‹ Les doctrines positivistes en France (volume 2)Chapitre 117 sur 135 · DE L'ÉVOLUTION LOGIQUE DES IDÉES · texte numérisé non relu

DE L'ÉVOLUTION LOGIQUE DES IDÉES

Autro chose osi IN^xposc'» l()fi:i([iio criin sysiôiiie, autre chose son (»x])osé historique. On lait l*liistoire (Vun système» en passant en revue h»s écrits des penseurs (pii Tout souîenu ; si Ton nM'herehr au contraire eounncMit les dillerentes parties (rune doctrine se rattachent entre* (îHes, (juelles conclusioîis se dr^iiafrent (h}s principes posés, on s<» |dace à un point do vue hjgique. Nous avons formulé les idées londanKMitales du [positivisme».

Avant de hvs entendre (»x])osé(»s par h\s cliefs de l'éct^lc expérim^niah», étudions leur dévtdoppemeni h)gi(pie.

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P Le positivishte et les sciences spéculatives.

Le j)()siiivisnie, nous Tavons dit, ne reconnaît de valeur s('ientifi([ue qu a la méthode positive ; il prétend que les procédés spéculatifs sont incapables de nous donner une connaissance certaine.

Le positivisme détruit ainsi le caractère absolu des vérités à p?'io)'i pour ne leur reconnaître qu'une valeur hypothétique, il aboutit à la négation pure et simple de toute science spéculative.

En etfet, les vérités à priori peuvent être affirmées nnoif qu'on en ait constaté les applications au domaine des fa il s. Elles se révèlent à nos esprits par Tétude rétléchie de nos concepts indépendamnKMit de toute expérience préalable. En affirmant (jue la connaissance expérimentale est seule certaine, le positivisme soutient logiijuement qu'une vérité à prio)'i, formellement considérée connn(^, telle, ne peut avoir par elle-même aucune évidence. Sa certitude dépend d*une condition empiri([ue, à savoir le contrôle de lexpérience. Or les sciences spéculatives, ayant précisément pour objet propre des vérités àpnori^

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se réduiraient d'après l'école positiviste à de simi)les hypothèses sans valeur scientifique.

2*^ Le i)Ositicisme et les sciences positives.

En méconnaissant la valeur intrinsèque des vérités à p7*iori ou d'ordre idéiil, le positivisme s'attaque encore aux conclusions empiriques. Car ces dernières sont, dans une certaine mesure, des vérités idéales. La connaissance de ces vérités n'est pas le fruit de rexpérience. Leur objectivité est indépaidante de Vo7'dre ontologique ; elles sont absolues. Ainsi pour savoir que 2 et 2 font 4, pas n'est besoin de recourir à des procédés empiriques ; un moment de réflexion suffit. De plus, cette vérité est intrinsèquement nécessaire. N'existat-il qu'un seul être, il resterait encore vrai que 2 et 2 font 4.

Or toute conclusion expérimentale possède jusqu'à un certain point les caractères des principes de pure raison. Toute conclusion en etfet, qu'elle soit àprioi'i ou dérive (l(^s données de lexpérience, exprime une relation logique entre certaines

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vérités. La connaissance d'une relation de cette nature ne s'obtient point par une observation des faits, mais par une combinaison de jugements. Elle est donc spéculative. Sans doute, pour poser les prémisses d'une conclusion empirique, il est nécessaire de consulter les faits : mais ces prémisses posées, l'esprit peut les comparer et saisir leur rapport logique, sans recourir à de nouvelles expériences : l'évidence de ce rapport est le résultat immédiat d'un travail de spéculation.

Bien plus, ce rapport est intrinsèquement nécessaire et ne dépend d'aucun fait. La valeur logique d'un raisonnement n'est pas subordonnée à la vérité de ses prémisses ; une conclusion n'est pas illogique pour être fausse.

