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MÉTHODES PHILOSOPHIQUES DE BACON ET DESCARTES

compte des expériences physiologiques connues de son temps, exposa une physiologie de fantaisie à peu près imaginaire. Il fit de la physiologie comme il avait fait de la métaphysique. 11 posa un principe philosophique pour y ramener les faits scientifiques, au lieu de partir des faits pour y rattacher a posteriori les idées qui n’eu fussent en quelque sorte que la traduction. » Boerhave disait aussi « qu’on ne trouve plus Descartes dans Descartes, quand il traite des sujets de la physiologie. » Toutes ses interprétations sur la digestion, sur la respiration, sur la fermentation, sont à rejeter. Le même sort doit être réservé à ses conceptions sur Y animal-machine, sur les tourbillons, sur les esprits animaux, sur le siège bizarre de l’âme dans la glande pinéale, etc. 11 fit cependant des observations exactes sur la physiologie des organes des sens, sur l’optique et l’acoustique.

La séparation bien nette du monde métaphysique , c’est-à-dire l’âme définie par son attribut, la pensée, et du monde physique ou matériel, caractérisé par Y étendue, conduisit Descartes à Yiatro-mécanisme. Tout est mécanisme dans le corps. « Les règles des mécaniques sont les mêmes que celles de la nature. » Les corps des hommes et des animaux se comportent comme des machines artificiellement construites et se meuvent d’après les lois mécaniques dans lesquelles n’intervient aucun principe supérieur et intelligent. Descartes considère les fonctions de l’homme et des animaux comme de simples suites de la disposition des organes. Il défendit la circulation du sang qui cadrait avec la prépondérance qu’il donnait au mouvement dans les actes vitaux.

En résumé, la méthode et la philosophie de Descartes sont bien préférables à son système en physique et les principes suivants, base de la philosophie moderne, sont toujours vrais : « Il y a deux moyens pour s’élever à la connaissance de la vérité sans

crainte de se tromper : l’intuition et la déduction. Il ne faut affirmer que ce qui est tellement évident qu'on n’ait aucune occasion de le mettre en doute. Toutes les idées claires sont vraies; les idées claires s’enlresuivent et on peut remonter du connu à l’inconnu, du simple au composé; de telle sorte que, si on garde toujours l’ordre qu’il faut entre les vérités, il ne peut y en avoir de si éloignées auxquelles enfin on ne parvienne, ni de si cachées qu’on ne les découvre. »

En résumé, comme l’écrit Daremberg, « Descartes a plutôt imaginé une bonne méthode logique qu’il n’a créé un système de philosophie; il a toujours montré beaucoup de goût pour les sciences physiques, à cause de leur côté positif, mais ce goût l’a complètement égaré lorsqu’il a voulu pénétrer sur les domaines de la physiologie. Il s’est emparé de tout ce qu’il savait de mathématiques, de mécanique et de physique pour expliquer la vie. Il est le père de la plus mauvaise partie de la médecine iatro-chimique. » Conformément à cette théorie il rapporte les fièvres à la fermentation et explique leur intermittence et leurs variétés par le plus ou moins de lenteur que l’humeur corrompue met à entrer en fermentation.

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