LES DOCTRINES B
logxqvet ou fonctionneh et sociologiques, HxaDl les uns et les autres le quantum de régression et de dégénéral ion.
Les stigmates anatomiques, pièces d'identité de la dégénérescence, eont multiples; c'est leur association qui fait leur valeur, car en se basant sur un seul signe on risquerait de classer parmi les dégénérés bien des personnalités marquantes. Ces principaux stigmates de dégénérescence sont les suivants ;
Crans. — a) Aficrocêphalie (avec asymétrie et soadm'e des os du crâne).
b) MacTocipkalie (par hydrocéphalie).
c) Scaphocifphalie [crûne en carène de navire).
d) Plmgioiiépkaiie [crâne oblique ovalaire).
e) Acrocéphalie (crâne en pain de sucre].
f) Satllie exagérée de la protubérance occipitale a Face. — Asymétrie, prognalisme (saillie de la mandibule
considérée par Lumbroso comme signe de la dégénérescence oriminelle).
BoucHB. — Vicieuse implantation des dénis, voûte ogivale, hypertrophie de la lèvre inférieure, bégaiement, bredouillement.
Orgillb externe. — Déplissemenl de l'héli.\-, .ibsence ou état rudimenlaire de certaines parties constitutives, écartemeat de l'oreille.
Ykdx. — Strabisme.
Mehrhes. — Syndactylie, polydaclylie, pied-bot, etc.
Tous ces stigmates sont plutôt des éléments d'appréciation, car on les constate aussi souvent à rildpilsl qu'à l'Asile.
Le docteur Rey a trouvé comme caractères différentiels du crâne dos aliénés une exagération constanto de la région pariétale et un faible développement de la région frontale avec l'élévation de l'indice céphalique et la faiblesse relative des indices frontaux et vertico-transversaL
LDtES HÉHÉDITAini
Ces caractères craniométriquea établissent surtout une distinction aniUomique entre la Tolie proprement dite liée à la dégénérescence et les étals cérébraux acquis. Ainsi que nous Ta obligeamment montré le docteur Uey, c'est la dégénérescence qui prédomine dans la population des Asiles.
C'est la caractéristique du mouvement des admissions depuis quelques années. La dégénérescence s'y manifeste par les iignes physiques déjà indiqués auxquels il convient d'ajouter le déraut de proportion des membres, des anomalies des organes génitaux, elc, et s'y traduit par des signes intellectuels (débilité mentale, instabilité, défaut d'attention, puis particularités des idées délirantes, prédominance des idées de vanité, idéea délirantes d'ordre inférieur, variabilité des conceptions délirantes, fréquence des actes impulsifs).
Un des caractères actuels de l'aliénation mentale est sa précocité. Le nombre des sujets jeunes, de quinze à vingt ans, atteints de folie, a notablement augmenté dans tous les Asiles. C'est la preuve de l'inlluence de la dégénérescence. Elle se montre actuellement dans tous les milieux sociaux, dans les grands centres et les milieux ruraux. Il existe même des faits de paralysie générale dite juvénile survenant chez des sujets de dix à douze ans. Ce sont des cas ayant surtout, pour origine, la syphilis héréditaire.
Les causes de dégénérescence habituellement notées sont: la syphilis héréditaire (hérédo-syphilitiques), l'alcoolisme ancestral et autres états nerveux ou infectieux des ascendants. Ce sont des conditions favorables au développement de la folie dont les ses déterminantes habituelles sont: l'alcoolisme, la syphilis, les maladies infectieuses, la puerpéralité et, moins souvent le traumatisme, l'intoxication palustre.
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LES DOCXBIKEâ MÉDICALES
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Les causes morales n'ont pas la prépoodérs
a coutume de leur accorder.
Les dégénérés délirent avec la plus grande facilité; ils peuvent même se livrer à des actes délirants sans que l'intelligence paraisse profondément atteinte.
Les dégénérés forment l'armée des délinquants de toute espèce. La moitié des inculpés offrent des marques dégénératives. Certains dégénérés, sans délire, ee livrent à des actes répréliensibles incapables de résister à leurs mauvais instincts.
Le dégénéré, l'hérédo-alcoolique en particulier, étant une unité nuisible et dangereuse, la société doit s'en garer, favoriser leur développement moral et intellectuel tout en n'oubliant pas que w sont des candidats au crime, les enrôler dans des sociétés enfantines de tempérance, les soustraire autant que possible à leur déplorable milieu familial et, au besoin, placer dans des refuges, des asiles, des colonies familiales ou agricoles ces dégénérés à. responsabilité atténuée.
En partie responsable, la société ne doit pas se venger; elle doit plutôt se défendre du dégénéré et surtout de l'hérédo-alcoolique, qui a cependant pour circonstances atténuantes : l'encouragement donné par l'Etat à la vente des spiritueux et les influences héréditaires rappelant le fatum antique et pesant toujours sur l'évolution et la destinée du prédisposé.
Génie, folie, crime. — Moreau de Tours a dëOni le génie une névrose et a fait remarquer que le génie est souvent associé, dans les familles, & la névrose et même à la folie. La supériorité intellectuelle de certains dégénérés supérieurs est bien connue. L'histoire nous apprend, du reste, que Socrate causait avec son génie familier, que Pascal était en proie à des hallucinations, et que J.-J, Rousseau était, atteint d'hypocondrie et avait des vices
^" LES MALADIES hShéditaire» 219
secrets. Dans le môme ordre d'idées, le docteur Toulouse rient de faire des études iatéressantes sur l'état mental et les signes de dégénérescence de nos contemporains. Mais il existe de us catégories de dégénérés : l'une, celle des dégénérés supérieurs, auxquels peuvent appartenir certains hommes de génie et qu'AristoLe considérait déjà « comme supérieurs aus autres hommes »; l'alitre, celle des dégénérés inférieurs, qui forment le lot des criminels. Et encore ne faut-il rien exagérer, car, récemment, un médecin aliéniste distingué nous disait que c'était sur un juge fort estimé qu'il avait vu les plus beaux stigmates de dégénérescence et de criminalité. Par contre, des paralytiques généraux à la première période peuvent avoir des éclairs de génie ou produire d'excellentes œuvres. Il serait facile d'en citer d'assez nombreux exemples pris chez nos littérateurs et artistes modernes ou contemporains.
