II. Les levures oa blastomycélcs, dont nous n'a
î ai
"i&S LES DOCTRINES UËDICALBS ^|
pas à rappeler l'importaocG iDdustrielle, Tournissent aussi quelques espèces pathogènes; la plus conuiie est l'oïdium albicans qui est le microbe du muguet.
m. Les bactéries sont, pour le médecin, les plus importants des microbes. C'est k ce groupe qu'appartiennent le plus grand nombre des espèces microbiennes pathogânes et les mieus connues; citons, parmi les plus intéressants, les microbes de la tuberculose, de la lièvre typhoïde, de la diphtérie, du choléra, de la peste, de la pneumonie, de l'érysipèle, des suppurations, etc.
Morphologie. — Les boclMes sont des organismes très petits, ne possédant qu'une seule cellule et alTectant trois formes principales : ronde (microcoguet), longue (bacilles), courbe {vibrions). Les microcoques, généralement sphériques, peuvent offrir quelqueloJs un aspect allongé en flamme de bougie ou en fer de lance ; les bacilles, plus longs que larges d'ordinaire, peuvent se raccourcir au point de simuler des microcoques, ou au contraire s'allouger en Hlaments; les vibrions sont constitués tantôt par des cellules en forme de virgules, tantôt par des formes en tirebouchon. Au groupe des bactéries se rallacbent les i streptolhricêes, qui offrent l'aspect de filaments parfois très compliqués. Leur diamètre oscille entre un demi et deux millièmes de millimètre ; pour les formes longues et courbes, l'épaisseur varie de quelques dixièmes â deux millièmes de millimètre; la longueur est, en général, cinq à six fois plus grande que l'épaisseur, mais les formes filamenteuses peuvent dépasser de beaucoup cette proportion. Enfln, les recherches récentes de Nocard et Roux, de Loôffler, etc., ont montré qu'il existait des bactéries invisibles, caractérisitbles par leur culture et par les effets de l'inoculation.
Un certain nombre de bactéries sont mobtlet:.
tZS UAUDCES ItIFBCTIBUSBH
êont généralement des formes longues ou courbes. Elles doivent leurs mouvements à des cils ou llagelles gui s'agitent autour dû corps cellulaire.
La forme des bactéries peut subir des variations considérables suivant les conditions extérieures. Une même espèce peut, suivant le milieu dans lequel elle est appelée k vivre, affecter la forme sphérique, allongée ou courbe; le bacille pyocyanique, agent des suppurations bleues ou verdàtres. offre un bel , v exemple de ce ptéomorpkisme. Mais replacé dans les ^ conditions ordinaires de développement, ce microbe reprend son type bacillaire habituel. Pour d'autres microbes, les variations de forme sont plus stables ; ainsi les vibrions cholériques, quoiqu'ils possèdent des caractères biologiques identiques, présentent des formes assez différentes suivant leur origine et conservent ces formes différentes alors mi^me qu'on les fait se développer dans des milieux identiques. D'autre part, la majorité des bactéries prennent des formes anormales irrégulières quand les conditions de développement leur sont délavorableB, par exemple lorsqu'elles vieillissent dans un milieu qui s'épuise; on dit alors qu'elles présentent des fonnes d^involuiion : les bactéries se développent par division de leur cellule. Les bacilles et les vibrions se segmentent en deux individus par division transversale suivant une seule des directions de l'espace. Les deux cellules filles se séparent parfois rapidement pour vivre isolées ; dans d'autres, espèces elles restent accolées bout à bout et forment ainsi des chaînes plus ou moins longues. Les microcoques se divisent aussi, souvent, d'après une seule direction; tanlAt ils s'isolent après la segmentation, tantôt ils restent unis deux par deux ou en chapelets, tantôt ils se groupent en amas irréguliers comme des grappes de raisin. Dans certains cas, les formes rondes peuvent se segmenter suivant deux directions ou même suivant les trois directions
de l'espace. On a alors soit la Torme mé^rista quelles de quatre éléments, soit la forme comprenant huit individus réunis comme en un ballot cuboïde. Fréquemment les bactéries sécrètent autour ^.. -d'elles une subslauce gélatineuse dans laquelle elles restent englobées.
