LES PARENTÉS MORBIDES
diabétiques. C’est ainsi que, chez cent cas goutteux, on retrouve comme proportion : l’obésité (31 fois), la dyspepsie (31), la gravelle (28), la migraine (19), l’eczéma (19), la névralgie (12), l’asthme (9), le rhumatisme musculaire (9), le rhumatisme chronique (6), le diabète (3). Chez le diabétique, la proportion est : rhumatisme 54 %, obésité 36 °/0, diabète 25 °/0, gravelle 21 °/o, goutte 18 °/0, asthme 11 %> eczéma 11 %, migraine 7 °/o, lithiase biliaire 7 °/0.
Les parentés morbides avaient été signalées par Morgagni, qui était frappé de la fréquente coexistence de la gravelle biliaire et urique ; par Trousseau, qui professait que la gravelle urinaire comme l’asthme, comme la migraine, comme les hémorrhoïdes, est une manière d’être de la goutte larvée ; par Durand- Fardel et par Bazin, qui sut établir cliniquement les relations des diverses affections arthritiques. Charcot et Bouchard ont mis en valeur ces notions chères à l’Ecole médicale française.
En déterminant la parenté d’états morbides, en apparence, confus et disparates, on apprend ce que vaut chacun de nos malades, ce qu’il est, d’où il vient et où il va. On peut reconstituer leur passé pathologique et, pour ainsi dire lire, dans leur avenir. La constatation de chacune des maladies passées, présentes ou futures, vise plus haut et plus loin que le malade lui-même et retrouve son utilité et son application dans sa progéniture et dans toute sa descendance. On peut ainsi : faire un diagnostic complet, c’est-à-dire pathogénique, établir un pronostic à triple portée visant d’abord le présent et l’avenir de son malade, visant ensuite sa descendance, enfin remplir, dans sa grande et complète acception, son rôle de médecin dont le devoir est de conserver non seulement la santé de l'individu, mais encore d’accroître ia vitalité des familles et de l’espèce.