Dans un ordre d'idées moins élevé, nous pourrions ajouter le cas d'un paralytique général qui donna è, son banquier des oi'dres de bourse qui, s'ils i été exécutés, auraient procuré un bénéfice de lions.
Ainsi que le fait remarquer H. Roger, les hommcF de génie comme les fous diffèrent des hommes pondérés par un même caractère : ils ont des idées opposées à celles de la majorité.
Dans sa fable intitulée : Démocrile et les Abâéntains, La Fontaine dépeint délicieusement cet état d'esprit des foules :
Ces gens étaient les fous, Démocrile, le sage.
Chez l'homme de talent, les idées continuent et complètent celles qui ont cours à sou époque ; chez l'homme de génie, elles s'en éloignent et en dillfirenl. " Supposons, dit H. Hoger pour fixer les idf"
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LRS DOCTRINES MÉDICALES
angle dont les eûtes se prolongent & l'infini ; ao sommet nous placerons la Folie, sur la branche montaEte génie, et lo crime sur la branche descendante. Si les deux états psychiques ont un point commun, il est facile de comprendre qu'ils vont constamment en divergeant et que les différences s'accusent de plus en plus à mesure que l'bomme de génie s'élève et que le criminel s'abaisse. »
Criminalité. — La dégénérescence conduit & la criminalité, et il y a un parallélisme évident entre lu
précocité du criminel et la précocité de la folie.
Le criminel-né est une conception de Lumbroso qui tend à être délaissée. Les principaux caractères ana-
1 tomiqu es présentés par le criminel-né sont la brièveté de la suture ethmoTdo-lacrymale, en comparaison de
' la longueur de l'os lacrymal (atavisme, races inférieures). Les tètes d'assassins se distinguest par une microcéphalie frontale remarquable, ainsi que par un remarquable agrandissement de la largeur bigoaiaque et de toutes les mesures faciales. Le criminel, d'aprésH Lumbroso, est une variété humaine caractérisée par un front petit et un visage grand. >
Il e.fiste, chez l'assassin, des anomalies des circonvolutions cérébrales dont la couche granuleuse est 'rès réduite chez le criminel-né et contient un bean- Ci..'^ plus grand nombre de cellules pyramidales géam^ qu'à l'état normal. L'atrophie de la couche granuleuse rapproche donc le cerveau du criminel-né de celui des animaux. Le criminel-né présenta encore un processus spécial supra-condylien de l'humérus, des variétés de vertèbres, des anomalies des organes internes, des pieds plats, des sillons palmaires; il affectionne le tatouage. ..
Assez souvent la dégénérescence et la crimînalîlé s'impliquent mutuellement. La dégénérescence est assez souvent un facteur de criminalité; elle laprë-
LES UALADIES HËRËDITAIRES
pare sans lui ÔLre ailéquaLe : c'esl Bon terrain d'éclosion. La dégénérescence prédispose au crime qui D"est guère accompli sans prédisposition criminelle. Elle n'est donc pas un facteur constant de criminalité. Le crime a été envisagé aussi comme un syndrome dégénératif, comme un produit de la dégénérescence, mais, comme on l'a fait remarquer, il est des crimes tenant avant tout aux circonstances extérieures traduisant uniquement des instincts normaux violentés par le milieu; ils sont sans lendemain, au point de vue de la dégénérescence et du déséquilibre.
Dalleraagne classe les dégénérés : en sociables, asociaux (indisciplinés, vagabonds, paresseux) anli- :iociaux et exlra-sociaux. Ces derniers mettent la société en péril, ce sont des criminels d'instinct et de sang; et il ajoute que la dégénérescence et la criminalité ne sont que des symboles qui servent à grouper sous une même rubrique des faits reliés par un môme lien doctrinal, La prédisposition criminelle a pour pendant la prédisposition dégènératrice. Chaque crime relève à la fois des facteurs propres à l'individu et d'iniluences émanées des milieux ambiants. Le crime est la résultante d'un ordre complexe de facteurs anlliropologiques, physiques, sociaux. Le milieu social et physique pousse au crime les dégénérés au point de vue organique et psychique.
Il existe donc des criminels d'instinct, de vocation, de profession, des criminels-nés (chez lesquels la prédisposition est au maximum tandis que les circonstances u' ont qu'une valeur accessoire), et des criminels d'occasion, par passion, par nécessité, par égarement momentané, par couspiralion des circonstances, à prédisposition minimum. Le crime est un fait complexe et le criminel un être varié.
A c6té du criminel-né, Lumbroso décrit le crivtinaloïde : ~~~
ituellement, l'opinion courante des aliénistes est
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LB3 DOCTRIt'ES MÉDICALES
qne le crimiriel-né n'est pas un type spécial. C'est le ' résuiUt d'une s^ie de composants pathologiques. cérébraux, atavistiques avec intoxication du germe. Ou trouve tous les passages d'une part entre le criminelné et le criminel d'occasion, et, d'autre part, entre lecriminel-né et l'être normal on bien atteintde folie héréditaire ou congénitale. Toutes les anomalies que présentent les criminels se trouvent chez les aliénés. Ce sont les descendants d'a[cootit}uei chroniques qui sont souvent atteints de « moral hisanitif » innée. Ce sont ces dégénérés qui constituent les crimineU-nés par excellence.
Quand l'état de dégénérescence se manifeste au triple point de vue somalique, mental et moral, on doit conclure à l'irresponsabilité, bien que le crime ou le délit ait été commis en dehors de toute conception délirante.