La reproduction des bactéries est également assui par des formes de résistance qui ont la valeur devéi^ tables graines végétales. Ces graines qui portent lô nom de spores, se forment dans les cellules bactériennes, tantét pendant toute l'évolution de celles-ci, tantôt, seulement, lorsque le milieu dans lequel les bactéries se trouvent appelées à vivre, présente des conditions défavorables. Les spores demeurent dans le milieu extérieur sans présenter de phénomènes vitaux jusqu'à ce qu'elles trouvent un milieu favorable où elles germent et se développent en donnant naissance à des formes semblables aux cellules mères, Ces germes se forment tantôt par condensation du protoplaerna dans une partie seulement de la cellule {arlhrotpores), tantét par transformation totale d'une cellule entière (endosporet). Les arthrospores existent chez les bacilles et les vibrions; les endospores soi " les formes de résistance des mîcrocoaues.
La puissance de reproduction des bactéries extraordinaire. Le mode de piultiplication par divisioA'' transversale, permet aux deux individus provenant de la segmentation d'une certaine bactérie, d'atteindre au bout de deux heures, les dimensions de la cellule mère et d'être en étal de proliférer à leur tour. « Par suite, en trois jours, les descendants d'un seul individu seraient, si rien ne venait les gêner, au nombre de 4.772 billions. Cette bactérie ayant à peu prés en largeur un millième de millimètre, deux en longueur, et sa densité étant è, peu près celle de l'eau, il en faudrait 636 millions pour faire un poids d'un milligramtne. On peut calculer a\&tmen\. ï\aa VaçTo^fetÂ-
II es
1 le'^
LES KALADIRS INFCCTIEUSES 161
ture d'une même bactérie ne pèserait, au bout de vingt-quatre heures, que un cinquantième de milligramme, mais au bout de trois jours elle pèserait 7.500 tonnes. Ces chiffres démontent l'imaginalloD, il est heureux que l'intervention des forces naturelles les empêchent de devenir des réalités. » (Duclaux.)
Nutrition des microbes. — Certaines bactéries saprophytes peuvent se contenter de substances exclusivement minérales et faire la synthèse du protoplasma en partant de composés très simples. Les bactéries nitrifiantes, par exemple, isolées du sol par Winogradaky, peuvent vivre et se développer dans des solutions salines auxquelles elles empruntent l'azote et le carbone. D'autres bactéries se contentent de la minime quantité d'éléments dissous dans l'eau où elles vivent. La plupart exigent des éléments tout préparés et certaines même des substances complexes. Quelques-unes vivent en parasites sur un hâte déterminé, comme le bacille de la lèpre et le spirille de la fièvre récurrente. Plusieurs demandent des mélanges d'albumine soluble et de peplones. Chaque microbe a des besoins particuliers et manifeste sa préférence à l'égard de divers aliments. Deux corps isomères peuvent ne pas être employés également à la nutrition des bactéries : ainsi le microbe de la pneumonie dédouble la mannile et n'agit pas sur ladulcite; et ce sont deux sucres isomères. Pasteur avait déjà montré que le pénicillium attaque et détruit le lartrate droit et laisse Inatlaqué le sel gauche. Les bactéries pattiogèncs pullulent d'une façon inégale dans les divers organes suivant la différence de composition de milieu.
Conditions de développement, — L'oxygène est indispensable à la vie des bactéries comme à celle de tout protoplasme. Mais les bactéries l'empruntent
iro
LES DOCTnrNES H^.DICALF.B
lanlôt à l'air libre, tantôt àiin composé chimique. Les premières sont appelées aérobies, les autres anaérobies ; certaines espèces peuvent également se développer dans l'une et l'autre condition ; cerlaines meurent si elles n'ont pas d'oxygène libre à leur disposition ; d'autres au contraire ne peuvent vivre en présence de l'air et ne se développent que dans un milieu privé d'oxygène non combiné. Mais même pour les espèces aérobies, l'oxygène peut devenir nuisible si la cellule bactérienne n'a pas à sa disposition, en même temps que lui, une matière alimentaire favorable. « Quand un microbe vieillit dans un milieu qu'il a habité, et si l'oxygène continue à affluer, c'est sur la substance même du microbe qu'il porte son action. La respiration lento mais continue de l'être vivant en brûle peu à peu les tissus par un mécanisme analogue à. celui de l'inanition... La mort vient enfin terminer cette série de dégradations successives. Nous verrons bientôt le lien qui rattache ces phénomènes & la diminution de virulence dans le cas où le microbe est pathogène; contentons-nous de remarquer, pour le moment, le rûle hygiénique de l'air dans les circonstances que nous venons d'examiner ». (Duclaux.)
