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LA DOCTRINE DES PROPRIÉTÉS VITALES DE BICHAT

qu’il avait émises à son aurore. Broussais marcha sur les traces de Rasori et eut recours à une thérapeutique pathogénique pour juguler ou combattre 1 inflammation au moyen de la médication phlogistigue.

La Médecine physiologique de Broussais. Elle a pour point de départ 1 irritabilité de Glisson et de Brown, et repose sur la physiologie.

Elève de Bichat, adonné aux travaux d’anatomie et de physiologie, Broussais (1772-1838) applique, en quelque sorte, les idées de Brown à la maladie. L’irritabilité des tissus détermine les maladies; les irritants sont les seules causes morbifiques. L’inflammation est le grand fait anormal, initial et caractéristique qui domine la pathologie. Il n’y a pas de maladies graves auxquelles la gastro-entérite ne prenne part. La lésion est le point de dépai t primoidial; les altérations sont le fait majeur et causal. Localisées dans leur principe, les maladies se généralisent par suite de réactions diverses. Les symptômes sont le cri de l’organe souffrant. Les diathèses ne sont que « des entités imaginaires, de ridicules ontologies ». Les maladies et les médicaments spécifiques n’existent pas. L’indication causale consiste à remettre les fonctions dans leur état physiologique et à éteindre l’irritation.

Broussais étudia les rapports qui existent entre les lésions et les manifestations morbides, car ni les forces ni les propriétés ne peuvent être considérées indépendamment des organes et des tissus. Il est donc indispensable que le médecin ait toujours la matière des organes présente à l’esprit. C’est avec cette médecine physiologique que Broussais tente de réformer l’ancienne médecine. Il conteste l’existence d’un principe immatériel indépendant de l’organisme, et pense que les facultés intellectuelles sont le résultat de l’excitation de l’encéphale ou plutôt cette excita-

tion même. II ne reconnaît à la matière vivante que la contractilité résultant de l’irritabilité des tissus. Si l’excitation est trop faible, la débilité se déclare; si elle est trop forte, l’irritation survient et l'inflammation se produit. Le rôle du médecin est d’éteindre d’emblée l’inflammation. Il est utile de prévenir les crises et imprudent de les attendre. Il faut juguler l’inflammation, au début, en employant la médication ’ phlogistique , qui consiste en saignées larges et répétées et en applications fréquentes et multipliées de sangsues. La saignée était le moyen de prédilection de Broussais ; il faillit même en être victime. On a dit, avec exagération, qu’il fit couler presque autant de sang que Napoléon Ier. La médecine physiologique eut, à un moment donné, un grand succès; mais les mauvais résultats qu’elle donna pendant l'épidémie de choléra de 1832 achevèrent sa ruine. Ce qui fait la gloire de Broussais, dit Bouchard, ce n’est pas d’avoir édifié un système, c’est d’avoir porté la sape dans tous les systèmes et préparé ainsi l’écroulement de son propre édifice, c’est d’avoir affranchi la médecine. Il a eu le tort, d’après Claude Bernard, de prendre un système de physiologie pour base d’un système de médecine. Il est probable que le système de Broussais sera le dernier système médical. Broussais était de la race des grands réformateurs, il insistait sur l’étroitesse des rapports qui existent entre les manifestations de l’état normal et de l’état pathologique et avait fondé son système sur la physiologie; aussi fulminait-il contre la métaphysique : « La science (médicale), dit-il, n’est et n’aurait jamais dû être tributaire de la métaphysique ; elle ne peut rien tirer d’elle et au lieu de recevoir la loi. elle doit seule la donner, mais comme à un enfant ingrat qui méconnaît et qui méprise sa mère. »

Saignée. — C’est le règne de la saignée qui est

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