Il conviendrait donc de sauvegarder la société au moyen d'assistances pour les anormaux (dès le bas- Âge) et pour les aliénés criminels.
En présence de l'importance du terrain psyehopa- Ihiqueet du rôle considérable joué par l'hérédité sous toutes ses Formes, on s'est demandé si toutes les formes d'aliénation mentale ne développaient pas sur un fond de dégénérescence. Ne serait-elle pas la ■source de la paralysie générale elle-même, des divers états de démence, des folies légères comme des folies les plus graves?
Cette opinion a été soutenue par certains maîtres aliénistes ; mais à la dégénérescence il convient d'ajouter d'importants facteurs ëtiologiques, tels que le surmenage, les intoxications, les infections, etc.
Hérédo-sjrphilis. — Après avoir pénétré tout l'organisme du père, le virus syphilitique, si riche en méfaits dans la liste des maladies bèrêdilaires, diffuse dans la substance intime du rejeton; il résiste parfois
LES MALADIES IIËItËDITAtRES 2S3
aux moyens les plus énergiques, glissant de généralion en génération, adultérant les humeurs, détruisant les organes, abâtardissant les descendants.
La syphilis intervient souvent à titre de cause générale dans certaines névroses ou psychoses, sans qu'on puisse dire quelle est sa part exacte ; elle a aussi son hérédité propre avec ses lésions, ses symptômes. En somme, son hérédité est très souvent homolof/ue.
La sijpkilis maternelle a plus de chances d'être communiquée â l'être qui reste en contact intime avec la mère et pendant de longs mois, que la syphilis paternelle qui ne peut agir que par l'intermédiaire de la cellule fécondante, par la virulence du spermatozoïde, sans même contaminer la mère qui peut être ainsi immunisée contre une atteinte ultérieure.
La syphilis est une grande cause do maux sociaux et individuels.
L'enfant, dont la syphilis a souillé l'origine, devient très souvent l'occasion de troubles graves dans les familles,
Les enfants de l'avarié meurent dans des proportions elîrayantes, dès le début de leur vie intra-utérine. Les avortements nombreux dans une famille doivent attirer l'attention du médecin et faire soupçonner une syphilis paternelle.
Beaucoup d'enfants issus de syphilitiques succombent peu après leur naissance, et plus rarement, au bout de quelques années.
La syphihs est une cause d'affaiblissement de la descendance qui devient impropre à la procréation : dépopulation, dégénérescence, voilà les deux grands troubles sociaux dont la syphilis, plus que toute autre maladie, est la cause formelle et avérée.
L'enfant qui, par bonheur, échappe à la mort prématurée et anticipée, est le plus souvent voué à des aiïections nettement de même nature que l'infection
LES DOCTRINES UEDICALE9
I paternelle, ou dilTérentes, mais y puisant leur source. Fœtus macérés ou dilTormes, monstres bizarres ou hideus, enfante inachevés avec bcc-de-lièvre, imperforalion des organes génltaux-urinairos, cœur mcomplel, hydrocéphales, rachiLîques, paralytiques raux, adolescents cachectiques, débiles ou malform! Telle est, au point de vue social et individuel, fluence désastreuse de la syphilis.
La famille syphilitique et sa descendance vienT d'être bien étudiée par Tarnowsky, qui fait l'historique de l'hérédité syphilitique à partir du xv" siècle. La syphihs de la premii^re génération eserce une influence plus défavorable sur l'embryon que la syphilis de la seconde génération: en effet, la comparaison des produits de la deuxième et de la troisième génération présente deux fois plus de cas do syphilis héréditaire et de dystrophies que la troisième génération. Cette troisième génération ne serait atteinte de phénomènes hérédo-syphilitiques que quand les parents de la deuxième génération sont affligés de syphilit binaire, c'est-à-dire contractent la syphilis, se marient et ont des enfants, ou bien encore quand les représentants de la deuxième génération se marient à des sujets atteints de syphilis acquise. Sur 41 familles de la deuxième génération pure ayant donné 123 grossesses, aucun produit n'a eu de signes de syphilis héréditaire. La syphilis de la première génération ne se transmet donc ni directement, ni en sautant une lignée, à la troisième génération sous forme de phénomènes hérédo-syphilitiques.
Cette opinion est différente de celle de Fournier et JullieU' L'hérédo-syphilis n'aurait donc sur la troisième génération qu'une influence purement dystrophique deux fois plus faible que celle qu'exerce la pre-
ère génération sur la deuxième. On peut observer des formes abortives de syphilis acquise dans la des-
:ne-
rii
LE3 SIALAQIES HÉRÉDITAIRES 235
cendance des syphilitiques. Cette s]/phUis ÔinaiVe, c'està-dire co.itractée par un enfant né de parents syphilitiques, offre des varialione dans sa mari:he, comparativement au cours liabituel de la syphilis acquise pure, el de la syphilis hérëditaire : il peut y avoir syphilis binaire abortive ou bénigne ou atypique.
Elle a sur la descendance, c'est-à-dire sur la troisième génération, la triste iniluence suivante : augmentation du nombre des fausses couches, des mortsnés, et des. morts au cours des deus premières années, manifestations derhérédo-syphilis, difTérentes dystrophies. La syphilis binaire exerce aussi une action beaucoup plus funeste sur la troisième génération, au point de vue de la vitalité de l'embryon que la syphilis acquise de la première génération sur la deuxième. Elle donne un plus grand nombre de descendants malades et dégénérés que la deuxième génération syphilitique pure. Lasyphilisbinaireeslune des principales causes de l'extinction de la population dans les endémies syphilitiques.
Ce sont les syphiloloxines qui, d'après Hallopeau, constituent les intermédiaires obligés entre le microbe et les manifestations syphilitiques. Ces toxines ont une action locale immédiate et médiate ainsi qu'une influence générale ; elles ne produisent ni les accidents ternaires et quaternaires ni la transmission hérédi- Laire qui proviennent de proliférations microbiennes. Cependant dans la syphilis héréditaire & la première et à la deuxième génération, elles peuvent déterminer l'infantilisme, la sénescence précoce, les dystrophies indélébiles.
