‹ Les doctrines positivistes en France (volume 2)Chapitre 10 sur 135 · ibid. p · texte numérisé non relu

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pbie positive place l'unique critérium de notre savoir et la marque suprême de toute certitude.

Tel est ce système. Il prétend « ne rien nier, ne rien alQrmer sur les causes premières et finales, sur Dieu et la Providence, sur l'àme, la liberté et l'immortalité, sur toutes ces grandes et décisives questions qui sont l'éternel objet de toute philosophie et de toute religion. II va mëmejusqu'à condamner l'athéïsme comme une dernière forme du « théologisme » ; et à s'en tenir aux formules que les coryphées du système prodiguent, avec une visible complaisance, à chaque page do leurs écrits, ils n'attaquent aucune de ces croyances, ils laissent chacun libre d'admettre, d'adorer, de prier ce qui lui plaît et comme il lui plail. lis conservent même, avec un soin tout particulier, ces mots augustes et sacrés dont l'humanité a fait jusqu'à ce jour le symbole de sa foi, de ses espérances et de ses immortelles destinées. Ces doctrines n'oifriraient donc aucun danger, et s'il fallait en croire leurs auteurs, nous serions désintéressés dans la querelle. Mais, nel'oublions pas, en pareille matière, les précautions oratoires ne sont rien, et la logique est l'unique justice des systèmes. L'homme disparaît ; la forme même s'évanouit; les équivoques expirent dans le vide et le silence. 11 ne reste qu'un justiciable; c'est le système, froid, abstrait, réduit à sa plus simple expression doc trinale, inexorablement dépouillé de tout appareil de rhétorique, de tout faste de dissimulation, d'illusion

OU de mensonge. Il ne reste aussi qu'un seul justicier : c'est la raison, c'est la logique, elle aussi, froide, impassible, incorruptible comme la loi ; elle aussi, séparée de tout ce qui n'est pas elle, mais armée de ses étemels principes, armée de son inexorable évidence, et jugeant les systèmes dans leur beauté ou dans leur difformité, avec le critérium de cette formidable lumière.

Ceci étant, quel est le fond intime et indéniable du système que nous venons d'analyser ? Ce fond c'est l'énoncé d'une métaphysique qui est la contradiction formelle du principe, en vertu duquel le positivisme supprime toute métaphysique et toute religion. Gomment, en effet, essaient-ils d'expliquer l'homme et l'univers, eux qui prétendent ne rien expliquer touchant Vorigine des choses, et ne rien savoir de la cause première et dei-nière des êtres ? Le voici dans toute la franchise delà plus radicale formule. Suivant M. Comte l'ensemble des existences a est constitué par la Matière et les force immanentes à la matière. Au delà de ces deux termes, la science positive ne connaît rien *.» M L'humanité, dit H. Littré, a été régie dans son enfance et dans sa jeunesse par les lois de la transcendance. Elle le sera, dans sa maturité^ par les lois de Vimmanence » Or, « la transcendance, c'est la théologie ou la métaphysique expliquant l'univers par des

1 Court de phil posit. 45 Uç.

causes qui sont en dehors de lui, » c'est-à-dire par Dieu; « rimmanence, c'est la science expliquant l'univers par des causes qui sont en lui * ; c'est-à-dire par la matière. Cette a immanence seule est directement

infinie Car elle nous met, sans intermédiaire, en

rapport avec les éternels moteurs d'un univers illimité^.

Le positivisme se résume donc, en dépit de son principe, .dans un matérialisme absolu, expliquant toutes choses « par la matièi^e et par les forces iwîmanentes klsL msLiihre, c'est-à-dire, qu'il se résume dans une immense et capitale négation. Négation de Dieu, (( idéalisation fictive, hypothèse désormais inutile, réduit à la nullité et à un office purement nominal et surérogatoire ^, » Négation de l'âme qui n'est que (( l'ensemble des fonctions du cerveau et de la moelle épinière * ; » une machine aussi mathématiquement construite qu'une montre ; *» a la résultante de l'organisme, qui périt avec lui comme l'harmonie d'une lyre périt avec la lyre. •» Négation de la liberté, puisqu'une « force intérieure et contraignante enfonce au cœur de toute chose vivante les tenailles d'acier de la

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