CHAPITRE VII US MALADIES HtRÉDITAIRES
L'Hérédité. — ■ L'hérédité est une loi biologïqp d'après laquelle les éLres vivants teudeut & se râpO^ dans leurs desceudauts et à leur transmettre leiti propriétés. » (Ribol.)
L'hérédité est la transmission non des modiflcalîoijj anatomiques, mais des modifications fonclionnellQj elle est régie par la loi de conservation du tn ancestral et par la loi de l'évolution. L'homme.) avec ses ancêtres et sa postérité, des rapports être qui règlent l'existence normale ou viciée de l'Iiuiid nité. On pourrait dire d'une façon imagée que cha<]|3 individu vivant possède une page du Grand Livre'HJf la vie sur lequel il inscrit au « Doit » les fautes et îi erreurs et à u ['Avoir » les qualités et les bonan actions; ce que reçoivent ses enfants c'est le reppi de l'excédent de bon ou de mauvais : « Quel monsâ est-ce, dit Montaigne, que ceste goutte de semence S qui nous sommes produits, porte en soy les împrfl sioDS non de la forme corporelle seulement, mais d pensements et des inclinaisons de nos pères? Cee goutte d'eau où loge en elle ce nombre infini < formes? Et comment portent-elles ces ressemblanêl d'un progrès ai téméraire et si desréglé que l'arri^ fils respondra à son bisaïeul, le nepveu à. roncte.j3
Au point de vue médical, l'hérédité a, pendia longtemps, été simplement constatée dans la pbti^
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la folie, le cancer. La science moderne a dépisté l'héréilUé dans les cas où elle semblait faire défaut et a élucidé en partie le mécanisme de la fonctioa héréditaire pathologique.
Hérédité collatérale similaire. — L'étude de la coUatéralité est de nature à préciser et à éclairer souvent les renseignements rournis par l'hérédité directe. On a noté, à propos de l'épilepsie, l'existence de celte névrose dans la proportion moyenne de 4,5 pour l'hérédité directe et de 17,1 pour l'hérédité collatérale. En somme, la clinique devra tenir compte de l'état pathologique des frères et sœurs d'un malade tout autant que de celui du père et de la mère. C'est ainsi que dans le cancer, la tuberculose, le diabète et les affections dites familiales, la maladie similaire est retrouvée, cheï les frères et chez les sœurs du sujet examiné, plus fréquemment que chez les ascendants et chez les descendants. Bouchardat faisait remarquer que le diabète était plutùt une maladie fraternelle qu'une maladie héréditaire.
Pour l'alcoolisme et la syphilis, le principal héritage de ta descendance est un état biologique inférieur avec les tares banales qui le manifestent et les maladies qui viennent se grelfer sur lui. La morti-natalilé, la dialhèse convulsive, les lésions de la peau, des organes, dn système nerveux, des sens, et la tuberculose, ce grand confluent, cet aboutissant habituel des détériorations morbides et des infériorités organiques, atteignent la famille de l'alcoolique et du syphilitique dans les collatéraux et n'existent pas chez les ascendants.
Ces manifestations collatérales identiques se traduisent par des maladies familiales, par des folies gémellaires, par des délires à deux ou à plusieurs, etc. C'est en pathologie que l'on peut dire que l'individu Hsemble plus &. ses frères qu'à ses parents et le doc-
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teur Toulouse a insisté avec r&îsoo sur \:
Vhérédité collatérale similaire en patholo^
De plus, les maladies héréditaires et en particulier les maladies nerveuses sont susceptibles de se modifier en passant des ascendants chez les descendants. Tantôt on observe la transmission de la môme maladie. L'histoire de cet épileptique dont huit Tils et trois petits-iîls furent Trappes du môme mal est classique, et ELchevcria a relevé 78 cas d'épilepsie sur 533 enfants provenant de parents atteints de cette afTection.
A mesure que les générations se succèdent, le n apparaît plus tôt et la descendance finit par s'arrât^ Tantôt l'épileptique, le délirant, le monomaniaqm donne naissance à des produits diversement tarés. Habituellement, ces tares s'aggravent en se transformant et en se transmettant, puis elles augmenteqj démesurément à l'occasion des difûcultés et des déEn tuosités dont l'existenee est remplie.
Les tares nerveuses héréditaires n'attendent i vent qu'une occasion pour se révéler ou pour éclate" bruyamment, comme il suffît d'ajouter à une solution sursaturée de sulfate de soude un cristal de ce sel pour amener la solidification de toute la masse.
Hérédité homologue et hétérologue. — L'hérédité peut donc être soit homologue, soit hétérologue. La descendance des tarés, des nerveux, des alcooliques, des déments, etc., s'arrête vite : c'est un bien pour l'espèee.
Les tares béréditaires et leurs effets cumulatits. — A un degré moins avancé, les tares héréditaires. sont insuffisantes pour entraîner ces conséquences : elles se complètent par les tares acquises, le surmenage, les maladies infectieuses, l'alcoolisme, les ambitions déçues, les obstacles élevés par les préjugés sociaux, etc. Dans la classe ouvrière, des villes sur-
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tout, l'ivrogucrie s'assucie k l'alcooliEme et dans les classes riches et élevées, l'arthriliBine domine et l'hystérie s'unit à la neurasthéaie pour engendrer des dipsouianes, des dégénérés; enlln, la classe moyenne participe aux défauts de l'une et de l'autre, et, commo la catégorie plus élevée, rapproche dans les unions, les mêmes tares morbides qui s'accroissent sans cesse.