En résumé, la syphilis héréditaire peut se manifester de trois manières: l'avant la naissance, in uti^ro, c'est la syphilii fœtale, qui cause un grand nombre d'avortements, d'accouchements prématurés el de cas do mort du fœtus; 2° quelques semaines après la naissance, c'est la syphilis du nouveau-j>é ; 3° tardioc-
1^26 LES DOCTRISES MÉDICALES
ment. La syphilis héréditaire précoce peol Ôlr© tnoamise par des parents syphililiques au moment même de la procréation ou après la fécondation par contagion ou infection intra-utérine. L'hérédité peut être mirte ou matemftle, soit par Infection ovitlaire, soit plus tard par infection placentaire, ou paumelle. Dans la syphilis conceptionttelle, la mère reçoit la syphilis tn ulero par la voie placentaire, par le sang. D'après la loi de Baumes et de Colles, uu enfant procréé syphilitique par un père syphilitique n'infecta jamais sa mère saine en apparence. Dans la syphilis héréditaire, la transmission de la syphilis au fcetus s'opère donc par le sperme ou par l'ovule, ensemble ou séparément ; alors l'œuf est infecté d'emblée, dès la fécondation ou bien secondairement parla circulation placentaire pendant la formation de l'œuf.
La transmissihililé héréditaire persiste plus longtemps chez la femme que chez l'homme. Plus la syphilis des parents est ancienne et moins la syphilis hfiréditaire devient probable dans le cas de gr«ssesses
La syphilis est donc un véritable facteur de dépopulation : ainsi, les enfants issus d'un père syphilitique meurent dans la proportion de 1 sur 4, et elle s'élève à 71 pour 100 si la mère eet atteinte de syphilis. L'enfant est presque fatalement condamné à mort. si la syphilis date de moins d'un an. Autant de naissances, autant de décès,
La syphilis constitue un danger social par les conséquences héréditaires qu'elle comporte, par l'ctlroyal mortalité dont elle menace les enfants, par les âAi nérescences, les dystrophies, l'infanlitisme, le rac tisme de i'avorton syphilitique et de ses descend^n
La famille alcoolique et sa descendance. fléau alcoolique sévit avec intensité. Ses ravages \A de continuels progrès. C'est un véritable dësà^
ES MALADIES HËBËDITAIHEB 22*1
social. II existe ud vrai péril alcoolique. L'alcoolisme est la ruine et l'agent de destruction des peuples modernes. Non seulement il produit des lésions graves et des désordres multiples chez le buveur, mais il entraîne de redoutables conséquences dans la deacondance. La première génération, d'après Morel, est atteinte do dépravation morale, d'hérédoalcoolisme; la seconde, d'ivrognerie habituelle, de manie, de ramollissement cérébral; la troisième présente de l'hypocondrie, de la tendance au suicide et à l'homicide; enlln la qualrième liait dans l'imbécillîtê, l'idiotisme, la stérilité avec extinction de la famille. Elle n'est pas moins édillante la statistique de Legrain qui porte sur 814 descendants d'alcooliques provenant de 315 familles : 43 "/^ sont alcooliques, 60 % dégénérés, 13 % fous moraux, 22 % ont des convulsions, 20 "/o sont atteints d'hystérie ou d'épilepsie et 19 °/o f>"^ versé dans la folie. 174 n'ont pas été en état de vivre ; 93 sont morts tuberculeux ; bref, le déchet social brut par hérédo-alcoolisme s'est élevé & un tiers.
L'alcoolisme est une tare de famille et s'attaque à la race ; c'est un mal non seulement contagieux, mais encore héréditaire, II perpétue et propage le mal dans la descendance qui est inférieure à la moyenne et présente des états intellectuels et moraux graves la poussant à des réactions antisociales, telles que le délit ou le crime. C'est l'alcoolisme, cause puissante de la décadence des nations, qui favorise au plus haut degré la dégénéreicence et la eriminalité.
L'alcool est la pierre de touche de l'équilibre des fonctions cérébrales; il prépare et exagère le terrain psyckopathique ; il met au jour les défectuosités mentales restées parfois latentes k la faveur d'une bonne hygiène. L'alcoolique verse d'autant plus facilement dans la folie que son hérédité est plus puissante et la cause occasionnelle plus active. Le dégénéré bérédi-
S28 LES DOCTFUHËB UEDIC&LE3
taire est caractérisé par son état mental, ses imputsjons, sa tendance à délirer pour les causes les plus légères, ses excès alcooliques accrus par la dipsomanie. La tra ne mission liéréditaire de la tendance à boire existe dans la proportion des deux tiers et ee manifeste à un â,ge précoce. L'alcoolisme (surtout l'absinthisme) et l'épilepsle réagissent l'un sur l'autre. L'hérédité favorise le délire alcoolique principalement chez les dégénérés maximum, « Le cerveau du prédisposé, dit Legrain, accapare presque à lui seul l'action de l'alcool et, en vertu de sou degré de moindre résistance, il réagit tout de suite avec les idées délirantes des types mélancoliques ou ambitieux et avec formes dépressives ou expansives. Puis surviennent les psychoses de la période de régression, les états convulsifs (épilepsie alcoolique, absinthique). On cite de nombreux cas dans lesquels presque tous les enrants d'alcooliques (6 sur 7, 9 sur 11) moururent en bas-âge avec des convulsions. Les accidents dus à l'alcoolisme sont encore aggravés par la dipsomanie, que Magnao considère comme une des attitudes de l'aliéné héréditaire et dégénéré. " Derrière un alcoolique, dit Legrain, il y a souvent un aliéné ou un prédisposé à la foliei Les buveurs engendrent des épileptiques comme ils engendrent des buveurs. De la synergie morbide de l'alcoolisme et de l'hérédilé résulte donc une singulière aggravation des processus hérédo-pathologlques. »
L'hérédité de la tuberculose et du cancer. ~^J
tuberculose est incontestablement auss
que la syphilis et que l'alcoolisme.