Agents de destruction. — La végétation des bactéries est inlluencée par la température extérieure. La plupart présentent une grande résistance au froid. Le bacille de la fièvre typhoïde survit longtemps dans la glace ; le bacille du pus bleu résiste plusieurs heures à 65° au-dessous de 0; les spores du bacille du charbon supportent à un refroidissement de — 130". Pictet, en expérimentant une température de — 200° sur une trentaine d'espèces microbiennes ditîérentes, à l'état végétatif ou sporulé, ne les a pas toutes tuées. Mais si ces températures ne détruisent pas les bactéries et surtout leurs spores, elles arrêtent 1 développement.
LES "jIALADIES infectieuses
A la température de la glace fondante, il n'y a qu'un très petit nombre d'espèces saprophytes qui puissent se multiplier. Les espèces parasites elpalhogÈoes exigent, eu général, une température plus élevée, voisine de celle du corps de l'iiomme et des mammifères, La température favorable pour le développement de ces bactéries varie dans les limites généralement comprises entre 15° et 40°, mais avec un point optimum difTérent suivant les espèces et, même souvent, suivant les milieux dans lesquels elles sont cultivées.
La chaleur sèche tue les formes végétatives des microbes, mais la plupart des spores y résistent.
Le plus grand nombre des bactéries cessent de se développer au-dessus de 50° et sont détruites par une température de 60° après un temps variable, mais les spores résistent  des températures supérieures ; les hautes températures agissent moins à sec que dans une atmosphère humide ou dans l'eau. Les spores du charbon, par exemple, placées dans du bouillon, résistent plus de 10 minutes à 95" et meurent à 100" en 5 minutes ; elles survivent au contraire plus de 10 minutes dans la vapeur d'eau, et dans l'air sec elles ne périssent qu'après un séjour de 3 heures â H0°.
La lumière a, comme la chaleur, une action très manifeste sur les bactéries. Elle tue en 30 heures la bactérie charbonneuse. Le bacille de la tuberculose meurt après quelques heures d'exposition au soleil. Duclaux, Arloing ont montré que l'exposition aux rayons du soleil arrêtait le développement des cultures; que la mort des bactéries est d'autant plus rapide que l'insolation est plus forte ; que l'action bactéricide se produit même à la lumière électrique, en présence de la glace et que la question de température ne peut donc intervenir. L'essai des divers rayons colorés a établi que l'action bactéricide appartenait surtout aux radiations les plus réfrangibles du spectre bleu et Tf
164 LU DOCTBr(E5 M^CICALU
Van/yène, la lumière. U ehalear ap^ent conorrennnent eomme ageaU de deslrnctios. L'eau est un milieu de desUiicUon pour tes loicrobes. Le bacille tjpbiqoe y meurt en 81 jours et celai dn choléra en 5 semaines. Parfois, la destruction microbienne y est plus rapide. .\iDsi dans un puits contenant 680 litres d'eau, on versa ô litres de bouillon de culture renfermant 12 mitlions de germes par centimètre cube, et au bout de 3 jours, on n'y retrouva plus de bacilles typhiques.
La connaissance de toutes ces causes de mort auxquelles sont exposées les bactéries, nous permet de concevoir le maintien d'un équilibre suffisant entre leur pullulation et leur destruction. Il convient de ne pas oublier la grande résistance des spores qui, comme les graines végétales, sont les agents de conservation de l'espèce.
Nous retrouverons, à propos de l'hygiène, Tutilisar tion de ces notions et des principes qui doivent diriger les méthodes et les applications de cette science.
