CHAPITRE H
tOYER-COLLARD ET LA REPRÉSEN- TATION
Nous avons vu précédemment que Royer-Collard n’admettait que la souveraineté de la raison, de la justice ; et, pour lui, c’étaient lés classes moyennes qui en étaient les dépositaires. Il était donc normal que ce soit ces classes moyennes qui s’oceupent de la gestion des affaires du pays.
Mais comment pouvaient-elles faire ? Le gouvernement direct des grandes masses ou, tout au moins, d’un grand nombre d'individus, est, sinon impossible, du moins bien difficile : la consultation du pays sur chacune des questions l’intéressant amènerait des lenteurs et des difficultés difficiles à vaincre. C’est là un fait tellement évident qu’il se passe de démonstration. Comment faire, dès lors, pour assurer la bonne gestion des intérêts nationaux ? Nous tombons ici dans la grande question de la représentation.
Et d’abord, qu'est-ce que la représentation ? M. Duguit nous en donne une excellente dé-
finition dans son Manuel de droit public : « A un point de vue tout à fait général, il y a représentation toutes les fois que les manifestations d’une volonté sont considérées comme ayant la même valeur et produisant les mêmes effets que si elles émanaient d’une autre volonté. Dans les rapports politiques modernes, l’idée de représentation se résume en ceci : les manifestations de volonté émanant de certains individus ou de certains groupes d’individus ont la même force et produisent les mêmes effets que si elles émanaient directement de la nation. » (1)