‹ Les Doctrines Politiques de Royer-CollardChapitre 15 sur 56 · MAS A EE · texte numérisé non relu

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qui mènera tout à sa guise, et alors ce sera la souveraineté absolue d’un seul, ce sera la tyrannie. (Et Royer-Collard cite ici, pour appuyer ses dires, l’exemple de Napoléon, tenant son pouvoir absolu du peuple, qui lui avait délégué la souveraineté. On sait, en effet, que c'était là la théorie de Napoléon, qui disait tenir ses droits directement de la nation.)

Mais si, au contraire, on choisit comme souverain l’élément moral, le seul vraiment digne d’intérêt, les individualités disparaissent et l’on se trouve en présence, non plus de la volonté de chacun, non plus de la seule force, mais de l’existence des intérêts, de la souveratneté du droit. Entre ces deux alternatives, on ne peut hésiter, la seconde a sur la première la supériorité qu'’a l’idée sur le fait, l’esprit sur la matière.

En accordant à la raison un caractère de souveraineté, Royer-Collard faisait œuvre de démolisseur : le roi ne peut ordonner, le peuple n’a pas le droit d’imposer sa volonté. Cette théorie détruisait les théories courantes jusque-là : les ultras ne pourraient plus invoquer le bon plaisir du roi ; les Hbéraux ne pourraient plus se prévaloir de la toute puissance des masses : monarque et peuple, tous étaient soumis à un principe supérieur.

Ces deux systèmes de gouvernement : monarchie, démocratie, ne sont plus légitimes par euxmêmes et leur légitimité n’existe plus que s’ils se soumettent à la raison. Et de là découle une théo-

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