratique par laquelle, connaissant la force et les actions du leu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissions les métiers de nos artisans, nous pourrions les employer de la même façon à tous les ouvrages auxquels ils sont propres et nous rendre comme maitres et possesseurs de la nature. »

« L esprit, dit-il encore, dépend si fort du tempérament et de la disposition des organes du corps que, s il est possible de trouver quelque moyen qui puisse rendre communément les hommes plus sages et plus habiles qu’ils n’ont été jusqu’ici, c’est dans la médecine qu’on doit le chercher. Je m’assure qu’en connaissant mieux la médecine, on se pourrait exempter d’une infinité de maladies tant du corps que de l’esprit, et même peut-être aussi de l'affaiblissement de la vieillesse. » Mécontent des docteurs et des livres, il résolut de ne plus chercher la vérité qu’en luimême et dans le grand livre de la nature.

« Quand Descartes, dit^ Claude Bernard, part du doute universel et répudié l’autorité, il donne des préceptes bien plus pratiques pour l’expérimentateur que ceux que donne Bacon pour l’induction. »

Descartes se vantait d’avoir fait autant d’expériences qu’il y a de lignes dans ses écrits, et, un jour, sollicité par un gentilhomme, M. de Sorbière, qui désirait voir sa bibliothèque, il entr’ouvre une tenture et lui montre un superbe veau qu’il allait disséquer, en disant : « Voilà ma bibliothèque, voilà l’étude à laquelle je m’applique le plus maintenant. » Mais, comme dit Claude Bernard, « Descartes, tout en tenant

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