C'est le lléau moderne !
, Devant l'impitoyable moissonneuse, les hommes, ■
jeunes ou vieux, se couchent comme l'épi soua la
faulx... et la moisson est abondante chez les pcu^loâ civilisés I
; MALADIES nËRÉDlTAIRES
Plus radicale dans ses arrêts que la syphilis, sa compagne fri^quente, elle tue trop souvent et générameot trop vite pour avoir au point de vue de l'hérédité, la même importance que le mal vénérien. La tuberculose joue un rôln terrible dans la société, autant en tuant l'adulte qu'en souillant la descendance.
La tuberculose mérite d'autant plus la sollicitude du médecin qu'elle n'est pas, comme la syphilis, une maladie évitable: c'est une maladie « imméritée » frappant qui lui plaît et Pinnocent qu'elle choisit est une victime inconsciente et involontaire.
Comme les syphilitiques, les tuberculeux se révèlent souvent par une mortalité fœtale exagérée; mais on voit moins les malformations extérieures des rejetons, les monstres et les difformités.
La syphilis garde le premier rang parmi les maladies dyslrophiques, perturbations de la nutrition et de la formation embryonnaire.
L'enfant de source tuberculeuse, né à terme, conserve longtemps les attributs d'une bonne santé, et ce n'est que petit à petit, que la descendance des phtisiques s'égrène sous les coupa de la méningite, de la péritonite, de la coxalgie, de la carie vertébrale, des broncho-pneumonies ou d'affections pulmonaires semblables à celles des parents.
Que de familles où l'on voit trois ou quatre enfants succomber au môme âge avec une régularité et une fatalité désespÉrantea, frappés du même mal, révélant quelquefois chez les ascendants une maladie que personne ne soupçonnai).
Tous les descendants ne meurent pas, mais parmi ceux qui survivent, combien d'adolescents fragiles, débiles; combien sont frappés de tares telles que: malform atio ns cardiaque s, étroitesse congênit aig deit artères at tn bua bles aux poisons sclérosants de iatubercûîose pateriioTle.
Quant au cancer, d'une manière générale, il est.
LBS DOCTBIMES MÉDICALES
'bien moine Iraosmissible que la tuberculose. Cep< J dant le docteur Dolmas opéra d'un cancer du sein i femme de 45 ans, dont les neuf générations &al rieupes avaient présenté le même mal, et firoca' i l'hérédité cancéreuse dans trois générations [ vingt- six descendants d'une femmecancéreuse. Qui) oins de soîxanle-dis ans, furent frappés de Napoléon I" et son père moururent de cancer sLomai
L'hérédité des néoplasmes cancéreux ou autres qi certains considèrent comme une déviation de l'évolua tion cellulaire normale, peut Être rattachée, à ce titre, à l'hérédité des dyslrophies élémentaires primitivea. Les relations du cancer avec l'arthritiame et l'herpélisme sonl bien connues. D'après Critïmann, « le cancéreux peut engendrer des enfants qui portent déjà leur cancer, alors que les enfants des tuberculeux, par exemple, naissent avec la prédisposition à con- ' tracter la tuberculose i>. Pour lui, le cancer rentre dans la classe des hyperplasies désordonnées d'origine Irophique naissant à l'occasion d'une insulte inflammatoire ou involutive. Bard estime que le cancer est une monstruosité du développement cellulaire. Il existe surtout une hérédité de terrain favorable au parasitisme néoplasique.
Hérédité et infection. — Il se produit même transmission héréditaire des propriétés nouvelli acquises par les virus, pour les espèces qui se reproduisent par sporulation. Les spores naissent avec le degré de virulence que possède la source originelle. C'est ainsi que certains saprophytes adaptés peu à peu à la vie parasitaire par une circonstance fortuite telle que la végétation accidenlelledans le corps d'un animal ont pu garder héréditairement cette aptitude nouvelle, la virulence. « Ce transformisme fonctionnel explique, d'après Kelsch, les maladies infectieuses nouvelles par transformation d'un être indilTérent en microbe
LES MALADIES BÉRÉDITAinGS 231
sible, d'un saprophyte en Tirus. Les bactéries, par la simplicilé de leur organisation, la rapidité de leur reproduction et leur évolution, se prêtent au centrale des lois de Darwin. Ce sout les fonctions virulentes qui se prêtent aux changements les plus profonds; mais les modifications morphologiques et biologiques ne créent pas d'espèces nouvelles ; ce sont des races différentes d'une même espèce. » Du moment que la virulence est une qualité accidentelle, une formation surajoutée, c'est vraisemblablement le miero-organieme atténué, le saprophyte qui constitue l'espèce et le virus qui est la race. (Bouchard.)
Un certain nombre de maladies infectieuses, telles que la fièvre typhoïde, la fièvre récurrente, la [ monie, le choléra, le charbon, l'érysipële, sont susceptibles de passer de la mère à l'enfant par la voie placentaire. Taudis que le placenta était considéré commi un filtre parfait pour les uns, imparfait pour les autres, il est admis aujourd'hui que lesmicrobes jiénèlfeBl dans le sans du fœtuspar les lésions du placenta.*
La transmission morbide a également lieu par l'œul infecté primitivement par la mère ou ultérieuremenl par le spermatozoïde. C'est Vinfection germinalive. Elle intervient peu souvent, d'une façon directe, dans la tuberculose et il est rare que l'enfant naisse avec des lésions tuberculeuses. Le descendant de tuberculeux présente surtout une faiblesse congénitale dans la structure et le fonctionnement du poumon qui se manifeste surtout dans l'adolescence. Celte faiblesse qui le prédispose â l'invasion tuberculeuse est analogue à celle de l'intestin dans la tlacherie des vers à soie. [Pasteur.)
