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CHAPITRE V L'IMMUNITÉ

L'Immunité existe soil envers les microbei, eoi( '

envers les toxines ; elle peul être naturelle ou acquise, et, dans ce dernier cas, elle est non spécifique ou peut être spécifiquement conférée soit expérimcatalement par les microbes, les toxines, les séruois, eoit par la maladie, soit par l'hérédité, soit par la lactation.

L'immanité aciiuise peut être considérée, d'une façon générale, comme l'adaptation des phagocytes nux microbes et à leurs toxines.

L'immunité naturella ne peut être expliquée par la doctrine humorale, car, comme Metchnikoff l'a montré, les humeurs ne sont pas bactéricides ; elle constitue une propriété cellulaire, ou plus exactemeot

une propriété phagocytaire.

Les diverses théobies de l'immunité acquise. — L'immunité acçuûe que confèrent les microbes a été attribuée au rôle des humeurs; on a invoqué ensuite les hypothèses anciennes de 1' « épuisement » et de la u substance ajoutée » (Pasteur et Chauvcau) qui assimilent l'économie & un milieu de culture, puis la théorie bactéricide de Behring et la théorie atténuante I de Charrin et Roger que Metchnikoff a réfutées. La théorie de Pfeiffer et la théorie dite agglutinante, n« sont plus admises actuellement.

D'après Mktcuni ko [■•]■-, l'immunité lient à l'accoutD- 1

I L'iHKUNITB j Ztrj

mance des phagocyles auxmjcr obes inoculés . Les Icucocyles protÈgèntl animal vaccina et la TaccÎDalioii les accoutume aus bactéries. La chimiotaxie cbauge el les globules blaucs sont attirés par les microbes qui Boni englobés. Quant à l'immunité vis-à-vis des toxines, elle parait être le résultat de l'accoutumance des phagocytes aux poisons microbiens.

L'immunité acquise spécifique peut èlre conTLTée expérimentalement par les sérums, comme le prouvent l'application des sérurits antimicrobiens faite par Richet et Héricourt en 18S8 et la découverte des sérums antitoxiques due à Behring, en 1888, et & KJlasato, qui ont montré que le sérum des animaux vaccinés contre les toxines diphtérique et tétanique est  la fois préventif, antitoxique et curatif. Les sérums antimicrobiens qui sont rarement bactéricides et exceptionnellement antitoxiques, inlluenccnt surtout la phagocytose. Metchnikoff leur a donné le nom de xtimulittes. La vaccination par les anticorps ne vaut pas celle qui est obtenue avec les microbes.

Le sérum antitOicique est préventif et curateur. Le mode d'action des antitoxines a étâ diversement interprété. Contrairement à. l'opinion de Behring qui croyait que les antitoxines neutralisaient chimiquement les poisons bactériens, on admet qu'elles s'adressent à l'organisme et que les contre-poisons epéciûques ne sont sans doute que des stimulîaes leucocytaires. Il s'agit surtout de stimulations leucocytaires, d origine antitoxique. Les sérums antitoxîques sont préventifs, antitoxiques et curait/)) vis-à-vis des toxines el des microbes, tandis que les sérums antimicrobtens n'étant guère aniitoxiques, n'ont qu'un très faible pouvoir curateur.

Le phénomène de Pfeilîer montrant que la destruction bactérienne peut être e.xtra-cellulaire, a permis de distinguer l'immunité des actions bactéricide, agglutinante et coagulante qui en sont indépendantes;

unis normaux.

MâDICALBS

il a Tait bénéficier la clioique des réeultats fournis par le séro-diagoostic; il a confirmé la théorie pha^cytaire et a ouvert de nouvelles voies h la thérapeutique anticellulaire et anli bu morale. La phagocytose, ajoute Nicoile, représente bien le mode essentiel de protection de l'économie et explique l'état réfractaire contre les maladies qui n'est pas lié aux qualités bactéricide, antitoxique ou agglutinante des humeurs. [ Le pouvoir agglutinant est un signe d'infcctioo et non lun état réfractaire. Le sérum des convalescents de choléra, de fièvre typhoïde, de diphtérie, est parfois moins actif que certains s'

Immunité héréditaire. — Quant à Vimmunili hèrt-

ditaire, elle a été considi'^rée par les uns comme on phénomène cellulaire, obéissant aux lois générales de la descendance, et par les autres, comme une résistance passive d'origine humorale. Enfin, Vaillard la rattache à la théorie phagocytaire, et il attribue la résistance des nouveaux-nés aux modifications que les anticorps maternels ont imprimées aux leucocytes fœtaux.

