CHAPITRE !I L'ŒUVRE DE CLAUDE BERNARD
Claude Bernard (1813-1878) a rénové la physîl logie.
« En vingt ans, dit Paul Bcrt, Claude Bernard a plus trouvé de faits dominateurs que l'ensemble des physiologistes du monde entier. Supprimons Claude Bernard par la pensée et reportouB-nous à ce qu'était la médecine expérimentale au début de sa carrière. La physiologie s'appelait scepticisme, la médecine empirisme, la physiologie générale rêveries, et la médecine physiologique système de Broussais. « Aussi en montant pour la première fois, en 1847, comme suppléant, dans la chaire de Magendie, Claude Bernard disait audacieusement : h La médeciue ecientiUque que ' j'avais pour mission de vous enseigner, n'existe pas. h C'est le législateur de la médecine expérimentale. II a été et est resté le maître de tous les biologistes contemporains, de ceux même qui l'ont combattu ou se sont posés en rivaux.
On a dit avec raison : u Claude Bernard n'est un physiologiste, c'est la physiologie. « H a jeté bases de la physiologie générale, qui est la pbyi
logie des éléments histologiques ou des radicaux pi
Biologiques. Considérant la physiologie comme la base de la médecine entière, il étudia les phénomènes de J'organisme normal et de l'organisme sous l'i t/luence do causes modificalricca, auit v^iYsiologiqu»
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Psoit morbides, soit toxiques. Avec Claude Bernard, la médecine devint physiologique. La lésion fut délaissée I pour le trouble fonctionnel, car la maladie élait considérée comme une simple perversion des actes physiologiques.
En 1866, Pasteur donnait sur V Intraduction à la Médecine expérimentale de Claude Bernard l'appréciation suivante : " On n'a rien écrit de plus lumineux, de plus complet, de plus profond sur les vrais principes de l'art si difQctIe de l'expérimentation. L'influence qu'il exercera sur les sciences médicales, sur leurs progrès, sur leur langage même, sera immense. On ne saurait lu préciser dès â présent ; mais la lecture do ce livre laissera une impression si forte que l'on ne peut s'empÈcher de penser qu'un esprit nouveau va bientût animer ces belles études, >i
Claude Bernard a essayé de constituer la médecine sur les mêmes principes que les autres sciences expérimentales ; il a établi qu'il n'y a qu'une seule physiologie qui englobe l'étude de l'état normal et de l'état pathologique. « Les expérimentateurs, dit A. Moreau, qui ont cherché à rapprocher la médecine de la physiologie et des sciences physiques et chimiques, comme Lavoisier, LaSnnec, Magendie, sont les vrais promoteurs de la médecine expérimentale dont Claude Bernard a flxé les bases et la méthode. »
Claude Bernard suivit l'idée dominante de son maître Magendie, qui était de Qxer d'une façon définitive la méthode expérimentale dans la médecine et la physiol'ôgier Expérimentez, disait Magendie, qui avait tellement en horreur les doctrines et les théories médicales qu'il les jugeait ainsi : " Tout cela ne sont que des paroles, ■>
a 11 n'est, dit Vutpian, presque aucune partie do la physiologie dans laquelle Claude Bernard n'ait profondément marqué sa trace par des découvertes du plus haut intérêt. Aussi l'influence de Claude Bcvtv-ixi ï».î
LES DOCTRINES MËDICALBS
^^^1 la physiologie a été immense, et, depuis 1S48, la ^^^H part des recherches physiologiques n'ont été que ^^^K développements ou des déductions plus ou ^^^H directes de ses propres travaux. A ce titre, il a été ^^^B véritablement et dans le grand sens du mot, le maître ^^^B de presque tous les physiologistes de son temps. » ^^^H Claude Bernard fait ressortir l'indépendance de la ^^^H vie de chaque élément anatomique et montre que la ^^^B vie chimique de la cellule est la base de la physio- ^^^^ logie générale, « Les éléments organiques des corps vivants sont, dit-il, de véritables organismes élémentaires existant pour leur propre compte, ayant leurs propriétés spéciales, possédant leur autonomie, ayant leur façon de vivre et leur façon de mourir, i II insiste sur la généralité essentielle des phénomènes de la
Ivie. Il étudie les phénomènes et les liquides digestifs, découvre la glycogénie hépatique, montre que c'est dans la profondeur des tissus eux-mêmes que se produit la chaleur animale, établit que le sang est le régulateur de la température et, en même temps, l'excitateur des oxydations.
Ses expériences sur le grand sympathique, dont il démontre l'autonomie physiologique, prouvent l'influence du système nerveux sur la chaleur et les vaisseaux et le conduisent à la découverte des nerfs vaso-moteurs, des nerfs d'arrêt, des nerfs vaao-conslrictetirs et vaso-dilatateurs qui jouent un râle marqué I dans la cungestion, l'augmentation de la chaleur, à
l'état de santé et de maladie. La théorie vaso-motrice ^^^ fut à un moment donné maEtresse de la pathologie ^^^L médicale. Elle suffisait k tout, car elle expliquait la ^^^B plupart des troubles fonctionnels que l'on considérait ^^^P comme l'essence de la maladie sans chercher à remon- ^^^ ter à la cause morbigène. La rénovation en physiologie fut préparée et même opérée par la méthode expérimentale dont Claude Bernard précisa si bien l'imaortaDcet le but et le mode d'emploi dans si