Hérédité de la graine et hérédité du terrain. — Pour les uns, le rejeton reçoit de ses parents le germe morbide qui reste plus ou moins latent dans ses organes, qui ne se révéVeta çewl-feXTft ^a.w.îix'à.
LES DOCTRINES MÉI.'ICALEa
I mais qui n'attend qu'une occasion pour manifesti
I virulence. C'est l'hérédilé de la grai
Pour d'autres, le germe ne passe que rarement
! chez le fœtus et, le plus souvent, celui-ci n'apporte
en naissant qu'une simple prédisposition qui le rend
I plus apte à contracter la maladie paternelle ou toute
' maladie analogue. C'est l'hérédité de lerrain.
Certains faits relèvent suivant les circonstances de l'une ou de l'autre hypothèse. La première serait, au point de vue scientifique, la plus séduisante, bien que la prédisposition ait des caractères bien imprécis ; mais les observations et les expériences ne la corroborent pas toujours. L'expérimentation a été mise en œuvre pour trancher la question. Brown-Séquard, après avoir rendu des cobayes épileptiquea par des traumalismes portant sur le système nerveux cenlri' a pu constater que leurs descendants étaient quemment frappés du môme mal.
Il semble bien que l'hérédité comporte autre cbi
qu'une prédisposition; que les parents transmettent I à leur progéniture une conformation nerveuse parti- I culière et semblable à la leur.
Les observateurs modernes ramènent l'épilcpsie et ■ les psychoses à des intoxications acquises et tendent  diminuer l'influence de l'hérédité; ils insistent sur i rôle des intoxications paternelies [alcool, ploi morphine, "éther, cocaïne, mercure, infections), 'a genèse des maladies nerveuses des rejetons.
Mais la vraie lutte entre partisans de l'hérédil la graine et défenseurs de l'hérédité de terrain à propos des maladies infectieuses parasitaires.
Le germe infectieux, la graine, par conséqai peut passer de la mère au fœtus à travers le place) ainsi une femme enceinte frappée par la variole donner naissance à un enfant marqué de cici ou porteur d'une variole en pleine elfloresceDca. Celle maladie aiguë, ffiome\iXa.Tifeft, tioluant fiii
des traJ^
LES MALADIES IIËRi'ïDETAinES 333
tanëment chez la mère el le fœtus, est due au même germe. Le placenta se laisse traverser par les microbes, surtout s'il préseoledes lésions même microscopiques. Ce dernier fait explique les divergences sur la perméabilité de cet organe.
Le bacille de la tuberculose traverse le filtre placentaire sans produire immédiatement chez le fcetus des désordres graves, incompatibles avec la vie, et le nouveau-né peut continuer à vivre avec des apparences de santé, jusqu'au jour où une cause favorisante permettra au germe de se développer et d'exercer ses ravages.
Mais comment expliquer l'hérédité tuberculeuse quand la mère ne porte qu'une lésion insignilianto, localisée, enfermée, quand le sang maternel lui-même est absolument inolTensif?
Comment expliquer l'hérédité de l'oncle au neveu. du grand-père au pelit-flls en passant sur la tête des parents indemnes ?
Comment surtout expliquer la tuberculose d'origine paternelle dans les cas où l'expérimentation a montré que le sperme était aseptique et inoffensif? Alors l'enfant naît tuberculisable et non tuberculeux, il n'a pas les germes en lui, mais seulement une prédispofiition à, les recevoir, à les conserver el ô subir leurs attaques, sans opposer une résistance suffisante. Le placenta normal constitue un llltre parfait et peut parfois s'opposer L l'infection microbienne du fœtus. Hais il laisse passer plus facilement que les germes les poisons solubles, les toxines seules qui vont alors de la mère à l'enfant. On s'explique ainsi que le (ils d'une femme atteinte de variole pendant la gestation, peut naître sans aucune trace de la maladie ot être cependant immunisé, pendant quelques mois, contre une atteinte nouvelle du même mal.
Par la même hypothèse, on interprête les lésions non tuberculeuses des enfants de phtisiques ou non, spécifiques des avariés, qui recOQna.isaftn\. tom.ïEie, ovv-
LES DOnTBINES MÉDICALES
reçue
I gine les poisons de la maladie paternelle (lésions para-
I tuberculeuses ou parasyphililiques, rétrécissement
I mitral congénital, chlorose, étroitesse des artères,
I rachitisme, etc.) ; enlin on donne une raison plausible
F h cette constatation plus d'une fois renouvelée que
l'individu atteint de syphilis héréditaire peut contracter
une syphilis ultérieure contre laquelle il n'est pas
vacciné. En effet, la vaccination temporaire reçue
dans le sein de la mère grâce aux substances dif
saut à travers le placenta, a disparu lorsque l'héi
I eyphililique est en ^e de contracter la syph]
V c'est-à-dire d'en recevoir le germe.
