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LES PARENTÉS MORBIDES

Famille arthritique. — « La maladie chronique, a dit Chauffard:, n’est pas, comme la maladie aigue, une maladie individuelle. Pour l’observer en plein et la juger, il faut la suivre dans les générations successives qu’elle atteint et à travers lesquelles elle se transmet et se transforme. La maladie chronique soulève à travers les générations vivantes des réactions cachées, mais non moins puissantes. » « Si vous voulez, dit Bouchard, parcourir l’histoire pathologique des arthritiques, vous reconnaîtrez souvent, dès les premières années de la vie, certaines manifestations aiguës, paroxystiques qui ne sont pas en réalité des signes avant-coureurs de la lithiase biliaire, de l’obésité, du diabète, de la gravelle, de la goutte, mais qui annoncent une disposition constitutionnelle à toutes les maladies du même ordre. Ce n’est pas une coïncidence fortuite qui ramène perpétuellement ces mêmes maladies dans les antécédents héréditaires et personnels des individus atteints de lithiase biliaire, d’obésité, de diabète. Je ne crois pas, ajoute Bouchard, qu’il y ait un fait mieux établi que cette parenté morbide. »

C’est ainsi que, dans notre thèse d’agrégation, nous examinons successivement à ce point de vue les membres de la famille arthritique et indiquons les parentés morbides existant entre les maladies de la

peau (urticaire, impétigo, psoriasis, eczéma); certaines affections des muqueuses (endermoses de G. de Mussy); les migraines, les vertiges, les névralgies; l’asthme et les maladies par nutrition retardante telles que la lithiase biliaire, la gravellc, le diabète, l’obésité, la goutte, le rhumatisme chronique.

Ces parentés morbides apparaissent avec netteté sur une série de tableaux généalogiques des familles „ morbides que nous avons annexés à notre thèse d’agrégation. CeS documents se rapportent à V Arthritisme, au N euro- Arthritisme et au Nervosisme.

« C’est une loi de pathologie générale, dit Bouchard, qui permet de s’élever au-dessus des faits particuliers, de concevoir des groupes morbides naturels, d édifier au-dessus les diathèses qui engendrent les maladies. »

Quelques exemples montreront l’importance de ces pai entés morbides dans les affections arthritiques, à nutrition retardante. Ainsi, chez les ascendants des graveleux, on relève la gravelle dans le cinquième des cas, l’obésité dans le dixième, le diabète dans le sixième. La goutte est, une fois sur trois, accompagnée de gravelle, et, une fois sur huit, elle est annoncée par la gravelle des ascendants. Sur cent cas de goutte , dn trouve chez les ascendants 44 fois la goutte et l’obésité, 25 fois le rhumatisme, 19 fois 1 asthme, 12 fois le diabète, la gravelle, l'eczéma.

6 fois la lithiase biliaire chez la mère, car il est à remarquer que la goutte se transmet surtout par le père.

Sur cent cas de diabète , on relève encore chez les ascendants, la proportion suivante de maladies à nutrition retardante : obésité 45 %, rhumatisme musculaire 22 °/0, migraine 18 %> gravelle 16 %', eczéma 16 %, lithiase biliaire 10 °/0. Ce sont encore les mêmes affections qui constituent le bilan des antécédents morbides personnels des goutteux, des

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