Et ceci n'est pas moins vrai de l'induction que de la déduction. Que"les dormées de nos observations soient exactes ou non, leurs conséquences logiques en découlent nécessairement : poser les premières c'est admettre implicitement les secondes. Mais si la réalité d'un rapport logique n'est soumise à aucune condition de fait, ce rapport n'est pas d'ordre cona^ei ; les termes qu'il

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unit ne sont pas des individus existants, mais des choses abstraites. S'il en était autrement, le rapport dépendrait nécessairement d'un fait, à savoir l'existence de ses deux termes.

Dès lors tou(e conclusion induite, dans la mesure où elle est l'expression d'une relation logique, appartient au domaine des vérités idéales ou à j)7'iori. Comme ces vérités, elle est le fr^uit de la spéculation et possède une nécessité intrinsèque indépendante des faits.

Ce n'est pas tout : une conclusion induite se fonde en dernière analyse sur des vérités // p?iori, à savoir les lois de la logicjue et le principe de causalité.

On ne peut affirmer la valeur d'iui raisonnement sans admettre, du moins implicitement, les lois essentielles du raisonnement. Or, la connaissance de ces lois n'est point empirique. Elles empruntent toute lem* force aux principes d'identité et de contradiction, dont l'évidence résulte de la simple comparaison des idées d'être ou de non être.

Ces principes peuvent se formuler comme suit : L'être comporte l'être ou exclut le néant dans la

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mesure où il est. Ou bien encore : on ne peut à la fois affirmer et nier crun sujet le même attribut sous le même rapport. Or, après avoir affirmé (Ums la majeure de mon syllogisme que A possède B, dans la mineure que B possède G, je ne puis nier ensuite dans ma conclusion que A possède C sans affirmer et nier de A la même chose sous le même rapport. Raisonner autrement serait violer les i)rincipes d'identité et de contradiction. G est donc en vertu de la vérité de ces principes de pure raison que, deux prémisses éUint données, telle conclusion s impose à lexclusion de toute autre.

En induisant une conclusion de certaines données empiriques, on ne reconnaît pas seulement les lois de la logique, mais encore le principe de raison suffisante et de causalité.

Par ce principe se justifie le passage du particulier au général qui caractérise toute induction scientifique. Quand nous constatons que, dans les circonstances les plus diverses, la présence de B suit toujours celle de A ; de quel droit affirmonsnous sous forme de loi générale que A sera

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toujours suivi de B ? Préciséraent, parce que nous plaçons dans A la raison d être de B et qu'un étve est du moment que sa raison d'être est posée. Or ce dernier principe n est autre chose que le principe de raison suftisante et de causalité. Son évidence résulte d'un sini])Ie travail de réflexion. Elle est de pure raison et nullement dortlrc empirique.

En résumé, une conclusion induite présente les caractères essentiels d'unie vérité // jniori ; de plus ell(? se fonde en dernière anîilyse sur des vérités de cette nature. Ainsi le i)Ositivisino na pu condamner les procédés spéculatifs sans nier du même couj) et les prin(Mp(»s do la raison pure et les conclusions à posteriori. Dès lors il ne laisse sul)sister que les donni^es immédiates de l'expérience et ne tient pour certains que les faits dire(!lement perçus.

Peut-être nous rei)rochera-t-on de prêter ici aux positivistes une opinion ([u'ils ne soutiennent pas. Je ne conteste point que l'on puisse ça et là relever dans leurs écrite certaines phrases qui semblent en contradiction manifeste avec notre exposé.

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La cause en pourrait être non dans rinoxactitude de celui-ci, mais dans un manque de logique de la part d(>s philosoj)lies positivistes. Le lecteur voudra bien si» rappeler que nous ne faisons i)as pour le moment un travfiil liistorique. Nous ne prétendons pas reproduire le langage que les positivistes tiennent effectivement, mais celui qu ils devraient tenir pour se conformer scrupuleusement aux lois de la logique. IVailleurs l'exposé historique qui va suivre contirmera dans la plupart des points notr<3 expos('î logique.

