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CHAPITRE I LE NATURISME MODERNE EN THÉRAPEUTIQUE

n Alors que nos ancÊtres n'apercevaient que des

efTets, alors que pour eux, les symplAmes des maladies représentaient les maladies tout entières, nous voyons les lésions, mais encore et eurtoul nous distinguons l'agent pathogène d'où procèdent toules choses. Il ne faut pas oublier ce fait qui domine la thérapeutique symptomatique tout entière : bon nombre de symptômes représentent des actes défcnsifs de l'organisme et, ainsi, non seulement ils ne doivent pas être combattus, mais respectés et même favorisés. Au dernier congrès international de médecine, on traita la question suivante: Doit-on combaltre la fièvre? et l'on conclut qu'il fallait respecter une fièvre modérée liée aux réactions défensives de l'organisme qui conduisent à la guérison. Si tout

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symptAmo doit être combattu quand il est défavorable ou meuace l'existence, il doit être respecté quand il est favorable. Aussi le bon médecio se reconnail-il surtout à ce qu'il sait ne pas contrarier les voies de la nature dans ses manifestations favorables et réserver tous ses moyens d'action pour combattre les symptômes défavorables. Il est aisâ de concevoir qu'en se substituant à l'empirisme traditionnel, la notion scientilique nouvelle de la valeur des symptAmes ait pu, sur de nombreux points, modilier les indications et les contre-indications de la thérapeutique symptomatique ; il est aisé de concevoir, de même, que l'effet d'une connaissance { exacte des causes et du mécanisme des sympt6is la thérapeutique ad valorem puisse être amenti corriger elle-même ses précédentes et h&tives indiea tious et contre-indications. Prenons comme exem^ l'inflammation: Qui dit inflammation dit inrectton de l'organisme par les bactéries, réaction de l'organisme, mise en état de défense, lutte, victoire on défaite. Dès le début de l'infection, le sang se charge de leucocytes et de fibrine; il prend ainsi à la saignée l'aspect couenncux que connaissaient bien les anciens; f même temps s'allume la fièvre. Sur les points e" qués par les agents infectieux, les vaisseaux -j dilatent pour favoriser la décharge fibrioetise 1 l'exode leucDcytique ; ainsi naissent les quatre syaif^ lûmes cardinaux de l'inflammation décrits depuis longtemps: nibor, tumor, calor, dohr, La flbrine capte les microbes dans ses mailles, les leucocytes les attaquent et les dévorent. C'est le jeu du rétîaire armé du filet et du poignard, qui assure à l'organisme la victoire. Cependant un certain nombre de leucocytes succombent ordinairement dans la lutte et le pus est composé de leurs cadavres. Tous ces phénomènes : teucocytose, hyperinose, sang couonneuî, fièvre, d'une pari, ûiValaUcin va,sc«laire, déctu

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fibrineuse ou séro-Qbrineuse. diapédëse leucocylique et symptâmes grossiers de l'inHammation, d'autre part, sont des phénomènes heureux, puisqu'ils correepondeut à la mise de l'organisme en état de résistance, à la lutte, à, la victoire. L'indication n'est donc pas de les combattre, mais de les respecter, ou même de les favoriser. La preuve en est que, lorsqu'ils font défaut, c'est que l'organisme se livre sans défense, résigné d'avance à la défaite. Les progrès effectués dans ces dernières années, notamment sous l'influence des découvertes bactériologiques mettent de plus en plus en évidence la fréquence des symptômes dus à la réaction de l'organisme, c'est-à-dire favorables et respectables.

La nouvelle médecine, après un long circuit, nous ramène donc ainsi à la conception traditionnelle longtemps oubliée de la Natura medicatrix.

La thérapeutique naturiste, dît Bouchard, agit I comme une armée de secours qui, incapable de ' débloquer une ville assiégée, se contente de lui faire I passer des vivres et des munitions. La médication ^naturiste achève l'œuvre commencée par la nature j elle puise ses indications dans les réactions produites ; elle stimule les réactions ou les réveille, si elles se sont endormies; eniin elle exagère certains troubles fonctionnels {vomissements, diarrhée, etc.) et complète l'effort inachevé de la nature vers la guérison. Quo natura pergit eo ducendum est la règle hippocratique qui guide toujours le clinicien. Les doctrines modernes ont donné pour base à la thérapeutique i'étiologîfl et la pathogénie. La thérapeutique actuelle s'attaque de préférence aux conditions de la genèse des maladies qui lui fournit les indications en vue d'une action curative ; elle cherche surtout à atteindre la cause. La thérapeutique étiologique et pathogénique est la thérapeutique de l'avenir.

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