Mode d'action des microbes. — Les microbes exercent directement et par eux-mêmes une action nocive : tantôt ils obstruent mécaniquement des capillaires et, en particulier, ceux des reins et des poumons, et occasionnent des infarctus, des trombus, des embolies; lantAt ils attaquent et traumatisent certains éléments dans lesquels ils pénètrent (lèpre, choléra, gonocoques); tantôt ils enlèvent l'oxygène, comme la bactéridie charbonneuse; tantôt, enfin, ils dissolvent et mortilient les cellules, déterminent des dégénérescences, provoquent des phénomènes irritalifs {karyokinèse, diapédèse). Cependant, ce sont les poisons soiubles qu'ils sécrètent, qui déterminent surtout des troubles fonctionnels immédiats et des altérations nutritives plus tardives et pltui durables.
tALADlES IHFECTIEdEES 165
Les toxines microbiennes, — La découverte des poiaoDS sécrète par les microbes ou toxines bactériennes a modifié la première conception des maladies infectieuses. Pasteur invoquait la concurrence vitale dans laquelle les microbes et les cellules de l'organisme se disputaient les matériaus alimentaires cbarriés par le sang et la lymphe, luttaient, et l'un de ces éléments finissait par mourir d'inanition. Actuellement l'infection est considérée comme un chapitre de l'intoxication. C'est par leurs toxines que les microbes agissent et nuisent. Cette intoxication microbienne fut démontrée en 1884 par LœfflGr pour la diphtérie, par Koch pourle choléra, puis elle s'étendit au tétanos, au charbon symptomatique, & la gangrène gazeuse, etc.
Pour le médecin, le microbe est mo:
par sa forme et son développement in vitro que par 8es sécrétions et la toxicité de ses produits. Le microbe peut se localiser en un point restreint de l'organisme où il sera plus ou moins facile de lutter contre lui, mais ses toxines se répandent dans tout l'organisme où elles entreront en conflit avec toutes nos cellules. Ces corps toxiques microbiens reproduisent des lésions identiquesâcelles qu'occasionnent les microbes eux-mêmes.
Ces toxines bactériennes peuvent produire toutes les lésions des microbes : 1° elles détruisent les globules blancs [leucocidines) ou rouges {hémolysines) ; 3° elles augmentent les poisons contenus dans le corps (prolêines et nue léo- albumines) ; substances toxiques formées soit par dissociation des substances nutritives, soit par synthèse {toxa-mucines^ toxatbumines, toxalbumoses, toxo-peptones) ; ptomaïnes, poisons putrides. Elles provoquent des manifestations locales ouj^néî-a/eset peuvent avoir une action élective sur certains organes, appareils ou tissus, et, en particulier, sur le système nerveux. Localement, elles sont
166 LES DocrniNiss médicales
susceptibles de détermioer de l'œdème ÎDdamniatoire, de la suppuration, de la nécrose, de la gangrène. Quant aux phéDomënes généraux, ils consistent en fièvre, frissons, troubles des combustions, de la respiration, de la sécrétion urinaire, état cachectique, diarrhée, etc. Sous l'influence de ces toxines peuvent se développer ultérieurement des scléroses viscérales, des cirrhoses ou des inDammations chroniques du cœur, des vaisseaux, du foie, des reins, des lésions des cellules motrices, des cornes antérieures de la moelle entraînant des paralysies, des atrophies muscnlaires, etc. C'est là une donnée fort importante au point de vue clinique.
Dctail assez intéressant : les toxines microbiennes sont presque sans danger, lorsqu'elles sont ingérées. Le venin des serpents est presque détruit par le suc gastrique et la bile. L'économie élimine la majeure partie des toxines qui sont très dilTusibles. Ces poisons microbiens se comporteraient, d'après Courmont, comme des sortes de ferments susceptibles d'engendrer les toxines vraies aux dépens des humeurs, en vertu d'un acte enzymoLique. L'opinion courante est que ces poisons microbiens agissent directe-
Ferments solubles. — Ces toxines microbiennes ont les caractères chimiques e ttoxicologiques des /"erwienh. H Ce rapprochement, dit H. Roger, est acceptable aujourd'hui surtout qu'on tend à considérer lo pouvoir fermentatif comme une propriété physique de la matière et le ferment comme une matière complète ayant reçu de la matière vivante un certain degré d'énergie, possédant, si l'on veut, une part de l'activité vitale, une matière demi-vivante, ou en toutc&s, l'expression la plus élevée de la matière dépoarvne de vie. »
Les premiers travaux de Pasteur sur les fernj^