Les sciences (expérimentales ne se contrcntent pas d'observer les faits. Elles cherchent îi connaître la nature des substances par leurs phénomènes, et celle des agents par leurs effets.

S'inspirant de l'idée Ibndamentale de leur philosophie, les positivistes s élèveront (contre de telles prétentions. Entre les phénomènes, diront-ils, vous établissez des rapports de causalité, et, généralisant ces rapports, vous induisez d'un nombre limité d'observations particulières Texistence d'un ordre universel, qui régit non seulement le passé mais encore l'avenir. Or, dans ces diffé-

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rents (\as vos aHîrinations sont r> in-iovi, cest-â-dire qu'elles ne portent pas sur des cJioses constaU^es. Elles ne sont point certaines, car elles dépassent les données de Texpérience, source unique de certitude.

Il est vrai, le spectacle du monde extérieur nous fait voir des phénomènes semblables ou dissemblables qui se succèd(»nt ou coexistent, mais nous ne percevons pas la cause engendrant lelfet. Une boule en vient heurter une autre, je constate une succession de mouvements, le passage dun corps d'un état à un autre, j entends le choc qui se produit, mais le comment de tout cela échappe à mon observation ; j'assiste à la j)roduction d'un phénomène chimique ; que se passe-t-il dans l'être intime des corps, qui se combinent, au moment précis où s'opère la combinaison? J'interroge en vain l'expérience, et la science ne me réi)ond que par des hypothèses.

De même nous prétendons que la semence mise en terre a fait naître l'épi. Avons-nous assisté à cette transformation l Nullement. Tout est mystère dans le phémonène de la génération. Nous avons

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vu déposer une semence en terre ; après un certain temps, une plante a paru à la surface du sol et nous attribuons le second fait au premier comme à sa cause. En réalité nous avons constaté qu'il lui succédait et non quil en dérivait.

Il est donc vrai qu'en établissant une relation de causalité entre les phénomènes, nous aflirmons ce que nous n'avons point directement perçu. Cette relation deviendra donc pour les positivistes une création de l'esprit. Le jugement qui l'exprime sera considéré connue arbitraire. Telle est l'idée de David Hume, de Kant, de tous les criticistes et positivistes qui restent logiques .avec leurs principes.

Supposé niùme que des rapports de causalité entre les phénomènes se puissent percevoir, de quel droit, demanderont les positivistes, érigez-vous ces rapports en lois générales? Lorscpie de faits particuliers vous induisez l'existence d*un ordre universel, vos conclusions sont toujours plus étendues que l<»s données de Tobservation. Celle-ci ne porte que sur des cas actuels en noml)re limité, tandis (jue vos conclusions sont fonnidées comme

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(le tirer une conclusion générale de faits particuliers.

Que deviennent dès lors, dans la théorie positiviste, les lois de la nature, objet propre de toute science expérimentale l

(îcs lois n'expriment pas des rapi)<)rts de causalité entre les pliénomèiu^s, mais des rapj)orts de succession ou de coexistence. De plus, elles ne régissent point l'avenir, mais doivent être considérées conmie des fommli^s résumant les données de nos observations antérieures. La science devient ainsi une connaissance collective* des jdiénomènes constatés. Elle n a point pour mission (Von rendre compte, mais seulement de les classcT (Kaprès des rapports d(* resseml)lance ou de dissemblance*, de coexistence ou de séquence. Les lois, (jue Ion conçoit g<''néralemenl comme lexpression des rapports nécessaires de causalité entre des agents d'une i)art et des < événements de Tautre, ne peuvent faire l'olyet d'une connaissance humaine.

Les positivistes vont plus loin. Non seulement, dis(»nt-ils, nous ne connaissons pas les lois des choses, mais nous ne pouvons pas davantage

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connaître leur essence. C'est là une autre conséquence (le leur principe. La connaissance empirique, on efFet, ne porte pas i)lus sur l'essence des choses ([ue sur leurs causes. Nous ne percevons pas directement la nature des êtres, mais seulement dos qualités ou des modifications ([ui leur appartiennent ou les alFectent sans se confondre avec elles. Nous reviendrons jdus tard sur ces différenis points.

