‹ Les doctrines positivistes en France (volume 2)Chapitre 70 sur 135 · LE POSITIVISMK ET SON INFLUENCE SUR LES LETTRES ET · texte numérisé non relu

LE POSITIVISMK ET SON INFLUENCE SUR LES LETTRES ET

LES ARTâ.

Théorie positiviste du Beau. -^ Esthétique et critique de M. Taine — Conditions de l'art. — Causes génératrices de fart : — !• la race ou le tempérament. -^ 2* le milieu ou les circonstances. — 3* Le moment ou la faculté. — Caraotère, la fatalité. ^ Réfu- Ution de celle théorie. — Rôle de la lilierlé dans Tart. — Devoir de la véritable crllique — Conséquences de l'esthétique de M. Taine. — Décadence de l'art et des lettres. — Influence du positivisme sur les lettres et les arts de notre temps. — Conclusion.

Tous les ouvrages de M. Taine contiennent plus ôu moins l'exposé de ses principes. Mais nous trouvons surtout le développement de sa théorie esthétique dans sa Philosophie de Vari^ et la théorie ainsi que l'application de sa critique littéraire dans son Histoire de la liUérature anglaise. Une rapide analyse de ces Ouvrages nous fera connaître son système.

Selon M. Taine, tout art, tout artiste dépend a de l'état général des esprits et des mœurs d'un temps. » L'art est une plante qui ne se développe que dans un certain milieu. De même que chaque z6ne terrestre a sa végétation propre, de môme chaque époque de This-

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toire produit un art /aki/^tnent conditionné par l'ensemble des circonstances physiques et morales qui se rencontrent à cette époque. La méthode à suivre dans la théorie du Beau, ce n'est donc pas la méthode dogmatique, mais la méthode historique. Or que nous enseigne cette dernière ? Elle nous apprend premièrement que toute œuvre d'art consiste dans l'imitation de la nature ; en second lieu, que cette imitation ne consiste pas à reproduire exactement les êtres réels, mais les rapports et les dépendances des parties, c'està-dire la structure ou la logique des êtres réels ; en troisième lieu, que Tart a pour « but de manifester le caractère capital, la manière d'être essentielle d'un objet, c'est-à-dire une qualité dont toutes les autres dérivent par une liaison fixe. » L*art doit mettre en relief ce caractère. Pour y arriver, un don est indispensable à l'artiste. Ce don, c'est la sensation originelle du caractère à reproduire. Cette sensation une fois produite, tt toute la machine pensante et nerveuse en reçoit Té-

branlement par contre-coup, » et c'est là ce qui constitue le génie artistique.

En résumé, l'art a pour objet de manifester « les causes permanentes et génératrices desquelles l'être de l'homme et celui de ses pareils dépendent, les caractères dominateurs et essentiels qui régissent chaque ensemble et impriment leurs marques dans les moindres détails ^ » Or, quelles sont c^s causes perma-

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