Souvent l'union consanguine accumule sur la tôte du rejeton la somme des tares des générateurs; elles s'additionnent, se cumulent, se capitalisent d'autant mieux qu'elles sont de mâme nature. El Tbistoiio onret;islre avec une lamentable monotonie la décadence des grandes familles aux périodes brillantes, au passé fertile en noms illustres et en faits glorieux. La cause de cette déchéance tient surtout aux défauts du milieu social incessamment répétés, aux unions consanguines multipliant, exagérant les mêmes tares, sans en elîacer aucune, par l'apport de principes neufs et vivifiants. En voici des exemples historiques:
Les legs héréditaires s'observent dans une proportion variant de 23 & 90 '/„. Us sont bien mis en relief dans le livre que M. Brachet vient d'écrire sur la Pathologie mentale des Rois de Finance et sur l'Elude d'une vie humaine à travers six siècles d'kéi-édité (de 852 à 14S3]. Cette enquête historique porte sur trente et une générations de la maison de France et sur cinq cent soixante ascendants.
Cette étude de pathologie historique montre qu'A travers vingt générations ascendantes, Charles Quinta une équation morbide dérivée surtout du câté maternel, de l'hérédité de Jeanne la Folle et du côté paternel, des maladies héréditaires dépendant de l'état de Charles le Téméraire et de sa femme Isabelle de Bourbon. L'épilepsie de Louis XI est établie par une série de documents historiques, thérapeutiques, etc. On relève tous les cas qui ressortissent à la neuro-
ibologie, dans les sept générations des ducs de
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Bourgogne, depuis Robert de Clermunt, tige < dynastie, jusqu'au septième duc avec lequel s'é la lignée mile. La folie de Charles VI trouve um ees causes initiales dans le Tait qu'il est descendant de deux frères, fils de Louis VIII. mariés â deux sœurs et qu'aucun des mariages, pendant ces deux cent trente-cinq ans ne s'est exercé au dehors de celte famille de saint Louis. Charles VI était en outre Dis d'une détraquée chargée ello-méme d'hérédité des deux cdiés. Son hérédité maternelle était vésanique et son hérédité paternelle, arthritique. Il mourut luimême, en proie au délire des persécutions. L'histoire regorge d'aussi tristes exemples.
De la bénigne neurasthénie k la folie la plus grave, de la dégénérescence à la démence complote, l'hérédité demeure la grande source des maladies nerveuses. Une sorte de fatalité préside k l'éclosion de ces phénomônea pathologiques qui se reproduisent chez l'enfant à la môme heure, dans les mômes circonstances que chez les parents. La folie, les psychoses, les névroses (hystérie, neurasthénie) obéissent aux mômes lois. Elles peuvent cependant être acquises, mais elles offrent un caractère de gravité supérieure, quand elles sont héréditaires.
Tout individu entaché de l'hérédité n euro- pathologique, atteint dans ses œuvres vives, est en mauvaise posture pour résister aux attaques du dehors, car il porte en lui un germe de destruction. Faut-il s'étonner que des utopistes aient proposé de sélectionner artificiellement l'humanité et d'écarter légalement de la procréation ceux qui, frappés d'une tare, risquent de souiller la descendance?
C'est ainsi que, dans ce but, on a essayé de corriger, malgré eux, par l'internement systématique et la cure forcée sous la protection de la loi, les alcooliques invétérés qui sont un péril permanent, non seulement à cause de leurs délits personnels, mais aussi en
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raison de la propagation héréditaire de l'alcoolisme | et de la naissance des bérédo-alcooliques, dtrcs . frappés de dégénérescence et voués à la criminalité, E'adaptant mal au milieu social et ayant des réacLions dangereuses provoquées par l'exemple de l'euLourage, le milieu et le besoin de boire. Ainsi, sur cinq cents dégénérés issus de parents alcooliques, le tiers a commis des crimes, et beaucoup d'entre eux étaient hystériques ou épilepliques et candidats & la folie.
Les Dégénérescences. — La dégénérescence a. pour caractères : la débilité mentale, l'instabilité, la perversion des sentiments et les tares physiques. C'est une résistance évolutive amoindrie ayant pour critérium l'extinction individuelle et spécifique. L'évolution est compromise ou anéantie. La dégénérescence a des allures esscnLiellement dégénératives. Elle se traduit encore par l'affaiblissement de l'énergie do résistance psycho-physique ; elle va du déséquilibre mental, do la débilité organique jusqu'à l'idiotie complète. Les désordres de la dégénérescence marchent vite chez les descendants d'alcooliques, obèses, goutteux ou arthritiques.
Les dégénérés se divisent en deux grandes classes : les dégénérés supérieurs avec simples lacunes dans le jugement, le caractère, la sensibilité morale, dont les qualités brillantes cachent la tare originelle et qui parfois ont des excentricités, des bizarreries, un défaut d'équilibre des facultés intellectuelles, l'hypertrophie du moi, l'instabilité du caractère et des sentiments, et les dégénéréi inférieurt, épuisés et vaincus, qui descendent irrévocablement la pente fatale.
Ces troubles psychiques de la dégéuérescence, ce tempérament nerveux particuher (Maudsiey) peuvent aller à l'extrême et toucher presque à la folie. La dégénérescence est caractérisée par certains sligmales.
ils ont été divisés en stigmates anatomiquei, bio-