Comment les positivistes devront-ils dès lors concevoir Tobjet de toute connaissance humaine ? Si, d'une part, co qui a été directement perçu est seul certain, si, d'autre part, nous ne percevons directenu^nî aucune» relation d accident à substance, mais seulement des événomonis (»t des qualités, nous n'avons pas le droit d'aHirmer (pie ces événements sont produits par des agents, ni que ces qualités sont inhérentes à dos choses ro(>lles. Ces qualités et (.*os événements devionnent dc^s lors de simples apparences dont on nu peut dire si elles représentent ou non des réalités.

On voit par (lUoUe évolution l(.)ij^i((ue le positivisme, rejetant de hi connaissance humaine tout

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élément àpnoyn, limite la sphère du savoir humain au domaine des sciences d'observation — le domaine des sciences d'observation à l'objet propre de l'expérience — et finit par réduire la science à une nomenclature de phénomènes.

Le phénoménalisme apparaît ainsi comme le terme de l'évolution logique des idées positivistes. Considérons un moment les applications de ces idées à quelques sciences en particulier.

5" Apjdications du positivisme à la psychologie,

la mo7yilr et la sociologie.

La psychologie cherche à connaître le moi pensant, voulant et sentant, par l'étude de ses phénomènes. Dans ce but elle fait appel au témoignage de la conscience et du sens intime et applique aux données de l'expérience interne le principe de causalité qui lui permet de remonter de l'acte à l'agent. Le positivisme, nous l'avons dit, condamne toute tentative d'explication, nie les connaissances relatives à la nature des événements ou des agents, réduit la science à une

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description de faits ; Tidée du principe vital est à ses yeux une conception métaphysique et creuse sans valeur objective. Le savant positiviste renoncera donc à tout problème psychologique ; il se contentera de décrire les caractères extérieurs de ce qui tombe sous le regard de lexpérience. Mais dans cette étude ses procédés varieront selon qu'il se conformera à lopinion de Comte ou à celle de Stuart Mill et de Taine.

S'il rejette avec Comte les données de l'expérience interne pour analyser seulement les faits sur lesquels porte l'expérience externe, il ne saisira des phénomènes vitaux que leur côté extérieur. Il ne verra de la sensation que le mécanisme organique qui intervient dans la production de ce phénomène. L étude de la sensation et de la pensée sera celle des organes qui servent à penser et h sentir. La psychologie deviendra une branche spéciale de l'anatomie et de la physiologie.

S'il adopte au contraire Vaxis de Stuart MUl et de Taine, il consultera le sens intime et la conscience, tâchera do décrire les impressions qu'il éprouve et de fixer les conditions de leur appari-

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tien et les lois de leurs associations. Il constatera que tel fait psychique est lié à tel autre, telle sensation suivie d'un désir, telle autre d'un sentiment d'aversion , que tel événement extérieur correspond en nous à un sentiment de plaisir ou de déplaisir etc., etc. Mais qu il néglige les données de l'expérience interne ou les consulte, ses procédés seront toujours purement descriptifs, excluant toute recherche relative à l'existence de quelque réalité sul>stantielle, principe ou siège des phénomènes perçus. Nous verrons d'ailleurs Taine nier jusqu'à la réalité de ce principe et réduire le moi à une association de phénomènes t Le positivisme est donc la négation de toute psychologie proprement dite.

Il est aussi la négation de toute morale, si nous prenons ce mot dans le sens qui lui est généralement attribué. L'ordre moral est constitué parles relations entre un agent et une fin. Ces relations consistent en ce que l'agent est naturellement déterminé à réaliser cette fin et par conséquent à agir dans un certain sens qui est celui de son perfectionnement .

