Voyez plus haut : le potUivisme et la môraU
ET LEURS PREUTBS. 337
phjrsique et de la théologie. Chaque coup frappé sur celles-ci a fait sentir son contrecoup sur celle-là. Chaque objection qui devait emporter le dogme philosophique ou religieux, a entraîné dans la même chute la morale. Ce qui ressort avec le plus d'éclat de Thistoire des doctrines, c'est que la croyance en Dieu et la croyance à la vertu ont eu les mêmes défenseurs et les mêmes adversaires, la même grandeur et la même décadence, le même diadème et le même tombeau. Si donc la vérité doit être abandonnée, parce qu'elle trouve des contradicteurs; si la raison doit être annulée, parce qu'il y a des sophistes ; si la métaphysique et la religion doivent être abolies, parce que certains métaphysiciens et certains théologiens y ont mêlé des disputes et des erreurs ; si, en un mot, les variations de l'ignorance et des passions prouvent contre la logique immuable de la vérité ; si l'incertitude qui entoure la nature et le mystère intime des choses prouve contre le fait évident de leur existence ; si l'incertain prouve contre le certain, le sophisme contre la raison, l'erreur contre la vérité ; alors, sachez-le bien, ils prouvent contre la morale que vous maintenez, tout aussi bien que contre le dogme que vous répudiez ; ils prouvent contre la vertu dont vous parlez avec tant d'emphase, tout aussi bien que contre la métaphysique dont vous parlez avec tant de mépris ; ils prouvent enfin contre la science du monde dont vous faites votre
idole, tout aussi bien que contre la science de Dieu et
de l'âme que vous traitez en proscrite. Dès lors finissez-en avec la morale comme avec tout le reste, et dans le renversement de toutes les lois et de toutes les certitudes, acceptez franchement le scepticisme sans limites où vous entraine la logique de votre système et auquel on peut appliquer en toute vérité cette parole du poète : Voiisqui enkezici, laissez toute espéra7ice.