La formation des anticorpi est rapportée par Ehrlich à des cellules sensibles à l'action des microbes ou des toxines; d'après MetchnikofF, elle serait due aux seules cellules phagocytaire s. Les phagocytes sont les agents formateurs de l'anticorps. En résumé, les divers anticorps représenteraient des produits d'élaboration phagocytaire et les macrophages semblent avoir un rôle prépondérant.

Au cours d'une infection, les éléments organiques acquièrent et conservent des propriétés nouvelles qui leur permettent de lutter non seulement contre l'afi'eclion actuelle, mais aussi contre de futures atteintes. Cette immunité est le résultat d'an état bactéricide, d'une modificationdynamique des cellules et d'un accroissement de la puissance phagocytaire.

L'étai baclériciAe, coTià\\.ioTi ï.\»i.\\(\wfe 4ft V\«Maiinit4

t'iBMUlHITÉ

acquise, est, d'après Bouchard, le résultai d'une modification permauente. de la nutrition, provoquée par le passage de certains produits bactériens h travers rorganisme. Cet état bactéricide gône le développement de l'agent pathogène sans arriver à toujours l'empêcher, et les substances vaccinantes confèrent à la nutrition une sorte d'immunité acquise et rendent les phagocytes plus aptes A la lutte.

La théorie des chaînes latérales , proposée par Ehbuch, explique le mécanisme de l'immunité active, passive et naturelle que nous avons étudié longuement dans notre travail de Thérapeutique générale et que nous ne ferons que résumer ici. La toxine comprend deux groupements atomiques distincts. Le groupe haplophore se fixe sur les cellules de l'animal ou du moins sur des masses proloplasmiques, sorte de récepteurs comparables aux chaînes latérales de la chimie. Il l^xe ainsi l'élément toxique ou groupe toxophore. Les Coxoides sont des dérivés de la toxine ; ils conservent le groupe haptophore, mais ne possèdent plus le groupe toxophore. L'immunisation est obtenue au moyen des toxines ou des toxoïdes, c'està-dire an moyen du groupe haptophore qui se combine avec les chaînes latérales de certaines cellules. Les récepteurs se produisent en excès, se détachent de la cellule mère, tombent dans les humeurs, apparaissent libres dans le plasma sanguin, et neutralisent l'action des toxophores.

S'il s'agit d'un sérum bactéricide, on invoque l'action d'une substance dissolvant les éléments et les microbes, et que l'on nomme aleAne. Elle renferme comme la toxine un groupe zymotoxe et un groupe haptophore. Dans l'immunisation contre les bactéries se produit une substance, l'anticorps, rendant les éléments figurés sensibles à l'alexine normale. Ehrlich l'appelle amboréceptew, parce qu'elle serait munie de deux groupes haptophores, l'unissant & la ce\\u\« «V k\%\.<&'v\ït%.

LB' OOCrniNES MÉnlC^LES

^^^H L'immunité est une arme dérensive contre l'inf^ ^^^^ tion. Qu'elle soit naturelle ou acquise, c'eBt-à-â m conférée par une première altelnLe, l'immunité variée

I suivant l'&ge, le sexe, les individus. Certaines infec-

I lions antérieures sont suivies d'une immunité rela-

tive; c'est ainsi que la variole, la rougeole, la fièvre Lyplioïde peuvent récidiver ; d'autres afTections, telles que l'érysipèle, la pneumonie, la diphtérie, exposent à de nouvelles atteintes. Un des éléments do la guérison est la constitution d'une immunité acquise eL l'augmentation de la résistance du sujet au déclin de la maladie. L'immunité comprend quelques espèces et varie suivant plusieurs degrés.

Le mécanisme de l'immunité est variable. L'immunité naturelle n'est souvent qu'une immunité acquise transmise par l'hérédité et renforcée par le passa^-e â travers plusieurs générations. L'immunité naturelle et graduellement croissante dans une espèce est le fruit de l'hérédité, de la vaccinalioo. (Bouchard.) L'immunité acquise, l'immunisaliou jouent un grand rôle dans Thygiène, la prophylaxie et le traitement des maladies infectieuses.

En résumé, la production de l'immunité est surtout due au développement des antitoxines par les mononucléaires et surtout par les macrophages. C'est dans les maladies où les microbes sont surtout englobés par les macrophages que le pouvoir antitoxique du sang est plus grand. La réaction mononucléaire est en rapport avec la constitution de l'immunité, qui est solide et persistante, si la mononucléose est précoce intense, durable; tandis qu'elle reste faible et passar gère lorsque la mononucléose est tardive, légère, transitoire. (Bezangoo.) La constatation d'un rapport entre la réaction de mononucléose et de l'état d'immunité est utilisable au point de vue thérapeutique, et la sérothérapie est née des discussions soulevées *ar le problème de V\mmuï\\\.fe.

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