Il n'a reçu de la maladie paternelle que les poisone ' destructeurs et dystrophiques, mais non l'immunité I totale qu'il posséderait si les germes avaient vécu en lui . Le docteur Delamare vient d'étudier expérimentalement la transmission utéro-placeu taire et parfois germinale des tares observées ou des mutilations viscérales pratiquées chez les parents. C'est ainsi que les altérations du foie et des reins réalisées par broyage chez des cobayes et des lapines pleines ont . été suivies, plusieurs fois, chez leurs fœtus, de locali- 1 salions morbides, de lésions dégénératives, hémor- |rhagiques, au niveau des viscères homologues. Une E chèvre ayant reçu des injections d'extrait hépatique, ) un chevreau qui présentait de fortes altérations du foie contrastant avec l'intégrité des autres organes. Ces altérations fœtales sont attribuées au développement, chez la femelle opérée, de çy tolysines, par suite de résorption des éléments cellulaires. Ces cytolysines traverseraient le placenta pour léser ensuite d'une façon élective les organes homogènes du fœtus. On conçoit ainsi la genèse de quelques dystrophies viscérales familiales, de plusieurs prédispositions morbides et de certaines immunités cellulaires. Ces données ont une portée philosophique et prak tique ; elles prouvent la transmission aux descen-
t£S HALADICS BËHËDÎTAIRES
dantB d'un caraelère acquis par la mère et montrent que cette action à distance d'une cellule sur une autre cellule peut s'exercer, en partie, au moyen de substances solubles de cytolysines qui sont également susceptibles d'influencer le germe. La transmission des caractères acquis s'efîectue soit è. l'aide de réactions nerveuses, soit k l'aide de produits soinbles exogènes ou endogènes (sels, tosalburaines cellu- laires). D'après Delamare, la transmission utérine a des conséquences ibéoriques et pratiques à peu près aussi importantes qne celles de la transmission germinale. La justesse de cette interprétation est corroborée par d'assez nombreux faits cliniques et anatomo-pathologiques personnels.
On connaît le mal de Bright héréditaire (UJeulafoy), l'aorlisme héréditaire (Huchard), le rétrécissement mitral chet le fœtus (Durozier, Servin, Hirlz, Caubcl, Cochez); le tianisme miira/( Gilbert et Rathery). Presque toujours, il s'agit d'hérédo-syphilis el d'hérédo-tuberculose. Nous venons d'observer dans notre service de" clinique médicale un cas de transmission héréditaire homcemorphe de rétrécissement mitral, en dehors de toute inTection. La mère, âgée de vingt-trois ans, a, trois ans auparavant, une pneumonie avec endocardite suivie de rétrécissement mitral. Elle avorte d'un fœtus de six mois, mort-né, et succombe lesurlendemain. Une double autopsie nous montre, chez la mère, un rétrécissement mitral très étroit que l'on retrouve, chez le fœtUB, en dehors de toutes lésions syphilitiques ou tuberculeuses. Si des faits analogues se multiplient, y on pourra préciser le déterminisme de certaines maladies héréditaires et lixer la part exacte qui revient à la prédisposition ou à la malformation et & l'alleinte morbide directe dans la vie intra-utérine. Il est probable que nombre d'aiïeetions qui ne se manifestent ^e dans renfance, existaient déjà, à l'état latent, dès la naissance.
CETAPITRE VIII LES THÉORIES SUR L'MÉRfDtTË
Les théories générales de l'hérédité (1) sont : I. [ nimisme, II. l'éoolulionnùme, III. le micromérismèiM
I. L'auLmisme est représenté par Platon qui admet ' que la créalton est la réalisation de la pensée d'un démiurge organisant une matière qui coexiste avec lui; par Aristote qui imagine une âme végétative construisant le corps et à laquelle se superpose une àme raisonnable (vouç). Pour les Pères de l'Eglise, la niatiÈre première est l'œuvre de Dieu et l'&mu vient donner la vie au corps façonné par les parents, l'an Ildmunt dislingue de l'âme raisonnable VArchée c'esl à-dire l'àme végétative à laquelle sont subordonnési des Archées secondaires. A l'animisme se rattache encore le nisus formalîvus de Blumenbach, de Needham, la force vitale de Barlhez, Bordeu, Lordat.
n. L'éTolutionnisme soutient la doctrine de la préformation, la théorie de l'emboîtement des gerviez. L'œuf de l'animal contient en germe les parties pr.^^ formées de l'être futur qui n'ont plus qu'à se déveîa^^ per et à s'accroître.
L'emboîtement est placé dans le spermatoïde papfl
L'Hérédité et tes grands jrroblèmta de la Biologie génifaitîm Yves Dei.abe, WdS. — Let Influences anceslt^es, par La DAf (MËme coUectiaii.) — Les Probtéme» de J'ËvoJu'ion, parYvisD (Mâme collectioD).
LKB THÉORIES Sm LHÉnfiOlTÉ 2'SJ
uns (Leeuvenhoeck, Audry, qui avaient eu pour précurseurs Erasislrate. Diogène de Laerte, Galien), dans l'œuf par les aulres (Harvey, de Graaf, Swammerdan, Mal|iighi, Haller, Spallaniani),
La Ikéorie de VEpigênèse, au contraire, proposée par Wolf (1733-179-i) estime que les organes se développent les uns après les autres et apparaissent comme des parties coniplèlement nouvelles.
Kanl (1785) soutenait une sorte de Syngénèse spiritualiste intermédiaire à l'animisme et à l'évolutionnisme. Les générations futures existent spirituellement, potentiellement dans le progéniteur.
III. Le micromérisme, (dont l'origine peut être attribuée k Heraclite, Démocrite, Hippocrate, Aristoto qui lurent les précurseurs de Darwin dans la conception des gemmules et de la Pangénèse), imagine des particules initiales qui seraient les éléments initiaux constitutifs de toute substance vivante : A. Les particuieB seraient universelles, immortelles et consisteraient en des molécules organiques (Buffon) en des microzymas(Bêchamp), B. Pourd'autres, ces particules se détruiraient aprèsiamorl; toutes seraient de même nature et exerceraient, à litre égal, leur influence sur la détermiuation de toutes les parties actives : i° par leur polarité (Polarigénêse de Spencer) ; 2° par leur forme et leurs /"orces /no/dcufaices (gemmes et gemmaires (Haacke); '6° par leurs mouvements vibratoires (atomes annulaires) (Dolbear.) Dans ce même groupe de théories rentrent la Périgénèse et ses variantes (conservation et périgénèso des plastiludes, circonscription des germes (Bis), cinélogénëse et catagénôse, bathmisme et catagénêse (Cope), action morphogëne de fonctionnement habituel. (Orr.)
