‹ Les doctrines pédagogiques des GrecsChapitre 21 sur 22 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous avons interrogé, sur cette grande question de réducation des enfants, les principaux écrivains grecs qui Font traitée, et, si nous eussions beaucoup compté sur eux pour Féclairer dans tous ses détails d'une vive et abondante lumière, notre attente serait un peu déçue. On trouve dans Platon, dans Aristote, dans Plutarque, d'utiles conseils,'des aperçus ingénieux,'et quelques vues profondes : mais aucun d'eux ne nous a laissé une forte conception d'ensemble que l'on puisse comparer aux Pensées sur réducation des enfants, de Locke, ou à VÉmile, de Rousseau. Nous avons successivement apprécié leurs doctrines, et il est inutile de répéter ici les jugements dont elles ont été l'objet. Le trait commun que l'on remarque dans toutes c'est une sorte d'abandon, un certain dédain de l'analyse méthodique et de la recherche approfondie. Les ouvrages ou les parties d'ouvrages qui ont été examinés dans cette étude ne sont encore que des essais, des esquisses parfois uu peu confuses, dans lesquelles il est plus ou moins facile de déterminer ce qui revient à l'originalité de l'auteur et

ce qui appartient plutôt à son pays et à son temps. Il est regrettable que la pédagogie n'ait pas eu son Hippocrale, et qu'elle n'occupe qu'un rang assez inférieur dans ce que l'antiquité grecque nous a légué en spéculations de tout genre.

Pourtant il y a lieu de se poser la question suivante : Ce petit peuple grec, qui a fondé presque toutes les sciences, parce qu'il a su constituer en corps de doctrines les notions qu'il avait découvertes lui-même ou qu'il devait aux peuples étrangers, mérite-t-il aussi, grâce aux écrivains dont on vient d'étudier l'œuvre, d'être considéré comme le fondateur de la science pédagogique? Malgré toutes les lacunes qu'ils présentent, malgré l'absence d'une méthode rigoureuse , d'une exposition précise et suivie , nous n'hésitons pas à répondre par l'affirmative. Car ils se sont entendus pour établir un certain nombre de principes qui seront éternellement vrais, et que l'on peut considérer comme les bases solides de la science.

Celui qui fait le fond de leur enseignement, et qui devra toujours être regardé comme le plus important de tous, c'est que la bonne éducation se propose la vertu comme but et comme fin dernière. « vertu, s'écrie Âristote au début de son hymne, objet des constants efforts de lu race mortelle et des plus nobles travaux de la vie ! » Cette inspiration sublime se retrouve dans la Cyropédie, dans la Républiqiie, les Lois, YÉthiqiie à Nicomaque, la Poitrtçwe, les traités Sur réallocation des enfants, et- Sur la lecture des poètes, dans VAnacharsis ; elle donne à la pédagogie grecque un caractère éminemment idéaliste et moral. Après tant de changements amenés dans les institutions et dans les mœurs par les révolutions qui ont bouleversé le monde, elle anime encore ceux d'entre les modernes qui ont repris

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