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Le concept d ordre moral comprend donc, entre autres notions : 1° celle d un agent, 2° celle d une loi naturelle ou d'une tendance inhérente à l'agent et imprimant à son activité une direction déterminée.

Or le positivisme détruit ces deux notions impliquées dans le concept d'ordre moral. L'idée d'un agent est celle d'une force productrice ou cause efficiente et l'on sait que pour David Hume et la plupart des positivistes une cause n'est qu'un antécédent invariable. De même les positivistes repoussent en vertu de leurs i)rincipes le concept de la loi naturelle, c'est-cà-dire d'une tendance émanée de la constitution intime des (Mres. Co concept n'est i\ leurs yeux qu'une création arbitraire do la métaphysique. Nous ne connaissons rien de la nature intime des choses ; il ne peut donc* être question de leur attribuer des tendances ou lois naturelles.

Après cela comment les positivistes concevrontils Tordre moral ?

La scûence, disent-ils, est la connaissance des phénomènes perçus dans des relations iinariables

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de co-existence ou de succession, de ressemblance ou de dissemblance. Appliquons cette définition à la morale et nous saurons en quoi devrait consister cette science aux yeux des positivistes. D'après eux la science morale ne pourrait avoir pour but de déterminer la loi naturelle ou la tendance fondament^de d un agent doué de personnalité, nous venons de voir que ces notions répugnent à leur philosophie. Comme toute autre science la morale devra se renfermer dans la sphère des événements ou phénomènes moraux (intention — volition — exécution). Elle les décrira soit en eux-mêmes, c'est-à-dire tels qu'ils se présentent aux regards de l'observation interne, soit dans leurs manifestations extérieures. Mais si elle veut rester fidèle au principe du positivisme, elle ne formulera aucune règle de conduite concernant un idéal quelconque à réaliser.

L'idéal en effet n'est point du domaine des réalités, or la science positiviste ne s'occupe que de ce qui est et se peut constater. La morale positiviste no tracera clone pas un précepte, elle décrira une manière d'agir, elle ne dira pas aux hommes

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comment ils doivent agir, mais comment ils agissent.

Il en sera de même de la sociologie qui n'est f[U une branche spéciale de la morale. La sociologie se bornera <à Tétude des faits sociaux sans aucune conclusion relative à un idéal social ni par conséquent à une loi sociale. Elle deviendra une science historique par excellence.

Il est à remarquer toutefois que les sociologues positivistes sont loin de souscrire à cette application de leur principe. Nous croyons cependant quelle s impose en bonne logique.

Quelle est en réalité Tidée dont se sont inspirés le plus grand nombre des positivistes en élaborant leurs tliéories sociales f L'idée de Tidentité foncière des phénomènes et de leurs lois. Nous entendrons Auguste C(Mnte, Taine et Spencer proclamer que tous les jjhénomènes doivent j mouvoir se réduire à un iait unique primordial et foncier et par consé(|uenl toutes b^s lois à une loi unique. Cette loi, dira vSpencer, détermine le passage de letat d'incoht'^rence ou do désagrégation à 1 état de cohésion ou d agrégation. Spencer

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s'efforcera de démontrer son hypothèse pour les différents ordres de phénomènes. Il tâchera de nous faire voir que chaque événement s'accomplit soit dans le sens d'une agrégation ou d'une association, soit dans le sens d'une dissociation. Il prétendra découvrir dans la loi d'association la loi du développement de l'intelligence humaine. A cet effet il nous décrii^a les impressions de conscience incohérentes d'abord, s'associant ensuite d'après certains rapports fixes et formant une conscience ordonnée.

Si nous appliquons cette même loi au développement des sociétés humaines, nous arrivons logiquement à placer le progrès social dans une concentration de plus en plus accentuée des forces indi\dduelles, ou encore dans un passage de l'individualisme au collectivisme.

Ainsi certains politiciens trouvent dans les enseignements des positivistes une base à leur théorie .

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