C. Une troisième série de théories admet des particules se détruisant après la mort- mais appartenant & des espèces différentes et chargées de l'onctions
■diverses. Elles se divisent ea non représentatives et ^^présenlalives. Les premières comprennent de sim- ■ p)es molécules chimiques actives pour les uns et des Ktigrégats d'ordre plus élevé pour les autres. Wiesoer Keroil même que les particules initiales sont douées Kde propriétés vitales. Les secondes (représentatives) K.8e subdivisent en théories : A, des plasmes aacestraux B{Weîsmann) et B, en théories: 1° des gemmules et màe la pangénèse proprement dite (Ch , Darwin) ; 2° des R^ermes reprësentalirs des organes; 3° des stirpes; ■^4" des gemmules odorantes; 5" des germes femelles Jet gemmules mftles ; 6" des cytozoaires. Enfin, C, un ' troisième groupe comprend les théories des mieelles, de ridioplasme (Nœgeli), de l'idioplasme nucléaire (Kolliker), de la pangénèse intra-cellulaire (de Vries), des idioblastes (0. Hcrtwlg.)
I IV. L'Organicisme croit, au contraire, au concours i d'une détermination modéréo et des Torces ambiantes knon comme condition d'activité, mais comme élément ^essentiel de la détermination vitale.
I A cet ordre d'idées appartient la théorie de Des- I caries (IGîii), le promoteur de la bio-mécanique, qui I est également admise par von Blir, ilis, Bichat, Claude I Bernard.
I Enfin Roux (188i) a attiré l'attention sur l'autok différenciation des cellules et des organes et sur l'autol détermination des fonctions. Driesch et 0. Herlwig I.Bont partisans de celle théorie.
I Delage [loc. cil.) fait une crilique serrée de ces trop I nombreuses opinions auxquelles s'ajoutent celles des f\néo-l)arwinieus et des néo-Lamarkiem, « On doit, dit-il, Rse faire une idée plus simple de la structure de la I cellule et des éléments sexuels, et on s'explique miens I ainsi la fécondation, l'ontogenèse, l'hérédité , la r variation, l'origine des espèces et aurloul l'adaptation (qui se divise en phylogiL'uétique el onlogènétique.iS^B
; SUR l'hébéoité 230
Dans les ôtree organisés, l'adaptation esL surtout onlogénétique et s'explique par l'excitation foncliounelle et les autres facteurs similaires.
" La phylogénèse, dit-il, crée des organes sans égard à la fonction; l'ontogenèse tire parti, comme elle peut, de ces organes et les adapte aux Tonctions nécessaires. Dans la phylogéTiêsf, c'est l'organe qui fait ta fonction ; dans {'ontogenèse, c'est la fonction qui fait l'organe. En d'autres termes, d'après Verworn, la série du développement pkylogénélique ou développement de la lignée organique, embrasse les modiiications des formes de la matière vivante dans son ensemble durant le développement du globe. La série du développement ontoffénélique ou développemenl du germe comprend les modiiications de forme que parcourt un être, pris isolément, pendant sa vie individuelle. Le développement phylogénélique est dirigé par \'bérédité avec la transmission des caractères acquis et l'adaptation pkylêlique dont Darwin (1859) a montré la nature, le mécanisme et l'évolution d'après la sélection naturelle, la variabilité individuelle, la lutte pour ['existence(<< struggle forlife h). »
La série du développement ontogénélique s'explique par l'adage de Harvey : " Omne vivum ex ovo », amplifié par Vircliow : » Omnis cellula e cellula )-. Le spermatozoïde et l'ovule renferment, en effet, les deux éléments essentiels de la cellule : le protoplasma et le noyau dont ta fécondation établit l'union et la fusion, lien .l>'lte que dans la segmentation consécutive de l'œuf fécondé, chaque moitié reçoit des matériaux des deux cellules, tant en protoplasma qu'en substance nucléaire. Du reste, d'après la loi biogénétique fondamentale de Haeckel, le développement du germe esi un abrégé du développement de la souche, et l'histoire de l'individu est sous tous les rapports l'histoire de l'accroissement individuel. (Karl Ernst, von Baer.)
V Dans rbéi'édilé, ajoute Verworn, la substance
'240 LES DÛCTltlNËS MÉbICAL&S
vivante doil être Iransmise avec lea relations d'échanges qui lui sont propres, et cette transmission de toutes les parties essentielles de la chaîne des écbi ges ne peut être faite que par une cellule entiëi avec la substance nucléaire et le proloplasma.
D'après Delage, l'ontogenèse ne comporte pas si lement le développement, la séparation, l'accentuation des tendances évolutives, mais aussi une formation progressive de parties et de propriétés vraiment nouvelles, et la constitution initiale de l'œuf n'est qu'une des conditions indispensables de leur production. « L'individu développé, dit-il, est le produit de nombreux facteurs, tous également indispensables et importants. La constitution du plasma germinatif n'est qu'un de ces facteurs. Les autres sont les tropismes et les tactimes, l'eicitation fontionnelle, l'action des ingesta et des egesta de la nutrition et les conditions ambiantes de tout ordre. Les variations plasmalique et somatique sont transmises héréditairement. Les conditions de la vie, l'alimenlntion, le climat, l'usage, la désuétude, les maladies influent sur les variations somatiques au point de vue de leurs conséquences et de leur transmission. >
U'après Bouchard, le secret de l'hérédité est d) la généalogie ininterrompue des diiïérentes partit la cellule : sphères directrices, filament nud^ protoplasma du spermatozoïde et de l'ovule; chi de ces parties a un rôle déterminé ; le fllantent eléaire fait la forme et nigle les fonction!
directrices appartiennent la multiplication, la gén< tion; enfin la vie est alimentée par le protoplasi Parmi les transmissions des caractères acquis, l'I dite de l'immunité est fort importante au point de médical. " L'immunité est un attribut cellulaire du père au Hls. Donc, l'hérédité, à cerl égards, est également un attribut de la cellule^ (Gharrin.) Elle peut aider à la défense de l'oi^nisi